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POMPOKO


Qu’il s’agisse de tranche d’Histoire (Le Tombeau des lucioles), de vie quotidienne (Kié la petite peste, Mes voisins les Yamada) ou de merveilleux (ce Pompoko), le Japon, d’hier ou d’aujourd’hui, est au cœur du cinéma d'Isao Takahata. Une terre qu’il explore sous toutes ses coutures effilochées, ici à travers le prisme de la fable écolo. Takahata, comme son indissociable comparse Hayao Miyazaki, se fait vert porte-parole de la défense de l’environnement en se nichant du côté des tanukis, sortes de ratons laveurs particulièrement couillus, cachés dans une forêt qui fond comme neige au soleil, mangeottée à la pelleteuse.


Immersion prétexte – ces bestioles-ci ne sont là que pour mieux parler de leurs homologues dont les angoisses sont identiques, voir la scène où les tanukis s’infiltrent incognito dans la grande cité, marmite aliénante où humains et animaux se confondent. L’heure est à un certain retour aux sources, un refuge spirituel et un folklore qui rappelle le souvenir de racines pas si loin enfouies.



ISAO TAKAHATA


Homme de lettres et mélomane, Isao Takahata est indissociable du succès du studio Ghibli. Producteur de Nausicaä de la vallée du vent et du Château dans le ciel, réalisateur des éblouissants Tombeau des lucioles et Mes Voisins les Yamada, Takahata a construit au fil du temps une œuvre cohérente et exigeante.


Ses carnets de voyage interrogent les mœurs d'une société écartelée entre un passé tumultueux et un avenir tâtonnant. Son approche de l’animation, emprunt d’un naturalisme saisissant, se distingue de celui de Miyazaki, chantre du lyrisme fantastique. L’identité de Ghibli repose toute entière sur ces deux personnalités complémentaires. Deux têtes brûlées qui ont brillamment dépoussiéré une industrie moribonde.



YOKAI, BESTIAIRE DU FANTASTIQUE JAPONAIS


Remis au goût du jour notamment par les univers merveilleux de Hayao Miyazaki, le bestiaire fantastique nippon a droit à son exposition à la Maison de la Culture du Japon, à Paris. Les Yokai, des plus effrayants aux plus absurdes, des estampes d’un autre temps jusqu’aux mangas d’aujourd’hui - retour sur les créatures d’un imaginaire fécond.


Le voyage débute dans le Japon ancien, lors de l’ère Edo. Les Yokai existaient déjà auparavant, mais leur représentation et classification se sont précisées durant cette période. Les peintures sur rouleau représentent alors souvent le "Cortège nocturne des cent démons", procession fantastique que l’on retrouve dans des séries B nippones des années 60, tout comme dans le cinéma d’animation d’aujourd’hui (Pompoko de Isao Takahata).



MES VOISINS LES YAMADA


Un croissant de lune, le flanc d’une montagne, quelques hachures. Une main assurée croque un œil, un nez, une bouche et fait apparaître le profil de Shige, la grand-mère étourdie de Mes Voisins les Yamada. C’est Nonoko, la plus jeune et la plus raisonnée, qui escorte la petite famille et semble griffonner elle-même les pages de garde. Le carnet de brouillon se remplit peu à peu, au fil des monologues et des apartés.


A mi-chemin entre la gazette effrontée de Kié la petite peste et les chroniques acidulées d’Omohide Poroporo, ce septième long métrage d’Isao Takahata étonne une nouvelle fois par son audace formelle et son parti-pris inédit. Co-produit par Disney (l’accord financier avec le studio Ghibli date de 1996), Mes Voisins les Yamada abandonne les cellulos au profit du numérique.



LE STUDIO GHIBLI


De sorties confidentielles en avant-premières vénitiennes, les films de Hayao Miyazaki n'ont désormais plus de secret pour personne. Si l'animation japonaise s'est en partie libérée des préjugés qui l'éreintaient dans les années 80-90, c'est notamment grâce à la témérité d'un petit studio, exigeant et précurseur, gouverné par deux hommes d'exception: Isao Takahata et Hayao Miyazaki.


Cité en exemple par tous les artisans de l'animation, John Lasseter en tête, le studio Ghibli et son ébouriffante filmographie ont su conjugué les tréfonds du folklore japonais à une quête de sens universelle. Mon Voisin Totoro, Le Tombeau des lucioles, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro (Ours d'or à Berlin, 16 millions d'entrées au Japon) ont parcouru les festivals du monde entier et profondément marqué les esprits.



 
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