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LA COMEDIE DES FRERES COEN


Forts de onze long-métrages, la carrière des frères Coen peut sommairement se scinder en deux. D'un côté les films noirs, sombres et parfois durs tels que Fargo et de l'autre, les comédies, à l'image de ce tout récent Ladykillers. Entre les deux se situe la vérité. Rien n'est jamais entièrement clair ou obscur chez les Coen. Comédie hommage à Chandler ou polars peuplés d'idiots, l'absurde n'est jamais loin. Filmographie sélective du couple de réalisateurs le plus intéressant des Etats-Unis..


INTOLERABLE CRUAUTE
(Joel Coen - Etats Unis - 2003)
Avec George Clooney, Catherine Zeta-Jones, Geoffrey Rush.

Les frères Coen semblent bien décidés à ne pas céder à la médiocrité, et s’obstinent à nous livrer tous les deux ans un métrage de qualité, se moquant éperdument des standards en vigueur à Hollywood. Soufflez-leur un policier et ils vous apporteront Fargo, commandez-leur un film d’aventures et ils vous offriront O’Brother. Un film de genre? Pas de problèmes, mais à condition de contrarier la structure, d'adjoindre des seconds rôles colorés et d’injecter des dialogues savoureux (de la musique, comme toujours chez les Coen). Ici, la comédie romantique; un genre tristement noyé dans la guimauve, la prévisibilité et l’indigence scénaristique depuis les pérégrinations multiples et inégales de Meg Ryan, et qui ne fait même plus réellement recette. Les spectateurs sont lassés, en ont plus qu’assez, et connaissent par cœur les étapes obligées que le duo star devra traverser avant de "conclure". Ils se détestent, puis s’aiment (avec répétition des deux couplets pour ceux qui tentent en vain de créer un suspense...), voilà tout, vous pouvez éteindre les lumières. Vérifiez que vous n’avez rien oublié sur votre siège. Ici, les Coen ne cherchent pas à attendrir l’audience, à tirer les larmes ou les flèches de Cupidon. Sous une couverture de classicisme absolu, ils déroulent une histoire entendue, et préfèrent l’humour à l’amour. Et comme une récompense, parviennent à réunir les deux, avec simplicité. On pourrait d’ailleurs un temps se laisser convaincre par l’absence de ce cynisme qui fait le cinéma des frangins, mais... Oui, comment avez-vous deviné?




O BROTHER WERE ART THOU
(Joel Coen - Etats Unis - 2000)
Avec George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson.

Epopée musicale, O Brother suit un Ulysse malfrat dans le Sud des Etats-Unis, une fripouille à la chevelure gominée préservée par une résille de nuit et dont la Pénélope n'a jamais attendu le retour. C'est L'Odyssée version frères Coen. Dans une atmosphère de rédemption typique des Etats sudistes durant les années vingt - trente, le candidat au poste de Gouverneur côtoie un cyclope membre du KKK, les baptistes partagent la même eau que des sirènes transformées en Classic Blues Singers, Penny, du haut de son nom de pièce de monnaie, a délaissé la fidélité de son ancêtre pour des motifs cupides et enfin les compagnons, répondant aux doux nom de "Culs Trempés" et réduits à trois, comptent deux benêts évadés de prison et un guitariste noir, rencontré en route, ayant vendu son âme au diable. Superposant deux courants de croyances (mythologie de l'antiquité classique d'un côté et bonne parole portée par les prédicateurs de l'autre), se servant du plus ancien pour désamorcer le second, les deux scénaristes signent de leur seau incomparable une comédie exubérante et enchantée. De plus, le film marque le grand retour de George Clooney à la farce intelligente. Petite moustache à la Clark Gable, regard éclatant, sourire frisottant, l'acteur se montre impérial dans son rôle de héros de pacotille. A ses côtés le reste du casting est tout aussi impressionnant. De Tim Blake Nelson à John Turturro en passant par John Goodman et Holly Hunter, tous les seconds rôles sont savamment interprétés et mis en scène. Une vraie réussite qui préfigurait largement le travail du nouveau Ladykillers.

Julie Anterrieu



THE BIG LEBOWSKI
(Joel Coen - Etats-Unis - 1998)
Avec Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore.

A la sortie de Fargo, les deux frères prirent une nouvelle tangente. De la neige au soleil californien, d'abrutis kidnappeurs en kidnappeurs abrutis, les Coen jouent une nouvelle fois sur la corde sensible du film noir. The Big Leboswki détient cette flamme d'inspiration géniale, d'une densité incroyable, il résiste aux multiples visions qui révèlent toujours un peu plus son incroyable complexité. L'intrigue – un kidnapping – importe moins que la galerie de personnages qui gravitent autour. Depuis l'ami fidèle gun-freak jusqu'à l'artiste féministe peignant avec son vagin, sans oublier le Dude lui-même, rien n'importe plus qu'un protagoniste bien écrit. En plus de la galaxie habituelle des Coen – John Goodman, Steve Buscemi, John Turturro – vient se greffer un acteur has-been: Jeff Bridges. Pourtant, c'est son flegme, sa balourdise et sa cool attitude qui fournissent à The Big Leboswki sa patte particulière. Au-delà de la force du personnage du Dude, se trouve un assortiment d'êtres étranges, barrés, mal lunés et fous. Entre un groupe de nihilistes allemands – avec une Aimée Mann au pied léger – un millionnaire esbroufeur impotent et un producteur porno vaguement mafieux, personne ne semble connaître les grâces de la norme et de la simplicité. C'est dans cette folie ininterrompue, folle et joyeuse que les frères Coen connaissent leur meilleur jour. Le spectateur est un pion, emmené par son incrédulité face aux débordements de crétinerie d'un film pourtant gorgé d'intelligence. Leur probable meilleur film est un hommage à un pan de culture californienne, celle des oubliés, des marginaux du soleil. Où l'essentiel de la vie se résume à une partie de bowling.

Nicolas Plaire



ARIZONA JUNIOR
(Joel Coen - Etats-Unis - 1986)
Avec Nicolas Cage, Holly Hunter, Frances McDormand, John Goodman.

Probablement le film le plus méconnu de la carrière des frères Coen, Arizona Junior est sans conteste le plus drôle et le plus optimiste. Dans une impressionnante introduction de plus de dix minutes le spectateur fait connaissance avec les deux personnages principaux, Hi, voyou multirécidiviste, et Ed, officier de police. Une belle histoire d'amour contrariée par la stérilité de Ed et Le couple décide de kidnapper un des cinqtuplés du milliardaire local qui "en a plus qu'il ne peut s'occuper". Commence alors la difficile vie de parents, d'autant plus qu'une chasse au bébé est lancée, que deux anciens co-détenus de Hi se font la belle et viennent s'installer chez les jeunes parents et que le motard de l'apocalypse, Leonard Small, est sur la trace du bébé et de ses ravisseurs. Arizona Junior est une comédie parfaite doublée d'un regard ironique sur l'Amérique profonde. Des dialogues percutants pour des personnages hauts en couleurs, notamment le redoutable Leonard Small, dit Lenny pour les intimes.. qu'il n'a pas, des gags comme s'il en pleuvait avec une atmosphère de joyeuse hystérie rythmée par la musique de Carter Burwell. La cerise sur le gâteau étant le casting de choix. Nicolas Cage et Holly Hunter en parents de choc, et deux habitués de l'univers des frères Coen, John Goodman et Frances McDormand pour un second rôle magistral. A (re)découvrir sans perdre une minute.

Carine Filloux





 
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