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ISOLATION
Lauréat d’un Grand Prix décerné par Hideo Nakata au dernier Festival de Gérardmer, Isolation mérite bien ses jolis lauriers. Certes, le film peine à se démarquer pleinement de ses hautes filiations, entre Alien et The Thing, et se cale parfois sur les rails balisés de leur mécanique de peur; mais la peinture réaliste de son décor particulier, suintant et boueux, et son horreur de vaches folles et d’OGM démentiels constituent une toile de fond originale et bien pensée.
Solidement mis en scène (et se dépatouillant parfaitement de moyens qu’on imagine légers), bien écrit (une horreur qui ne prend pas son spectateur pour une oie, des personnages suffisamment consistants), doté d’un timing parfait, Isolation excelle dans le frisson organique comme l’angoisse utérine, et compense une dernière partie moins inspirée par un net regain d’énergie.

NOUVELLE CUISINE
Le psychodrame saupoudré d’humour noir de Fruit Chan est le premier opus d’une trilogie intitulée Three… Extremes dont les deux autres volets sont réalisés par les réalisateurs japonais et coréen, Takashi Miike et Park Chan-Wook. L’idée de ce film fut soufflée à Fruit Chan par le pouvoir consumériste grandissant des femmes à Hong-Kong. Leur demande ayant évolué au cours du temps, des accessoires de mode aux produits pour se maintenir en forme jusqu’aux opérations de chirurgie esthétique, la prochaine tendance étant celle des produits pour rajeunir.
Difficile de résister à la promesse de la jeunesse éternelle quand, comme Madame Qing, l'on a les moyens de se procurer les produits miracles. Dans l’espoir de récupérer son mari, elle n’hésitera donc pas à manger les raviolis de Tante Mei (magnifique Bai Ling).

REEKER
Si l'on peut déplorer la remakite aigüe du cinéma de genre américain, force est de reconnaître la grande vitalité de ses récentes séries B. Hostel en mars, Horribilis en avril, Reeker aujourd'hui… La diversité des approches est aussi à noter: cauchemar tortionnaire, hommage rigolard au gore 80's ou slasher, la palette est large et réjouissante. Reeker, donc, a priori slasher ado débile, en fait survival plus que futé.
L'introduction met sur la voie : pas de ludisme gentil, façon Destination finale. En vue: l'horreur pure, la mort en face. Sa puanteur, sa crudité, ses chairs meurtries, déchiquetées. La suite est à l'avenant et met les corps à l'épreuve, les ramenant à la terre, à leur pesanteur, leurs défauts, leur trivialité. La mort surgit par là où les corps pêchent: vessie défaillante, cécité, problème cardiaque…

HOSTEL
Lorsqu’il écrit et réalise Cabin Fever, Eli Roth s’inspire d’expériences personnelles et choisit comme tueur de son film un virus mangeur de chair à l’instar de celui qu’il avait autrefois contracté. Réalisant un hommage à Evil Dead ou encore Massacre à la tronçonneuse, le metteur en scène marquait également le souhait de revenir à un cinéma d’horreur plus débridé, liant allègrement humour et dégoût pour le plaisir des spectateurs, en apportant une certaine crédibilité à des personnages et des situations mille fois vus.
Son nouvel opus s’inscrit dans la directe lignée du précédent. Quiconque a déjà voyagé entre potes allant d’une auberge de jeunesse à l’autre trouvera des scènes familières durant la première heure d’un film qui se compose de trois actes. Le premier, malheureusement trop long, expose les faits: trois étrangers parcourent les pays européens, de plus en plus en proie à la débauche.
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