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MONDOVINO
Réalisateur indépendant américain très apprécié de la critique, Jonathan Nossiter (Sunday) a une seconde passion en dehors des plateaux de cinéma, le vin. Onologue respecté - il établit la carte des vins de certains grands restaurants new-yorkais -, il rêvait depuis longtemps de mettre en scène un film sur cet univers si particulier. Trois longues années furent nécessaires pour réaliser son voeu.
Auréolé d'une sélection de dernière minute dans la compétition officielle du dernier Festival de Cannes, Mondovino est un documentaire vertigineux sur les ravages de la mondialisation économique, une vaste enquête sur le nouveau marché du vin, ou comment les Mondavi, une famille californienne attirée par l'odeur du profit (bien aidée par un critique gastronomique omnipotent, Robert Parker et son ami français, Michel Rolland qui, lui, établit les crus à la carte dans ses laboratoires de goût), se sont emparés d'une culture millénaire en imposant une norme universelle. Jonathan Nossiter n'a même pas besoin de forcer le trait ou d'expliquer par une voix off les tenants et les aboutissants d'une dérive quasi mafieuse.

FESTIVAL DE CANNES 2004
Après une édition 2003 désastreuse en terme d'image - films honteusement sifflés, palmarès tronqué, ambiance morose -, Gilles Jacob, Thierry Frémaux et leur équipe ont mis les bouchées doubles pour replacer Cannes au sommet de la hiérarchie des festivals, trône envié par Venise et Berlin.
L'ouverture est emblématique de ce renouveau espéré. Pour lancer le grand rendez-vous cinéphile, La Mauvaise Education du virtuose Pedro Almodovar succède au navrant Fanfan la tulipe. Surprise: la Croisette a déniché un président du jury de haute volée, Quentin Tarantino le réalisateur star de Pulp Fiction, Palme d'or en 1994. Cinéphile vorace et averti, notre homme a rapporté des Etats-Unis le deuxième volet de Kill Bill son magnifique hommage au septième art.
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