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LADY CHATTERLEY
C'est une question d'installation: d'abord, être en retrait. Écouter, se taire, être cette femme au foyer, résume une narratrice omnisciente (tantôt à lire et tantôt à écouter), conforme au désir de tout homme de bonne société: attentive, muette, yeux grands ouverts, dissimulant son intelligence avec application. Se taire, subir, devenir transparente.
L'installation de Lady Chatterley, témoigne donc de cet état, qui dans un premier temps nous laisse à distance, dépossédé de l'instant, presque indésirable, trop loin pour entendre ce qui se dit. Et que se dit-il, d'ailleurs? Il se dit que la mort est devenue affaire du quotidien; que l'on peut vivre mort, quand on a refusé de mourir.
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PASCALE FERRAN
Onze ans d’absence pour celle qui, avec Petits arrangements avec les morts, premier film aussi fort que douloureux, surprenant succès public (300.000 entrées) et Caméra d’or au Festival de Cannes, s’était imposée comme l’un des plus grands espoirs français. Depuis 1995 et son téléfilm L’Age des possible (80.000 entrées pour une sortie dans une seule salle), plus de nouvelle ou presque : la collaboration avec Mathieu Amalric sur le scénario de Mange ta soupe en 1997, une apparition dans Une pure coïncidence, de Romain Goupil, en 2002, rien de plus.
Beaucoup de projets inaboutis également (notamment Paratonnerre, abandonné en 2003), pour une réalisatrice diplômée de l’IDHEC, issue de la même promotion qu’Arnaud Desplechin (avec qui elle coécrivit d’ailleurs La Sentinelle) et Eric Rochant. Au final, une carrière émaillée de peu de titres, auxquels s’ajoutent quelques courts-métrages, dont le fameux Baiser, présenté au Festival de Cannes, et aujourd’hui ce Lady Chatterley, coécrit par Pierre Trividic, ancien camarade de… l’IDHEC. On y revient.
Anthony Sitruk

FEMIS - GENERATION 90
Arnaud Desplechin a fait partie de cette génération montante désignée sous le terme de la Nouvelle "Nouvelle Vague". Pascale Ferran, Eric Rochant, Noémie Lvovsky, Emmanuel Salinger, Christian Vincent, etc. Une école de cinéastes qui empiètent les uns sur les autres, s'entraident, cosignent ensemble leurs scénarios, s'échangent leurs acteurs, et proviennent pour la plupart de la même promo, celle de l'IDHEC.
Le premier à ouvrir la voie n'est autre qu'Eric Rochant, avec le feu de paille sublime et désenchanté que fut Un monde sans pitié, co-écrit justement par Arnaud Desplechin. Trente ans après A bout de souffle et Les 400 coups, Rochant parvient à saisir sur le vif une jeunesse parisienne totalement désillusionnée incarnée par l'immortel Hippo (Hippolyte Girardot, qui entre immédiatement dans la légende du cinéma français).
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