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DARK WATER
Après la relecture du Ring de Nakata par Gore Verbinski, c’est désormais Walter Salles qui s’attaque à l’autre chef d’œuvre horrifique du Japonais, Dark Water. Un choix qui peut paraître surprenant de la part du metteur en scène brésilien, peu habitué aux terreurs filmiques, mais qui l’est moins quand on sait que Nakata s’intéressait davantage, dans son film, au mélodrame qu’aux frissons.
L’histoire d’une mère noyée dans ses responsabilités, d’enfants oubliés ou mal aimés, perdant pied dans les eaux sombres et épaisses d’un quotidien étouffant. Salles s’inscrit dans une même veine, délaissant, par exemple, l’horreur un rien puérile d’un The Grudge (et ses fantômes nippons sur ressorts) pour adopter un récit plus mature, à l’image des modèles que le réalisateur revendique (Jacques Tourneur, Kenji Mizoguchi).
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WALTER SALLES, LE BIENHEUREUX
La consécration pour Walter Salles? Réalisateur de documentaires et de fictions primés à travers le monde, le cinéaste brésilien connaît cette année sa première sélection en compétition officielle à Cannes. Acclamé au dernier Festival de Sundance, The Motorcycle Diaries (Carnets de voyage) narre la quête initiatique du jeune "Che" Guevara en Amérique du Sud en 1952. L’occasion pour le cinéaste fils d’un riche banquier (sans doute touché par le destin personnel d’Ernesto Guevara, médecin devenu révolutionnaire pour aider les pauvres), d’illustrer une nouvelle fois son thème de prédilection: les inégalités sociales qui minent son beau pays. Le jeune Gael Garcia Bernal (La Mauvaise Education) tient le rôle principal.
Elevé aux Etats-Unis et en France, Walter Salles a déjà signé cinq longs métrages de fiction, A Grande Arte, Terre lointaine, Le Premier Jour, Avril brisé et surtout Central do Brazil, film qui a reçu l’Ours d’or de Berlin en 1998. Figure importante du cinéma brésilien, il a produit La Cité de Dieu de Fernando Meirelles, invité surprise de la dernière cérémonie des Oscars. Il travaille actuellement sur le remake de Dark Water de Hideo Nakata avec notamment Jennifer Connelly et enchaînera ensuite avec un épisode de Paris, je t’aime film-chorale sur la capitale.
Yannick Vély
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DARK WATER
Hideo Nakata le répète à qui veut l'entendre: l'horreur n'est pas sa vocation première en tant que cinéaste.
Pourtant, après l'effrayant Ring, Dark Water s'impose comme une nouvelle réussite du genre. Mieux, Nakata y
approfondit ses thèmes de prédilection, de quoi y voir les prémices d'une mutation, celle d'un faiseur talentueux
en un auteur affirmé. Dark Water, c'est en effet une sorte de variante de Ring. Les deux films disposent déjà de
quelques artisans communs: nouvelle adaptation d'une oeuvre de Koji Suzuki, même chef opérateur et même musicien
que pour les aventures de la vidéo maudite.
En outre, le processus de la peur exploité ici est voisin: comme dans Ring, la peur qui intéresse Nakata, c'est
celle qui provient du quotidien. Dans l'un, le poste de télévision devient une fenêtre vers l'enfer présente dans
chaque foyer. Dans l'autre, c'est l'eau qui devient un motif de frayeur. Nakata ne fait qu'obéir à une règle
élémentaire du genre (qu'il soit cinématographique ou littéraire): l'élément fantastique n'en sera que plus
effrayant s'il apparaît en rupture avec un environnement réaliste. L'eau devient ainsi le véhicule anodin du
spectral.
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LES FANTOMES ATTAQUENT HOLLYWOOD
A l’approche d’Halloween 2002 s’invite en salle un produit un peu atypique. Il s’agit, certes, d’un film d’horreur, mais celui-ci a la particularité d’être le remake d’un récent hit japonais qui n’a, lui-même, jamais eu l’honneur d’une sortie sur le territoire. Avec The Ring, Gore Verbinski, faiseur habile, adapte le film de Hideo Nakata pour le public américain.
Au programme, une jolie blonde (Naomi Watts, brillante), un compositeur chevronné (Hans Zimmer), une photo léchée de Bojan Bazelli à l’opposé de la sécheresse originelle, et surtout l’intronisation d’une nouvelle figure dans le bestiaire de l’épouvante américaine: le fantôme
japonais, son puits, ses cheveux dans les yeux, sa robe blanche et ses désirs vengeurs. Après un
week-end honnête au box-office (15 millions de dollars dans 2000 salles), le bouche-à-oreille et la curiosité font le reste. Les trois week-ends suivants réaliseront un score supérieur au premier, et le film atteindra 130 millions de recettes sur le territoire pour 45 de budget.
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