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SATOSHI KON


Les plus attentifs avaient déjà repéré le nom de Satoshi Kon au générique de Memories, l'ambitieux triptyque de Katsuhiro Otomo de la fin des années 90. C'est à Kon qu'on doit le scénario et les décors "kubrickiens" du premier sketch Magnetic Rose, classique instantané de l'animation nippone. Huit ans plus tard, le culte entourant le labyrinthique Perfect Blue et le tourbillonnant Millennium Actress, ne fait que confirmer le talent pluridisciplinaire de Satoshi Kon.


C'est avec son troisième long métrage que le cinéaste chassera les dernières réticences. Course-poursuite échevelée et littéralement "miraculeuse", Tokyo Godfathers est un conte de Noël d'un humour et d'une finesse virtuoses. A l'occasion du festival Nouvelles Images du Japon 2003, Satoshi Kon a tenu une conférence sur le thème des divergences culturelles entre l'animation américaine et son homologue japonais.

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TOKYO GODFATHERS


Après seulement trois films, Satoshi Kon a construit son œuvre, charmé les critiques, rameuté ses fans. L’homme pourrait se reposer sur sa Sainte Trinité accomplie, mais le virage opéré à travers Tokyo Godfathers laisse penser que son chemin futur connaîtra d’autres surprenantes sinuosités.


Le réalisateur tranche avec les figures purement japonaises de ses deux premiers longs-métrages (une chanteuse de j-pop dans Perfect Blue et une grande actrice du cinéma de l’archipel dans Millennium Actress) pour se réfugier vers des valeurs plus cosmopolites. Si Satoshi Kon situe son récit dans la capitale nippone, il n’oublie pas de saupoudrer largement la mégalopole d’un goût de vieille toile américaine.

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MILLENNIUM ACTRESS


Durant son âge d’or, le cinéma japonais a fétichisé ses actrices comme Hollywood a glorifié ses comédiennes en voie de déification de l’autre côté de la planète. Parfois idoles quasi-exclusives (à l’image de Kinuyo Tanaka, effigie de Kenji Mizoguchi, ou Hideko Takamine, talisman de Mikio Naruse), ou simplement stars se répandant d’un bout à l’autre du pays, comme Machiko Kyo.


Millennium Actress est un hommage direct à ces femmes dont les personnalités sont restées nimbées de mystère, comme enveloppées d’un voile surnaturel. Chiyoko Fujiwara, l’actrice du millénaire selon Satoshi Kon, a beau être fictive, elle n’en est pas moins la fille conjuguée, le témoin de trésors passés. Comme pour Perfect Blue, l’auteur et réalisateur japonais adopte un dispositif narratif collant au plus près des perceptions de son personnage principal.

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PERFECT BLUE


Double levé de rideau au début de Perfect Blue: alors que Mima monte sur scène pour faire face à son public, le film en lui-même concentre les thématiques développées par la suite dans ses dix premières minutes. Multipliant les reflets, telle une eau claire au bleu parfait, Perfect Blue ressemble néanmoins plus à un fleuve tourmenté qu'à un sage ruisseau, grâce à une narration éclatée empruntant les dédales de la psyché d'une jeune fille sombrant dans la paranoïa et la schizophrénie.


La mise en abyme, les ruptures de ton sont au coeur du labyrinthique film de Satoshi Kon. La première scène du film laisse croire que l'on assiste à un sentai dorothéesque, il ne s'agit que d'une représentation sur scène à l'insuccès flagrant. Puis l'entrée en scène de Mima avec ses partenaires du groupe Cham, quittant les coulisses plongées dans l'ombre pour la lumière blanche des projecteurs, un flash aveuglant interrompant net la chanson.

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