De A à Z
Cette Semaine
Planning des Sorties
Par Réalisateur
Autour du Cinéma
Films Cultes

Tests DVD
Par Editeur
Planning des Sorties
Boutique DVD

Portraits
Culcultes
Galeries Photos

Gros Plans
Dossiers
Entretiens

News ciné
Box-Office
Notes

Nouveaux forums !!
Concours
Newsletter
Liens web

Films de Van Damme
Location de DVD
Carlotta Films
One Plus One
Conception web
Michael Cimino







CLEAN


Osons le jeu de mot, Clean est un film sale. Un film qui s’évapore, se dérobe sous ses propres fondations, se diluant tel un virus ou une drogue dure dans notre inconscient, le malmenant, sans jamais lâcher prise. Car la dernière œuvre du réalisateur de Demonlover est un film en fuite perpétuelle, après lequel on court; après quelque chose qui, peut-être, n’existe pas. Fuite des personnages, un à un; fuite de la caméra qui ne se stabilise que lors de magiques instants salvateurs; fuite bien entendu de l’héroïne, sublime Maggie Cheung dont la performance toute en nuances et en retenue constitue la première et indéniable réussite du film.


Mais fuite surtout du film en lui-même, qui abandonne au fur et à mesure tous ses oripeaux les plus (volontairement) horripilants: archétypes faciles (description du monde du rock), tics de mise en scène (jump cuts), etc. Comme chacun des personnages, le film a un but: se poser et se débarrasser de ce trop plein, se stabiliser autour de sa figure principale, trouver son propre équilibre, fuyant ainsi le fil du rasoir sur lequel Assayas tourne. En deux mots: devenir propre.



OLIVIER ASSAYAS


Diplômé des Beaux-Arts, scénariste méticuleux, Olivier Assayas cultive l’image d’un metteur en scène discret, attentif aux acteurs et aux circonvolutions du temps. Un écrivain et un plasticien, s’aidant de la pellicule comme toile expérimentale. Ancien rédacteur des Cahiers du cinéma (1980-1985), il est lui-même victime des étiquettes distribuées à la hâte: cinéma parisianiste, nombriliste, frappé du syndrome un appartement-une lampe-deux chaises.


Vision réductrice et faussée, l’affaire se perd vite dans un tiroir. Faux film de genre, mais vraie cure de jouvence, tournée aux quatre coins du monde, Demonlover bouscule les conventions et remet en question une certaine idée du cinéma d’auteur français, à l’instar de Trouble Every Day de Claire Denis, Irréversible de Gaspar Noé ou Sombre de Philippe Gandrieux.



MAGGIE CHEUNG, PAR EFFRACTION


Elle n’a jamais cessé d’être là: princesse polaire, dame lascive, guerrière en espadrille, hôtesse acariâtre ou cambrioleuse en latex. D’un nénuphar à une nuée de papillons, d’une brindille aux labyrinthes constellés de bambous, Maggie Cheung s’est laissée portée par les badinages les plus extravagants et les challenges les plus biscornus. Sa carrière est à l’image de sa ville natale: impatiente, dense, étourdissante. Deux rencontres ralentiront cette course frénétique: Wong Kar-Wai qui voit en elle bien plus qu’une jolie frimousse éphémère et Olivier Assayas qui va la chercher à l’autre bout du monde pour lui faire jouer un rôle inédit, le sien. Maggie Cheung, la poupée sans ambition devenue l’actrice idéale, incarne la mythologie hong-kongaise dans toute sa rage et sa démesure.


La première alliance la métamorphose en enfant sage (As Tears Go By), en serveuse rougissante (Nos Années sauvages), en enjôleuse traîtresse (Les Cendres du temps) et en épouse romantique (In the Mood for Love). Maggie irradie. Les étincelles d’Irma Vep aux côtés de Jean-Pierre Léaud se concluent elles par un vrai mariage, dans les bras d'Assayas. Un cœur en Asie, deux yeux tournés vers l’Europe, l’égérie suscite toujours autant d’appétit. Clean a été pensé et écrit pour elle, Paramour l’album de Jeanne Balibar la convie à quelques rimes en anglais et en français. Attachante et secrète, Maggie Cheung n’a jamais cessé d’être là – surtout là où on ne l’attend pas.



CONFERENCE DE PRESSE CLEAN


Conférence de presse cannoise en présence du réalisateur Olivier Assayas, des acteurs Maggie Cheung, Nick Nolte, Béatrice Dalle et Don McKellar, et des producteurs Niv Fishman, Xavier Marchand et Edouard Weil.


FilmDeCulte - Clean développe une sorte de maturité que l’on n’avait jamais vu chez vous avant. Comment expliquez vous cela?

Olivier Assayas - Je crois qu’après un film très contemporain, j’ai eu envie de revenir à l’essence même de mon cinéma qui a à voir avec les relations entre les êtres humains. J’ai voulu que cela soit le plus chaleureux et le plus véridique possible. J’ai voulu être de plein pied dans le plus simple et le plus évident: l’envie d’une mère de retrouver son enfant. J’espère que c’est un film d’acteurs.



DEMONLOVER


Copieusement sifflé à Cannes, Demonlover n’en demeure pas moins un ovni filmique beau et trouble, dont l’impact visuel prend vite le pas sur le récit d’espionnage. L’accroche rusée appartient aux nombreux trompe-l’œil du film; Demonlover s’inspire du cinéma de genre pour mieux le désosser et faire tourner la tête à ses détracteurs.


Résolument moderne, la dernière œuvre d’Olivier Assayas se désolidarise de ses aînés. Après Les Destinées sentimentales et son immersion inattendue dans la fresque en costumes, le cinéaste s’empare de nouveaux thèmes dans l’air du temps: l’angoisse high-tech et la violence sourde des milieux d’affaire, relevés par un soupçon d’érotisme virtuel. Entrepreneurs véreux, espionnes et secrétaires hypnotisent leurs proies dans un monde clinquant, bavard et obscène.



FESTIVAL DE CANNES 2004


Après une édition 2003 désastreuse en terme d'image - films honteusement sifflés, palmarès tronqué, ambiance morose -, Gilles Jacob, Thierry Frémaux et leur équipe ont mis les bouchées doubles pour replacer Cannes au sommet de la hiérarchie des festivals, trône envié par Venise et Berlin.


L'ouverture est emblématique de ce renouveau espéré. Pour lancer le grand rendez-vous cinéphile, La Mauvaise Education du virtuose Pedro Almodovar succède au navrant Fanfan la tulipe. Surprise: la Croisette a déniché un président du jury de haute volée, Quentin Tarantino le réalisateur star de Pulp Fiction, Palme d'or en 1994. Cinéphile vorace et averti, notre homme a rapporté des Etats-Unis le deuxième volet de Kill Bill son magnifique hommage au septième art.



 
ACCUEIL | CONTACT | NOTES | AJOUTER AUX FAVORIS