
1944 : LE CHANT DU MISSOURI (MEET ME IN SAINT LOUIS)
Réalisé par Vincente Minnelli, avec Judy Garland, Margaret O’Brien, Lucille Bremer
Parallèlement à la romance naissante entre Esther et John, Le Chant du Missouri marque la rencontre d’un couple mythique de l’histoire de la comédie musicale. Vincente Minnelli et Judy Garland, Pygmalion et sa Galatée. La caméra épouse les formes de la jeune fille, la rendant toujours plus belle malgré ses dépressions répétitives. Une alchémie qui permit au film de remporter quatre nominations aux Oscars de 1945 et au couple de se retrouver sur trois autres productions : The Clock (1945), un sublime drame romantique malheureusement tombé aux oubliettes, Ziegfeld Folies (1946) (rassemblant pour la première et unique fois Fred Astaire et Gene Kelly) qui reçu en 1947 à Cannes la palme de la meilleure comédie musicale, et enfin Le Pirate (1948) aux côtés de Gene Kelly et sur une partition musicale de Cole Porter. Une dernière collaboration entre le réalisateur et sa muse qui marquera la fin de leur histoire commune, mais un nouveau départ dans leurs carrières respectives.
1945 : ESCALE A HOLLYWOOD (ANCHORS AWEIGH)
Réalisé par George Sidney, avec Gene Kelly, Frank Sinatra, Kathryn Grayson
Autres protégés qu’Arthur Freed avait rapatrié de New York, c’est au tour de Gene Kelly et Stanley Donen d’intégrer la Freed Unit. Le producteur propose un rôle en or au premier et demande au second de créer les chorégraphies de son nouveau film Escale à Hollywood. La MGM est passée au technicolor, Gene Kelly partage la scène avec la souris Gerry le temps d’une séquence devenue culte et décroche ce qui restera sa seule nomination à l’oscar du meilleur acteur. En 1949 cette pause marine se voit complétée d’une suite intitulée Un jour à New York pour lequel les deux compères sont propulsés réalisateurs. Gonflés à bloc et très inventifs, ils décident de quitter les studios hollywoodiens pour tourner dans les rues de New-York. Une première dans l’histoire de la comédie musicale. Les prises de vues de la ville sont superbes, les chorégraphies étonnantes et parfaitement maîtrisées. Le film s'avère un réel succès malgré quelques faiblesses scénaristiques.
1951 : UN AMERICAIN A PARIS (AN AMERICAN IN PARIS)
Réalisé par Vincente Minnelli, avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant
En froid avec le nouveau directeur de production, Gore Shary, arrivé en 1948, L.B. Mayer démissionne de la direction de la MGM, lui laissant son poste. Arthur Freed alors en pleine pré-production de son nouveau film se voit assisté d’un producteur associé en la personne de Roger Edens. Mais il garde la tête froide. Il en confie les commandes à Vincente Minnelli, la chorégraphie et le premier rôle à Gene Kelly et trouve l’audace de contacter une jeune danseuse classique française de vingt ans pour compléter ces deux géants. Œuvre impressionniste méticuleusement soignée reprenant des tableaux de maîtres français, Un Américain à paris fait un tabac. Sur ses huit nominations aux Oscars 1952, il en remporte six dont celui du meilleur film (troisième comédie musicale de l'histoire du cinéma). Si la fin de la firme semble proche la Freed Unit n'a pas fini de faire parler d'elle.
1952 : CHANTONS SOUS LA PLUIE (SINGING IN THE RAIN)
Réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen, avec Gene Kelly, Donald O’Connor, Debbie Renolds
Sortis tous deux de leurs succès respectifs que sont Un Américain à Paris et Mariage Royal (dans lequel Stanley Donen déjouait les lois de l’apesanteur en faisant danser Fred Astaire sur les murs et le plafond de sa chambre d’hôtel), Gene Kelly et Stanley Donen se retrouvent sous la houlette de Arthur Freed pour réaliser Chantons sous la pluie. Tout en renouvelant leur style grâce à des chorégraphies toujours aussi audacieuses, les deux hommes signent un superbe hommage aux anciennes comédies musicales (il comporte même une scène intitulée Broadway Melody). Le film devient la nouvelle œuvre de référence du genre et le nouvel emblême de la MGM. En 1955 les deux hommes signeront une dernière fois en tant que co-réalisateurs pour Beau-fixe sur New York qui se veut être une semi-suite de Un jour à New York.
1957 : L’ANNEE TOURNANT
Malgré des succès tels que l'admirable Tous en scène (1953, avec Cyd Charisse et Fred Astaire sous la direction de Vincente Minnelli, nommé pour des oscars techniques), Les Sept femmes de Barberousse (1954, réalisé par Stanley Donen, nommé aux oscars de 1955 comme meilleur film, meilleur montage, meilleur scénario), Haute Société (1956, avec Grace Kelly, Frank Sinatra et Bing Crosby sur des chansons de Cole Porter) ou encore les productions parllèles mettant en scène le King Elvis telles que Le Rock du bagne (1957) destinées à renouveler le genre, la MGM est sur le déclin. En 1957 L.B. Mayer décède dans sa maison d’Hollywood, Gore Shary quitte ses fonctions, la firme est à l’abandon, la Freed Unit à bout de souffle se disloque. Ce sera le fameux producteur Sol Siegel qui reprendra le poste de directeur en début d’année 1958 sans jamais parvenir à redresser la barre.
1958 : GIGI
Réalisé par Vincente Minnelli, avec Leslie Caron, Maurice Chevalier, Louis Jourdan
Décidé à clore son département en beauté Arthur Freed demande à Vincente Minnelli de réaliser pour lui une dernière comédie musicale. Gigi sera le chant du cygne de cette unité de prestige. Casting français de choix s’amusant avec finesse à dépeindre les travers de la haute bourgeoisie parisienne du début du vingtième siècle. Réalisation soignée, musique marquante signée par Lerner et Loewe tout droit venus de Broadway, le film sera l’un des plus gros succès de la MGM. Avec neuf Oscars dont celui de meilleur film et meilleur réalisateur il ouvrira la voie à Ben Hur (1959), qui avec ses onze Oscars historiques sonnera le glas de la Compagnie. Dans ce contexte de fin de règne, Gigi se place comme la dernière grande comédie musicale produite par la MGM, la fin d’une ère, la fin d’un genre également qui ne trouvera écho que dans les productions des autres studios.
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