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FAHRENHEIT 9/11


C'est après une séquence d'introduction retraçant la manière pitoyable dont Bush Junior a été élu à la tête de la plus puissante nation du monde que le vrai film de Michael Moore commence. D'abord un écran noir et de lourdes basses qui font trembler le sol. Deux avions s'écrasent sur les tours du World Trade Center sans aucune image.


Des sons devenus aveugles contrastent avec les traditionnelles images muettes qui ont submergé les médias après le 11 septembre. Clairement, Moore n'a pas cherché à traiter le sujet comme les autres, en affichant d'emblée une sobriété, une pudeur et une certaine distance là où d'autres médias ont fabriqué de l'emphase sur le fond d'un drame humain sans précédent. L'image des tours ira se refléter dans les yeux de ces hommes et de ces femmes, hagards, qui regardent vers le ciel sans comprendre ce qui se passe.



MICHAEL MOORE


Devenu la bonne – ou la mauvaise – conscience de l’Amérique, Michael Moore est un empêcheur de polluer, tricher, exploiter et extorquer en rond. Principale figure contestataire d’une Amérique trop prompte à amnistier les puissants au détriment des faibles, il gratte là où ça fait mal. Engagé très tôt dans un combat contre les inégalités, l’homme devint célèbre en France pour son Bowling for Columbine. Son combat est toutefois antérieur et, outrepassant la voie qui lui était toute tracée – devenir cadre chez General Motors – il crée à 22 ans son journal, The Flint Voice, qu’il dirigera pendant dix ans. C’est en 1989 qu’il réalise son premier documentaire.


Consacré aux licenciements massifs de General Motors à Flint, Michigan – sa ville natale, à laquelle il restera très attaché –, Roger & Me connaît un fort succès, qui lui permet de financer une suite (Pets or Meat: The Return to Flint) et une série télé (TV Nation). En France, on commence à découvrir son œuvre et sa personnalité peu commune en 1997, avec la sortie de son documentaire The Big One, qui suit l’une de ses tournées de promotion. Essayiste sarcastique et caustique, Michael Moore publie régulièrement des livres, qui rencontrent à chaque fois un succès phénoménal. Refusant de hurler avec les loups à la suite du 11 Septembre, Moore se consacre à un nouveau brûlot: Fahrenheit 9/11, "la température à laquelle la liberté se consume".



BOWLING FOR COLUMBINE


Dans Roger et moi et The Big One Michael Moore, le Zola du troisième millénaire, s’attaquait aux grands patrons capitalistes qui licenciaient leur personnel tout en engrangeant des bénéfices considérables. Dans Bowling for Columbine, il tente de comprendre la folie américaine. Il explore la face cachée du rêve américain, cette paranoïa qui plonge des êtres désespérés, en marge de la société libérale, dans une violence aveugle et sans limite.


Comment un drame comme la fusillade de Littleton peut-il arriver aux Etats-Unis, les gendarmes du monde? Pourquoi les Etats-Unis possèdent-ils le triste record de morts par armes à feu? A qui profite le crime? Michael Moore se garde bien d’apporter des réponses toutes faites. Son documentaire lance des pistes, tire une sonnette d’alarme, ose affronter la pensée unique américaine. Au-delà des faits divers sordides, des réactions disproportionnées, il analyse, dissèque, perturbe les explications à l’emporte-pièce et donne une leçon de journalisme engagé et enragé.



FESTIVAL DE CANNES 2004


Après une édition 2003 désastreuse en terme d'image - films honteusement sifflés, palmarès tronqué, ambiance morose -, Gilles Jacob, Thierry Frémaux et leur équipe ont mis les bouchées doubles pour replacer Cannes au sommet de la hiérarchie des festivals, trône envié par Venise et Berlin.


L'ouverture est emblématique de ce renouveau espéré. Pour lancer le grand rendez-vous cinéphile, La Mauvaise Education du virtuose Pedro Almodovar succède au navrant Fanfan la tulipe. Surprise: la Croisette a déniché un président du jury de haute volée, Quentin Tarantino le réalisateur star de Pulp Fiction, Palme d'or en 1994. Cinéphile vorace et averti, notre homme a rapporté des Etats-Unis le deuxième volet de Kill Bill son magnifique hommage au septième art.



 
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