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SHREK 2
Depuis toujours, les aiguilles des contes de fées tissent leurs histoires de crapauds qui se rêvent beaux princes et de souillonnes miroitant les parures scintillantes de princesses. Le premier épisode de Shrek, sous son vernis sagement iconoclaste et son désir de pousser historiettes et wagons de fées dans une piscine au vitriol, raconte une romance fragilisée par les diktats physiques – horreur, l’amoureux aux traits subtils, aux pommettes rouges comme le sang, serait en fait un ogre au teint d’olive.
Shrek 2 jongle davantage sur ce registre précis, où les ressorts du conte semblent avant tout se jouer sur la table d’opération, le théâtre de la chirurgie plastique. L’action se passe essentiellement au royaume du paraître, un Hollywood déguisé en contrée à la fois si lointaine et si proche. Les motifs de chaque personnage sont voisins: l’ogre se rêve charmant, l’âne et le gris de sa toison se projettent en un fier destrier à la robe immaculée.

SINBAD
Dernière offensive animée des studios DreamWorks, Sinbad, la légende des sept mers diffuse un parfum entêtant de déjà vu… En s’emparant de pirates chevronnés et de créatures marines, Tim Johnson et Patrick Gilmore évoquent pêle-mêle Atlantide, La Planète au trésor, L’Age de glace, voire même La Petite Sirène.
Autant d’emprunts ou de similitudes inopportunes donnant du grain à moudre à leurs alter ego: le colosse Disney et sa voisine la Fox. Passé le jeu des superpositions et supputations, force est de reconnaître que Sinbad croque une impeccable synthèse de ses prédécesseurs. Dans leur relecture classiquement moderne d’un épisode des Mille et Une Nuits, Johnson et Gilmore élaborent un divertissement copieux et carré, parfaitement dosé.

SPIRIT
Depuis quelques années, la firme Disney ne figure plus à son indétrônable place de roi du dessin-animé, mais ce n’est sûrement pas à cause des vaines tentatives de la Fox (Anastasia, Titan A.E.) qui lui ont coûté son département animation, ou celles de la Warner (Excalibur, l’épée magique), que le studio de la souris se voit menacé.
Lorsque Jeffrey Katzenberg arrive à Disney, il redonne à la major le souffle qui l’avait quittée, avec d’immenses succès consécutifs que sont La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion. C’est alors qu’il est débarqué comme un malpropre et c’est surtout là qu’il part fonder avec deux amis la première major créée en soixante-dix ans : DreamWorks.

FESTIVAL DE CANNES 2004
Après une édition 2003 désastreuse en terme d'image - films honteusement sifflés, palmarès tronqué, ambiance morose -, Gilles Jacob, Thierry Frémaux et leur équipe ont mis les bouchées doubles pour replacer Cannes au sommet de la hiérarchie des festivals, trône envié par Venise et Berlin.
L'ouverture est emblématique de ce renouveau espéré. Pour lancer le grand rendez-vous cinéphile, La Mauvaise Education du virtuose Pedro Almodovar succède au navrant Fanfan la tulipe. Surprise: la Croisette a déniché un président du jury de haute volée, Quentin Tarantino le réalisateur star de Pulp Fiction, Palme d'or en 1994. Cinéphile vorace et averti, notre homme a rapporté des Etats-Unis le deuxième volet de Kill Bill son magnifique hommage au septième art.
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