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THE ROCK


Get Carter. Driven. Compte à rebours mortel. Taxi 3. Sylvester Stallone est déchu. Et Arnold est devenu Gouverneur. Steven Seagal enchaîne les bouses et sort un disque. Jean-Claude Van Damme est fidèle à lui-même et Chuck Norris a disparu de la circulation. Le salut viendra du ring. Oubliez le surfait Ong Bak et son flan de Tony Jaa, place à The Rock. La castagne jubilatoire est de retour dans les salles.


Dwayne Douglas Johnson est né le 2 mai 1972 en Californie d’un père afro-américain et d’une mère samoane. Il est surtout l’héritier d’un père, Rocky Johnson, et d’un grand-père maternel, "Grand Chef" Peter Maiva, tous deux catcheurs, et porte sur les épaules le poids de la succession aux Sylvester Stallone et autres Arnold Schwarzenegger. Soyons clairs, The Rock (son pseudonyme de la WWF) est loin d’être un acteur-scénariste-réalisateur accompli comme Sly et n’a pas encore eu la chance de collaborer avec des auteurs tels que John Milius, James Cameron ou John McTiernan comme l’a fait Schwarzie.



TOLERANCE ZERO


Inspiré d'une histoire vraie? Pourquoi pas. The Rock réglant les comptes à coups de parpaing? Là on achète! Une fois que l'on a saisi le seul véritable intérêt de l'entreprise, le spectacle offert par Dwayne "The Rock" Johnson lorsqu'il se met à latter des gonzes à tout bout de champ, cela suffit pour passer outre un fond à tendance réac (le héros de la ville, déçu par la présence d'un sex-shop, est élu shérif par le peuple pour faire fermer le casino, faire rouvrir l'usine, récupérer sa copine et la faire démissionner de son boulot de strip-teaseuse dans ledit casino) et un scénario fort basique.


En réalité, c'est peut-être même là que réside l'atout principal de Tolérance Zéro. Avec ce footballeur vedette, devenu soldat, puis homme de loi, The Rock s'impose en digne hériter de la figure républicaine incarnée par Arnold Schwarzenegger il y a presque vingt ans dans Commando. A vrai dire, le film de Kevin Bray (réalisateur de Chasseur de primes, sorti directement en vidéo en France) s'inscrit dans la droite lignée des fleurons musclés des années 80, avec sa ligne directrice primaire, ses bastons décomplexées et son plan de seins gratuit (ici remplacé par deux longues scènes de poupée en sous-vêtements).



BIENVENUE DANS LA JUNGLE


Dans les premières minutes du film, Dwayne "The Rock" Johnson pénètre dans une boîte de nuit. Dans l'entrée, il croise ni plus ni moins qu'Arnold Schwarzenegger, le vrai, l'unique, dans un très furtif cameo, qui lui lance "Have fun". Passation de pouvoir. L'ex-catcheur a dès lors les pleins pouvoirs pour déployer ses talents de castagneur hors-pair et ne s'en prive pas. Cela ne faisait déjà aucun doute: Bienvenue dans la jungle est entièrement bâti sur les massives épaules de son héros, l'un de ceux comme on n'en fait plus.


C'est là le grand malheur de la star montante: ne pas être né quelques années plus tôt et ainsi avoir vécu l'âge d'or du cinéma d'action bourrin où la moindre machine à distribuer les coups était érigée en Titan des temps modernes (Schwarzie, Stallone, Van Damme ou même Chuck Norris), que certains auteurs naissants parvenaient à exploiter au travers d'œuvres non-éphémères (John Milius, James Cameron, John McTiernan).



LE ROI SCORPION


Le Roi Scorpion est ce qu'on appelle un spin-off (littéralement, un "dérivé"). Ce terme s'applique généralement aux bandes-dessinées ou aux séries télévisées. Lorsqu'un personnage (généralement secondaire) semble être très apprécié, on lui confie sa série propre. Le héros de cette aventure est donc Mathayus, le Roi Scorpion, l'un des deux méchants du Retour de la Momie, sorti l'an dernier. En développant ainsi le personnage, les créateurs (dont Stephen Sommers, scénariste-réalisateur des deux Momie) font perdurer cet esprit nostalgique des serials, des films d'aventures d'antan, et des grandes épopées aux protagonistes héroïques...


Comme les deux films cités, ou encore comme un des précédents films du réalisateur, Un Cri dans l'océan, ce film est un pur produit de série B sans prétention autre que de divertir. Ayant parfaitement conscience d'exploiter des formules cent fois vues, Sommers et son équipe en profitent pour se décomplexer et offrir un simple spectacle. Cependant, le second degré qui régnait dans les deux précédents épisodes n'est pas aussi ouvertement affirmé.



 
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