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LE MARIAGE DE TUYA
Le Mariage de Tuya, Ours d’Or de la 57ème édition de la Berlinale, est le troisième film de Wang Quan’an, qui s’attache à chaque fois à dépeindre la réalité sociale en Chine de nos jours. Sa maman est originaire de Mongolie intérieure, où s’est tourné le métrage, et alors qu’il apprend que cette région est menacée à cause de l’expansion industrielle et de l’administration locale qui force les bergers à quitter les lieux pour se les approprier, il décide de leur consacrer un film avant qu’il ne soit trop tard.
La plupart des acteurs, à l’exception de Yu Nan (Tuya), sont des amateurs et, à la fin du tournage, les maisons ont été démontées et tout a disparu. Ce film est leur dernier témoignage. Wang Quan’an réussit non seulement un bel hommage à un style de vie en perdition, il le double également d’une histoire romantique à la fois intelligente et amusante.
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WANG QUAN’AN
Né en 1965 à Yanan, dans la province de Shaanxi, Wang Quan’an étudie à l’institut du cinéma de Pékin dans la section acteur. Il jouera en 1991 dans deux films: Good Morning Beijing et Love, Sex and Desire. Il a ensuite travaillé sept années pour le studio Xi’an-Filmstudio, où il était responsable d’un soap opéra appelé Years, ce qui lui laissait le temps d’écrire de nombreux scénarios..
En 2000 il décide de réaliser l’un d’eux, Eclipse Solaire, qui sera un grand succès critique et repartira avec le premier prix de nombreux festivals. L’histoire se répète avec les deux métrages qui suivront: Jingzhe et Le Mariage de Tuya, qui a gagné l’Ours d’or de l’édition 2007 du Festival International du Film de Berlin. Pour ces deux derniers films, le talentueux réalisateur et scénariste a également assuré le montage.
Nicolas Bardot
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LE JEUNE CINEMA CHINOIS
Tandis que Chen Kaige s’abîme de Feu de glace en Wu Ji et que Zhang Yimou semble s’être envolé définitivement dans une sphère ultra mégalo pour le meilleur et parfois pour le pire, un passage de témoin est en train de s’effectuer dans la production cinématographique chinoise. Les cinéastes dits de la sixième génération, apparus après Tiananmen au cours des années 90 et 2000, ont pris le pouvoir.
Lion d’or à Venise pour Still Life de Jia Zhang Ke, Ours d’or à Berlin pour Le Mariage de Tuya de Wang Quan’an, alors que La Jeunesse chinoise de Lou Ye aurait pu légitimement réaliser un inouï grand chelem à Cannes; révélations en cascade de Wang Bin (le doc pharaonique A l’ouest des rails) ou de Jiang Wen (dont Les Démons à ma porte a remporté le Grand Prix cannois), de Wang Chao (Voiture de luxe) ou Li Yang (Blind Shaft), les cinéastes chinois de la sixième génération, frondeurs et enflammés, célébrés en Occident mais parfois censurés dans leur propre pays, ont provoqué un petit tremblement de terre dans le paysage cinématographique mondial.
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