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EXILS
Partir, revenir. Exils s’ouvre sur des noms gravés à même la peau de Zano (Romain Duris), quelques tatouages d’une exploration intérieure qui commence. Un long voyage qui s’achemine vers la transe des corps s’échappant à eux-mêmes. Bain spirituel et quotidien transcendé jusqu’aux racines, le nouveau film de Tony Gatlif revendique ses figures candides à la nudité originelle, nées d’une cigogne et savates usées, sa poésie naïve et ses errances picaresques.
D’une plongée sur un terrain vague gris aux choux champêtres qui mangent le cadre, Exils s’attarde sur les chemins du pèlerinage, une danse improvisée dans une fontaine de village, une ronde dans la forêt, caméra à l’épaule, face à un insecte fou. Le long métrage, dont les couleurs se réchauffent à mesure de route, s’appuie largement sur les épaules de ses deux comédiens principaux, Romain Duris, partenaire récurrent de Gatlif et ainsi très à l’aise dans son univers, et Lubna Azabal, souvent en surrégime mais au charme de feu.
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CONFERENCE DE PRESSE EXILS
Conférence de presse cannoise en présence du réalisateur Tony Gatlif, des acteurs Romain Duris et Lubna Azabal, et de la directrice de la photographie Céline Bozon.
FilmDeCulte - Vous avez dit que l’Algérie n’était qu’un tremblement de terre. C’est une provocation de plus, comme cette scène où une Algérienne impose à Lubna de mettre une djellaba qu’elle ira jeter en signe de protestation devant une mosquée ou encore quand vous insinuez que les Algériens n’ont pas d’âme, qu’ils ne font que garder la mémoire des autres?
Tony Gatlif - Apparemment vous n’avez rien compris, vous prenez tout à l’envers… Quand je suis rentré en Algérie après quarante ans d’absence, c’est le tremblement de terre qui m’a accueilli. Ce n’est pas un film algérien que j’ai fait, et encore moins un film sur l’Algérie, ce n’est surtout pas ça, c’est un film français sur des enfants d’exilés qui cherchent leurs racines. Et ceci est valable pour tous les pays du monde. Je parle de ces enfants d’immigrés qui ont oublié leur langue.
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TONY GATLIF, L'HUMANISTE
La surprise de la sélection française. La présence de Tony Gatlif en compétition officielle est pourtant amplement méritée et pourrait permettre à son cinéma généreux et imaginatif d'acquérir une plus grande considération critique. Ce n'est pas tout à fait un débutant du cirque cannois: il était déjà venu sur la Croisette en 1993 dans la section Un Certain Regard présenter Latcho Drom, magnifique documentaire sur la musique tzigane qui avait d'ailleurs reçu un prix à l'occasion. Originaire d'Algérie, pays qu'il a été contraint de quitter au début des années soixante, Tony Gatlif alterne fictions et documentaires pour témoigner des problèmes rencontrés par sa communauté.
Il reçoit une première reconnaissance publique avec Les Princes en 1983 puis obtient deux Césars de la meilleure musique pour Gadjo Dilo en 1997 et Vengo en 2000. Road-movie d'un couple déraciné à la recherche de son identité, Exils marque la troisième collaboration du réalisateur gitan avec Romain Duris, l'interprète principal de Gadjo Dilo et de Je suis né d'une cigogne. Ce dernier sera accompagné de la belle Lubna Azabal, remarquée dans Loin d'André Téchiné.
Yannick Vély

FESTIVAL DE CANNES 2004
Après une édition 2003 désastreuse en terme d'image - films honteusement sifflés, palmarès tronqué, ambiance morose -, Gilles Jacob, Thierry Frémaux et leur équipe ont mis les bouchées doubles pour replacer Cannes au sommet de la hiérarchie des festivals, trône envié par Venise et Berlin.
L'ouverture est emblématique de ce renouveau espéré. Pour lancer le grand rendez-vous cinéphile, La Mauvaise Education du virtuose Pedro Almodovar succède au navrant Fanfan la tulipe. Surprise: la Croisette a déniché un président du jury de haute volée, Quentin Tarantino le réalisateur star de Pulp Fiction, Palme d'or en 1994. Cinéphile vorace et averti, notre homme a rapporté des Etats-Unis le deuxième volet de Kill Bill son magnifique hommage au septième art.
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