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LA NUIT NOUS APPARTIENT
Premier plan. Sur le célèbre Heart of Glass chantée par Deborah Harry du groupe Blondie, Joaquin Phoenix (Bobby) caresse langoureusement Eva Mendes (Amanda) alors que dans la pièce adjacente leurs amis font la fête. Sexe, drogue et rock’n roll… Quelques séquences plus tard, Bobby assiste avec sa dulcinée à une soirée de la police de New York, sous les regards quelque peu réprobateurs des membres sa famille.
En quelques minutes, James Gray établit ainsi le portrait psychologique de son héros et de l’environnement dans lequel il vit. Fils et frère de policier, il a choisi le monde de la nuit. Papillon trop attiré par les spotlights, l’alcool et les femmes, il fréquente la mafia russe et accepte les petites compromissions que son business implique…
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JOAQUIN PHOENIX
Joaquin Phoenix est une feuille. Une feuille blanche, un peu écornée, un papier buvard perméable au moindre rôle, à la moindre émotion. Une simple feuille, un prénom végétal en harmonie avec celui de ses frères et sœurs, Summer ("été"), Rain ("pluie"), Liberty ("liberté") ou River ("rivière"). A quatre ans, Joaquin, dont tout le monde écorche le prénom (prononcez: "oua-kine"), choisit de s’appeler Leaf ("feuille"). L’envol du Phoenix est freiné dans un premier temps par un dilemme identitaire. Enfant précoce, né Bottom, Joaquin - Leaf a longtemps souqué et touillé dans les marmites sans fond. Avant d’étrenner la guitare de Johnny Cash dans Walk the Line, l’asticot est resté à l’ombre de plus beaux papillons.
La vie de Joaquin Phoenix est conforme à la légende de l’oiseau de feu. L’acteur est familier des cendres, des contusions, des réveils tardifs et des renaissances inespérées. La légende commence avant même sa naissance. Arlyn Dunitz, jeune secrétaire d’origine hongroise, s’ennuie ferme à Manhattan. Les remous de Mai 68 l’inspirent; elle abandonne son petit confort moderne, mari, bureau, studio, pour ne conserver que la voiture et entamer une longue balade psychédélique à travers les Etats-Unis.

FESTIVAL DE CANNES 2007
Cannes, 60e, clap de fin. La fête cinéphile s’est achevée dimanche soir par un palmarès dans la lignée de la compétition officielle, équilibrée et de bonne facture. Si quelques grands films ont été oubliés par Stephen Frears et son jury, personne ne contestera les deux principaux prix, la Palme d’Or au cinéaste roumain Cristian Mungiu pour 4 Mois, 3 semaines et 2 jours et le Grand Prix du jury à La Forêt de Mogari de Naomi Kawase.
Favori de la presse, le beau film de Cristian Mungiu, 4 Mois, 3 semaines et 2 jours a donc reçu la Palme d’Or du 60e Festival de Cannes des mains du président du jury, le cinéaste anglais Stephen Frears. Une récompense somme toute logique pour ce film impressionnant de maîtrise qui raconte le difficile avortement d’une jeune fille sous la dictature de Ceaucescu.
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