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SOLEIL LEVANT EN CORÉE


De l'autre côté du globe, il existe un pays qui résiste encore et toujours… Sous les projecteurs depuis quelques fraîches années, la production cinématographique en Corée est en plein boom. Budgets plus conséquents, meilleure distribution et public présent, ce cheminement vers le sommet est le fruit d'un siècle d'Histoire.


LE BERCEAU DE CHUNHYANG

Si la première projection d'un film s'est effectuée dès 1903 en Corée, le cinéma national a eu plus de mal à s'imposer sur le territoire. Il faut attendre 1919 pour la diffusion d'un premier film coréen (intitulé Uirijeok Gutu), projeté façon kinodrama: des acteurs assistent l'image devant l'écran, mélangeant ainsi héritage théâtral à la découverte du cinéma. Le premier film muet suivra 4 ans plus tard avec Plighted Love Under the Moon. Le parlant aura lui du mal à se développer en raison de difficultés budgétaires. En 1935, Ch'unhyang-jon, de Lee Myung Woo sera le premier film parlant coréen (en grande partie financé par le Japon). La production est globalement liée à la situation politique du pays. Celle-ci est plutôt fleurissante avant la guerre, connaît une pause durant celle-ci, et se reconstruit peu à peu au lendemain des conflits. Ainsi, de 1920 à 1945, environ 160 films ont été produits dans le pays, mais il reste aujourd'hui très peu d'œuvres qui n'aient pas été détruites durant la Guerre de Corée. Lorsque le Japon envahit la Chine en 1937, le cinéma coréen (financé majoritairement par le Japon) devient un instrument de propagande. De même, après que le pays eût été divisé en deux parties à la fin de la guerre, le cinéma japonais y devient interdit et la production locale doit désormais s'assumer seule.


APRES LA GUERRE

C'est durant cette période que la production coréenne prendra son envol. Le premier film en couleur (The Women's Diary) est tourné par Hong Sung-gi en 1949, et les années 50 sont celles d'un renouveau menant à l'Age d'or. Le cinéma coréen se reconstruit (les films ont été perdus et les équipement détruits) à travers quelques films majeurs: The Housemaid de Kim Ki-Young, Obaltan de Yu Hyun-Mok ou de nouvelles adaptation du conte populaire de Chunhyang. Le gouvernement appuie alors la production en obligeant les producteurs à sortir au moins 15 films par an. Cette période favorable durera jusqu'aux 70's. Le public va peu à peu déserter les salles à mesure que les téléviseurs vont pénétrer les foyers. Néanmoins, des auteurs importants naissent durant cette période, comme Im Kwon-Taek, qui commence à être reconnu à partir de Mandala en 1981. La diffusion de films coréens lors de festivals devient alors une nouvelle fenêtre vers l'extérieur, et une façon pour le cinéma national de survivre. L'autre gilet de sauvetage, ce sont des mesures prises pour soutenir la diffusion des œuvres maison. Tandis que la loi sur l'admission des films étrangers sur le territoire est assouplie, un quota est créé au début des années 90, stipulant qu'une salle coréenne doit diffuser des films coréens au moins 106 jours par an. De plus, les moyens de productions évoluent vers le haut, et ce en quelques années. En 1995, le coût de production d'un film est en moyenne de 769.000$, en 2000, ce chiffre est passé à 1.654.000$. Le nombre de films produits a baissé au profit d'investissements plus importants pour chaque pièce.


NOUVELLE RENAISSANCE

L'addition d'une création en ébullition et de structures favorables (souvent orchestrées par la Kofic, équivalent coréen du CNC) mènent ainsi au banco: alors qu'en 1991 on comptait 52.2 millions de spectateurs en salles (pour un parc de 762 écrans), l'année 2000 a affiché un score de 64.6 millions (dans 720 salles), après un creux en 1996 (42.2 millions). L'assouplissement de la loi sur l'admission des films étrangers n'a finalement pas eu d'effet dévastateur, au contraire. La part de marché nationale est de 45.2% en 2002, avec une pointe à 46.1% en 2001. Sidus Corp, Myung Film, Kang JeGyu Films et Tube Entertainment sont les principales sociétés de production à en profiter grâce à des films atteignant des sommets. En 3 ans, le record historique d'entrées a été battu 3 fois: en 1999 par Shiri (2.448.399 spectateurs sur la seule ville de Séoul qui compte 10 millions d'habitants), en 2000 par Joint Security Area (2.509.133 là encore dans la capitale), et en 2001 par Friend (2.579.950). A titre de comparaison, le premier épisode du Seigneur des anneaux) n'avait rassemblé "que" 1.3 millions de spectateurs. En 2002, Marrying the Mafia a rassemblé 5 millions de personnes dans tout le pays, soit un score équivalent à celui des Deux Tours, surpassant les Harry Potter (4.3), Minority Report (3.3) ou Spider-Man (2.9). De plus, il ne s'agit pas d'événements isolés: sur les 10 plus grosses entrées en 2002 figurent 5 films coréens. Mieux, en 2001, il y avait 4 films coréens dans les 5 plus gros succès de l'année.


CA COMMENCE AUJOURD'HUI

Paradoxalement, les plus gros cartons au box-office sont les films les plus invisibles à l'étranger. Il s'agit souvent de productions à grand spectacle ou de comédies à large public calibrées pour l'audience locale. Ceux qui parviennent sur d'autres continents sont plutôt les bêtes de festival, récoltant parfois quelques solides succès dans le pays, comme les films d'Im Kwon-taek, ou les fruits de la frange indépendante (parmi eux Bad Guy de Kim Ki-duk, Failan de Song Hae-sung, Memento Mori de Kim Tae-yong et Min Kyu-dong, ou encore les expériences de Hong Sang-soo). Et la roue continue de tourner dans le bon sens en 2004. A travers une même dynamique festivalière, les poulains coréens ont établi une razzia impressionnante sur les prix. Triomphe à Gérardmer pour 2 sœurs, à Cognac pour Memories of Murder et à Deauville avec A Good Lawyer’s Wife. Dans la course à la Palme d’or, on sait qu’il s’en est fallu de très peu pour que Old Boy ne reçoive la récompense suprême à la place de Fahrenheit 9/11. Mais au-delà de garnir les étagères nationales de quelques breloques dorées (on peut ajouter également le prix de la mise en scène reçu par Kim Ki-duk à Berlin pour Samaria), ce phénomène indique avant tout le niveau exceptionnel de production et sa maîtrise de tous les genres – drame, fantastique ou bien polar. Les techniciens sont d’excellent niveau, les auteurs se bousculent et le public répond présent. Le cinéma coréen vit tout simplement son heure magique où même le ministre de la culture est un cinéaste émérite (Lee Chang-dong, réalisateur du magnifique Oasis). Du côté de l’animation, le Corée ne se contente plus de sous traiter pour d’autres pays mais travaille sur ses propres productions (Wonderful Days, Mari Iyagi). Nouvel horizon: en France, Printemps, été, automne, hiver…et printemps dépasse les 200.000 entrées, après qu’Im Kwon-taek ait atteint les 250.000 spectateurs avec Ivre de femmes et de peinture). Dans son heure de folle richesse, le cinéma coréen a encore beaucoup à conquérir.





 
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