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LA NINA SANTA


On pourrait essayer de ne pas voir en La Niña Santa un second film. Ce pourrait même être un avantage de taille pour que réellement se déploie le métrage dans tout ce qui en fait sa personnalité propre. A savoir, avant tout, une ambiance, une température, toute de moiteur, de pulsions contenues, parées à déborder. Mais dans le rétroviseur de La Niña Santa, impossible de ne pas voir La Ciénaga, noir joyau dévastateur venu d’Argentine et premier vrai fait d’arme de la surdouée Lucrecia Martel.


Où l’on rencontre donc l’obstacle récurrent du deuxième film, celui où tout se joue, sur lequel nombre de nez se cassent, même armés des meilleures intentions. Et beaucoup de voix auront tôt fait de s’élever pour clamer que celui de Martel ne manque pas de s’y heurter aussi. De la plus belle des manières, cependant: non pas que Martel déçoive en ne confirmant pas le statut d’auteur qu’on n’avait pas tardé à lui ériger depuis 2001. Au contraire: Martel semble à certains égards incapable de remettre son ouvrage sur le métier et l’on ne saurait dire si c’est un tort.



LUCRECIA MARTEL, LUMIERE DU MARECAGE


Dans une Argentine où la santé de la production cinématographique est inversement égale à celle d'un pays en friche qui flirte avec la banqueroute, Lucrecia Martel fait figure de forte tête. Adolescente, la caméra colle alors à la main de cette jeune fille qui s'échine à filmer sa famille à longueur de journée. Elevée au labeur du court-métrage (notamment d'animation) pendant des années, puis réalisatrice pour la télévision argentine, la jeune femme de 37 ans a connu ses premiers grands honneurs les deux pieds bien enfoncés dans le bourbier (traduction littérale de sa Cienaga).


Succès public, plébiscite critique, le film inspecte le quotidien de deux familles autour de la propriété de la Mandragora, près de la ville dite de La Cienaga. Densité des corps, pluies tropicales, relations ambiguës et décor de déliquescence sont la recette de ce film qui fera sa razzia de par le monde: primé à Berlin, à Sundance, lauriers de la critique argentine jusqu'aux MTV Awards sud-américains. La Nina Santa, second long-métrage de la réalisatrice-scénariste, lui permet de retrouver sa comédienne de La Cienaga, Mercedes Moran, et lui ouvre les portes de la sélection officielle à Cannes. Histoire de passer de l'immersion dans les marécages aux portraits de jeunes filles en odeur de sainteté.



LA CIENAGA


Premier choc de l'année 2001, La Ciénaga frappe fort. Expérience de cinéma brute, vision esthétique d'une région en décomposition, Lucrécia Martel a préféré privilégier la sensation, et plus précisément une incontestable sensualité, à un choix narratif classique. Succession elliptique de scènes suggestives jouant sur une accumulation d'impressions, provoquant une fascination hybride exacerbée par un climat oppressant, La Ciénaga envoûte littéralement par son bizarre a priori repoussant.


Mais ce lot de mutilations et de paysages en putréfaction, moites, bouffés par la chaleur, finissent par tourner à la fantasmagorie - sinon au surnaturel. Par la grâce d'une photographie magnifique et angoissante, paradoxalement, cette laideur en devient attirante, envoûtante, telle une suave tiédeur estivale. Les humides tensions se font palpables, les corps souffrent au-delà des êtres, en une communion organique révulsante.



 
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