 |
|
|

58 MINUTES POUR VIVRE
1990: nous y sommes. Avec deux ans d’avance, Piège de cristal a inauguré une décennie d’action. 58 Minutes pour vivre est la suite logique, typiquement années 90: plus de bruit, plus de fumée, la même odeur. Ce qui donne un décalque dopé: le Nakatomi Plaza devient l’aéroport de Washington Dulles, Hans Gruber le Colonel Stuart, et le vol de bons au Trésor la libération d’un Général de république bananière. John McClane, "l’homme au mauvais endroit au mauvais moment", devient l’homme qui n’a pas de chance, celui que les taux de probabilité ignorent. Une suite hollywoodienne, en somme. Renny Harlin enveloppe le joli cadeau de John McTiernan avec deux tonnes de papier gras couleur sang.
Certains fans dénigrent encore, les autres prennent leur pied. Quand le personnage principal se demande lui-même comment la même chose peut lui arriver deux fois, devons-nous crier au scandale? Sûrement pas: il est bien là, revêche et violent, éliminant des dizaines de terroristes sourire aux lèvres. Ce que l’on perd en originalité, on le gagne en identification, amour d’un personnage fidèle à lui-même. 58 Minutes pour vivre, s’il photocopie sournoisement son prédécesseur, ajoute, généreux, des avions qui explosent. Ensanglanté, épuisé, enneigé, John McClane n’a jamais été aussi beau, et Renny Harlin doué. Basique? Oui, sans aucun doute. Mais indéniablement fun. Treize ans plus tard, les mêmes aigris trouveront Matrix Reloaded formidable. A tort.