| |
|
|

L'ARMEE DES MORTS
Début 2004, Leatherface et sa petite famille reprenaient du service dans la moiteur de leur Texas infernal. Aujourd’hui, c’est aux zombies de remettre le couvert. Au tournant d’un siècle neuf, Hollywood lorgne avec appétit sur les rugosités 70’s, pour se débarrasser d’une terreur devenue lisse comme un carrelage de cuisine.
Le centre commercial de Romero, théâtre de l’horreur consumériste originelle, est désormais accepté comme un simple décor qui prend place dans le paysage aseptisé d’une banlieue aux maisons témoins, et qui va connaître les affres d’une révolution sauvage et bestiale. Deux plans se répondent pour illustrer la vision d’un virus qui inonde à nouveau les veines du genre: d’abord des pavillons en rangées, avec jardins verts et allées lumineuses puis, plus loin, un bus pris à partie par une mer, un océan infini de morts-vivants qui grouillent et bavent en direction de leur repas convoité.

ZOMBIE, L'ETAT DES LIEUX
Un cimetière, une tombe, une main décharnée qui sort de la terre… Une image, célèbre parmi tant d'autres, dans le petit monde du cinéma fantastique: la naissance du zombie, du mort vivant. D'origine variable (effets d'une météorite, d'un virus, d'une malédiction, d'une incantation…), le zombie s'attaque généralement aux vivants afin de les transformer contre leur gré en dîner.
Parce que le zombie, tel le cracoucasse, a toujours faim, même lorsque son estomac lui est retiré par un savant fou en mal d'expériences scientifiques (Le Jour des morts vivants). Zombie rigolo ou zombie crado, ils sont tous dans ce dossier réalisé pour la sortie de L'Armée des morts, dernier représentant en date du genre.
 |
|
|

LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1968)
Voici le film de référence en matière de morts-vivants et surtout le premier de la passionnante trilogie de Romero consacrée à ce thème (suivront Dawn Of The Dead/Zombie, en 1978, et Day Of The Dead, en 1985). Ce qui frappe dans ce film de 1968, ce n'est pas la qualité des effets spéciaux (le film est en noir et blanc, les figurants/zombies sont peu maquillés et ceux qui se prennent une balle dans le buffet portent tous une chemise!), mais l'étude du comportement de gens ordinaires confrontés à une situation hors normes, qui les dépasse.
On ne peut que penser à cette phrase de Jean Paul Sartre, dans sa pièce Huis Clos (oui, celle que l'on ressort souvent!): "L'enfer, c'est les autres". Ici, le vivant est autant un ennemi potentiel pour son compagnon d'infortune que le mort ressuscité! Les assiégés ne s'entendent pas! Ils sont incapables de faire front commun (bien longtemps) face à la menace extérieure! Surtout Ben et Cooper, qui se disputent sur la fermeture de la porte menant à la cave...
 |
|
|

ZOMBIE
Attention, ce film est un monument, le film d'horreur ultime, un concentré d'horreur brute et viscérale
qui vous marquera à tout jamais. Deuxième volet de la fameuse trilogie de George A. Romero, après La Nuit des morts-vivants et avant Le Jour des morts-vivants, Zombie est à mon sens le plus abouti de ces trois chefs-d'oeuvre. Comme dans les autres volets de la trilogie, Zombie se déroule dans un lieu bien précis: ici un centre commercial abandonné. Le cadre temporel est lui aussi prédéterminé, chaque film évoluant de la même façon avec, comme un virus sans vaccin, l'arrivée progressive et inéluctable des morts-vivants.
Unité de lieu, unité de temps, mais qu'est-ce qui différencie alors ce film des autres de la trilogie? Du gore sans la moindre limite, et en couleur (de ce point de vue le problème dans La Nuit des morts-vivants était de voir le sang en noir et blanc); des maquillages atrocement réalistes signés Tom Savini; un rythme trépidant grâce à de l'action à tout va et à un scénario extrêmement efficace, auquel a collaboré sans en être crédité Dario Argento (qui remontera le film dans sa version européenne, il existe ainsi une bonne demi-douzaine de versions différentes du film); une bande originale fabuleuse, signée des Goblin, compositeurs attitrés du maître
italien qui a réussi à les imposer à Romero; un traitement qui, sans céder à la plaie du second degré, réussit à être critique et caustique...

LE JOUR DES MORTS-VIVANTS
L'annonce récente de l'ajout d'un quatrième tome à ce qui reste l'une des séries les
plus cohérentes de toute l'histoire du cinéma a fait frémir de plaisir les plus impatients et les
plus nostalgiques. Cette trilogie (tétralogie si on prend en compte le remake de La Nuit des morts vivants
par Tom Savini) représentant ce que le cinéma fantastique a produit de plus effrayant, de plus malsain
durant ces trente dernières années, on ne peut qu'être ravi de cette annonce, d'autant que le
réalisateur de ce nouvel opus reste George A.Romero.
Pourtant, un bref retour en arrière nous permet
de constater que cette trilogie comporte un segment mal aimé, ou mal compris. Mal perçu en tout cas.
Ce segment étant bien sûr Day of the dead, Le Jour des morts vivants en français.

LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1990)
Ce film a reçu l'exequatur du maître, puisque Romero en est producteur. De plus, il en a confié la réalisation à quelqu'un de confiance, à savoir le génial expert en effets spéciaux sanglants Tom Savini. D'ailleurs, le bonhomme avait auditionné pour faire les effets spéciaux du film d'origine en 1968, mais avait été mobilisé pour partir au Vietnam. Photographe là-bas, il a été marqué par les horribles détails anatomiques qu'il n'a pas pu manquer de voir.
Cette expérience l'a influencé pour la création de maquillage et pour filmer la mort. Le critique Robin Wood voyait dans la progression de la trilogie des morts-vivants des références à l'histoire de l'Amérique contemporaine. Night of the Living Dead, chronique de la décomposition familiale, renvoie au malaise engendré par la guerre du Vietnam, Dawn of the Dead, à l'Amérique de Nixon, triomphe de la consommation.
|
|
|