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HISTORIQUE DE LA MGM A TRAVERS SES PLUS GRANDES COMEDIES MUSICALES


A la tête de près de 3000 films, de 200 oscars et d’un catalogue de plus de 4000 pièces, la MGM est désormais au plus bas après quarante années de déclin. Si quelques soubresauts lui ont permis de se maintenir à flot durant cette période rien n’est parvenu à lui faire retrouver la prestance et l’aisance avec laquelle elle a traversé la première moitié du vingtième siècle. Un parcours qui fait écho à plus d’un titre au style qui a assis la renommée du studio après guerre, la comédie musicale. Chemins croisés.


1924 : LES ROIS DE LA JUNGLE

En 1924, le distributeur Marcus Loew, propriétaire de la Metro Pictures Corporation, le magna de la presse Randolph Heast, à la tête de la Goldwyn Picture Corporation et le producteur "indépendant" Louis B. Mayer, directeur de la Louis B. Mayer Pictures, profitent de l’atténuation du Clayton Act (loi anti-trust de 1890) pour s’associer et créer la plus grosse société de production Hollywoodienne naturellement appelée la Metro Goldwyn Mayer (MGM). L.B. Mayer en prend la direction, nomme Irving Thalberg directeur de la production, Heast est affecté au service promotion et Loew à celui de la distribution. La firme est une affaire qui roule. En 1928, la MGM crée son logo, Leo, un lion rugissant dans une couronne de pellicules dorées sur laquelle est inscrite sa devise : "Ars gratia Artis" ("l’art pour l’art"). 1929, alors que le sonore et parlant commence a prendre le dessus, un nouveau genre est en train de pointer le bout du nez dans les studios hollywoodiens sous la houlette de la Vitaphone corporation: les comédies musicales. La MGM suit le mouvement…


1929 : BROADWAY MELODY
Réalisé par Harry Beaumont, avec Charles King, Anita Page, Bessie Love

Première comédie musicale produite par la MGM, Broadway Melody installe les bases du genre. Intrigues de cœur, chorégraphies inspirées des musicals de Broadway, réalisation et décors de Cedric Gibbons jouant sur les perspectives et la profondeur de champ, musique de Nacio Herb Brown et Arthur Freed. Une formule qui marche puisque le film remportera le premier Oscar de la firme ainsi que deux nominations: meilleure actrice pour Bessie Love et meilleur réalisateur (cérémonie de 1930). Un succès tel que le titre Broadway Melody sera repris par la MGM pour trois autres de ses productions en l’espace de dix ans (1935, 1937 et 1940), mais la profession ne se trompera pas, c’est belle et bien la version de 1929 qui servira de maître étalon. Dans sa lancée la société finance entre 1930 et 1936 un foisonnement de films musicaux qui, outre Hallelujah de King Vidor, passeront totalement inaperçus.


1936 : THE GREAT ZIEGFELD
Réalisé par Robert Z. Leonard, avec William Powell, Myrna Loy, Luise Rainer

Quand The Great Ziegfeld (une biographie du producteur et acteur Florenz Ziegfeld) sort sur les écrans le succès est total, la MGM est à son apogée, le film remporte trois oscars dont celui du meilleur film (devenant la deuxième comédie musicale de l’histoire à recevoir ce prix) accompagnés de quatre nominations. Mais les rouages institutionnels de la firme tournent au ralenti. Irving Thalberg, relégué au second plan depuis 1934 au profit de producteurs free-lance engagés l’espace d’un seul film, décède des suites d’une crise cardiaque. Période de flotement, au cours de laquelle L.B. Mayer se retrouve maître tout puissant à bord laissant quelque peu de côté les films musicaux étant plus intéressé par le star-system qu’il s’est appliqué à développer au cours de ces dix années dans ses drames romantiques. C’est dans ce contexte qu’il engage en 1938 Arthur Freed, alors compositeur, comme producteur délégué aux comédies musicales.


1939 : LE MAGICIEN D’OZ (THE WIZARD OF OZ)
Réalisé par Victor Fleming, avec Judy Garland, Frank Morgan, Ray Bolger, Jack Haley

Robe bleue, socquettes blanches, couettes rousses, chaussures de ruby empruntées à la sorcière de l’ouest, emportée par la tornade d’Oz, Dorothy devient l’emblème de la MGM emmenant une Judy Garland encore toute jeune au pays des étoiles. Nommé dans pratiquement toutes les catégories aux Oscars 1940, le film ne remporte que des prix musicaux (dont l'oscar de la meilleure chanson pour le fameux Over The rainbow) face à l’autre représentant de la Metro Autant en emporte le vent. L’actrice quant à elle se voit couronnée du Juvenile Award pour Dorothy et son rôle de Patsy Barton dans une autre production de la MGM, Babes in Arms de Busby Berkeley. Ce dernier film est sa troisième collaboration avec Mickey Rooney qui sera son partenaire sur une dizaine de films formant le couple junior le plus en vogue des années quarante : Thoroughbreds Don’t Cry(1937), la série des Andy Hardy (1938, 40, 41 et 58), Strike Up The Band (1940), Babes on Broadway (1941), Girl Crazy (1943), Thousands Cheer (1943) et Words And Music (1948).


1943 : UN PETIT COIN AUX CIEUX (CABIN IN THE SKY)
Réalisé par Vincente Minelli, avec Ethel Waters, Eddie ‘Rochester’ Anderson, Lena Horne, Louis Armstrong

Arthur Freed a fait du chemin à son poste de producteur délégué aux comédies musicales depuis Le Magicien d’Oz et Babes in Arms. Avec huit film à son actif en quatre ans, L.B. Mayer lui accorde toute la liberté qu’il souhaite. Il en profite donc pour mettre en avant un de ses protégés. Un ancien directeur artistique du Radio City Hall qu’il avait fait venir à Hollywood dès 1939, en tant qu’assistant réalisateur sur ses premières productions, pour mettre en scène les séquences dansées : Vincente Minnelli. Aux commandes de Un petit coin aux cieux (adapté d’une pièce de Broadway de 1940) le nouveau réalisateur fait des prouesses trouvant de superbes idées visuelles pour arbitrer ce combat entre Enfer et Paradis. Une entrée sur le devant de la scène parfaite. La légende Minnelli se met en route effaçant rapidement des mémoires le très moyen I Dood It réalisé quelques mois plus tard.


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