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LA TRILOGIE VIETNAMIENNE D'OLIVER STONE


Sans vouloir faire une analyse trop lourdement symbolique d'une trilogie qui n'est pas censée en être une, force est de reconnaître la belle cohérence des trois films qu'Oliver Stone a réalisés sur la guerre du Viêt-Nam entre 1986 et 1993. Platoon, Né un 4 juillet, Entre ciel et terre. Trois points de vue sur le drame, trois variations différentes sur un même conflit. Et une progression lente entre l'enfer vécu par le troufion, la rédemption du vétéran blessé, et finalement l'accession à la sagesse de la survivante...


LA PREMIERE TENTATION DE CHRIS

Revenu profondément marqué de la guerre du Viêt-Nam, Oliver Stone pensait que cette blessure resterait trop longtemps ouverte dans l'inconscient collectif américain pour permettre une mise en images avant plusieurs décennies. C'était sans compter sur le triomphe du Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino, qui ouvre la porte au projet Platoon, film-somme avant l'heure qui relate de manière quasi-autobiographique l'expérience du jeune Stone sur le front. Le ton est celui de la première période du cinéaste, plus posé, plus symbolique. Charlie Sheen interprète Chris, l'alter-ego de Stone, une jeune recrue tiraillée entre deux supérieurs: le psychopathe Barnes (Tom Berenger) et le sage Elias (Willem Dafoe). A la différence du Full Metal Jacket de Kubrick, Stone fait fi de tout cynisme et livre un affrontement épuré entre le bien et le mal. Chaque partie se dispute le cœur du jeune engagé au nom christique, jusqu'à ce que, dans un nuée de violence, le cruel Barnes l'emporte sur Elias. Platoon n'est pas distancié, n'est pas mythologique, n'est pas esthétisant; le Vietnam y est montré avec une brutalité rare, dans un style lyrique et étouffant. Voyage au bout de l'enfer, c'est bien le mot.


BATTLE HYMN OF THE REPUBLIC

Né un 4 juillet a ceci de spécial qu'il semble reprendre l'histoire exactement où Platoon l'avait laissée. Chris est devenu Ron, et à une histoire vécue mais digérée (celle de Stone) succède un véritable récit reconstitué. Ron Kovic donc, Tom Cruise, qui perd ses deux jambes au Viêt-Nam et entreprend de dénoncer la guerre et les politiques qui l'ont laissé tomber. Après les interrogations du Viêt-Nam vient la prise de conscience: oui, nous avons été trahis, oui, nous avons souffert pour une cause injuste. Le récit est frappant de dureté et la mise en scène fait ressembler le parcours de Ron à un cauchemar éveillé. Si Né un 4 juillet perd un peu de la force universelle qu'avait Platoon, c'est pour mieux assumer son statut de pamphlet ancré dans une époque. La rage dénonciatrice de Stone prend forme et JFK n'est plus très loin. Amorçant des thèmes qui seront plus tard dans Nixon, et allant jusqu'à montrer des scènes telles que la nomination du président que l'on reverra sous un autre angle six ans après, Né un 4 juillet est l'un des films les plus virulents et les plus ciblés de Stone, mais le cinéaste ne perd rien de son sens de la narration ou de son goût pour ses "autres mondes", tel que le désert où part s'exiler Ron.


ELEVATION

Une autre victime de la guerre, mais cette fois, nous sommes du côté des Vietnamiens. Entre ciel et terre raconte l'histoire vraie de Le Ly Hayslip, des conséquences du conflit sur sa famille et de sa rencontre avec le Marine Steve Butler (Tommy Lee Jones), qu'elle épouse et qui l'emmène avec lui aux Etats-Unis. Le film est clairement articulé en deux parties, la première montrant avec force lyrisme le calvaire vécu par le peuple vietnamien, la deuxième prenant un ton quelque peu plus léger et décrivant la triste vie des classes moyennes américaines. Complètement oublié dès sa sortie, Entre ciel et terre a le mérite d'être le seul film américain mainstream à réellement montrer l'autre côté du conflit. A travers le récit de Le Ly, Oliver Stone ne cherche rien à part exorciser ses démons. Survivre et témoigner de la guerre est une chose, mais se reconstruire en est une autre. Ce beau portrait de femme, et sa bouleversante relation avec celui qui était hier son ennemi, représente pour Stone la fin d'un cycle, une blessure qui se referme. De l'enfer de la jungle, Stone a petit à petit accédé à un paradis bouddhiste. Si l'histoire est encore à écrire (et Nixon, réalisé deux ans plus tard, continuera à parler du Viet-Nâm), c'est bien une page qui se tourne dans la carrière du cinéaste.






 
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