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DOCTEUR MICHAEL ET MISTER MOORE


Michael Moore ou la fulgurante ascension d'un poil à gratter du Michigan devenu l'ennemi médiatique numéro 1 de l'actuel président des Etats-Unis, George W. Bush. Célébré à Cannes par une Palme d'or peut-être trop prestigieuse pour son dernier pamphlet, Fahrenheit 9/11, il subit désormais un retour de flamme par la critique française qui le trouve trop démago pour être honnête. Filmdeculte a choisi son camp, celui d'un homme qui, caméra au poing, refuse la fatalité et part au combat pour un monde plus juste.


LE JE EST HAISSABLE

Premiers reproches adressés à Michael Moore: son absence d'objectivité et le fait qu'il aime se mettre en scène, en situation, pour ridiculiser la parole et la pensée d'autrui, qu'il s'accapare la vedette pour s'attirer la gloire. Des griefs qui feraient de lui un piètre documentariste incapable de s'effacer derrière son sujet et les témoignages qu'il obtient. Sauf que justement, le travail du cinéaste originaire du Michigan dépasse le cadre du documentaire traditionnel au sens strict du terme. Michael Moore ne cherche pas à représenter une réalité mais à questionner celle-ci, il n'essaie pas de présenter un panorama neutre des événements mais au contraire de démontrer que son point de vue est le seul et unique envisageable. Ancien syndicaliste, il pratique aussi l'outing, l'appel à la puissance médiatique pour débloquer des situations complexes. Alors bien sûr, on peut critiquer son ironie et son sens de la manipulation mais, en se mettant au centre de son dispositif, il a le mérite de subjectiver au maximum le contenu de ses longs métrages. Le spectateur ne peut se tromper: Michael Moore exprime par le biais de ses livres et de ses films son approche de l'actualité ou de tel ou tel fait de société.


TRIBUNE POLITIQUE

Avec Fahrenheit 9/11, Michael Moore irait trop loin car il ferait de la propagande pour le partie démocrate et contre Georges W. Bush. Oui et alors? Il n'a jamais caché que l'objectif de son film était de nuire à l'actuel président des Etats-Unis. Mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel prix. Hormis quelques raccourcis maladroits - une coalition qui se résume à de petits pays européens et oublie l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie ou le Japon, une vision enchanteresse de l'Irak avant le début de la guerre -, il ne convoque dans son dernier film que des faits relatés dans la presse. Il ne se place ni en expert, ni en journaliste mais en observateur, en éditorialiste. Reproche-t-on à Libération, L'Humanité ou Le Figaro de raconter l'actualité par le prisme d'une idéologie quelconque? Non bien sûr, à partir du moment où l'on connaît d'avance les règles du jeu. Et avec Michael Moore, aucune incertitude possible. Dès lors, reprocher à Fahrenheit 9/11 d'être un film de propagande revient à mettre en doute sa nature profonde, à juger ce qui est du cinéma et ce qui n'en est pas. Et si l'on fait un tel procès à ce long métrage, il faut avoir le courage de l'étendre ensuite à l'ensemble des oeuvres qui contiennent un aspect politique proclamé ou sous-jacent, des films de Ken Loach aux documentaires de Raymond Depardon.


LA RANÇON DE LA GLOIRE

La violence des critiques envers le dernier film de Michael Moore a sans doute été exacerbée par la nouvelle stature pris par l'Américain devenu, depuis Bowling for Columbine, l'un des chantres de la protestation mondiale. La Palme d'or reçue au dernier Festival de Cannes n'a pas arrangé les choses, surtout pour les tenants de l'orthodoxie du cinéma d'auteur qui n'ont pas manqué de souligner que Quentin Tarantino et Michael Moore partageaient les mêmes producteurs, les frères Weinstein de Miramax, oubliant par la même occasion que le jury était composé de neuf membres. Visiblement, le cinéaste ne serait pas le seul à sombrer parfois dans le raccourci simpliste.. On reproche également au réalisateur de Roger et moi sa nouvelle fortune, les gardes du corps qu'il engage pour ses déplacements et l'inscription de sa fille dans un lycée privé. Du grand n'importe quoi. Suivant ce raisonnement absurde, un prolo qui deviendrait riche perdrait son droit de parler de la pauvreté et il faudrait connaître les feuilles d'impôt des réalisateurs avant chaque film social pour juger de sa compétence. Même si les films de Michael Moore ne sont pas exempts de défauts, ils ont au moins un mérite que personne ne peut remettre en cause: provoquer le débat, susciter l'intérêt pour l'actualité internationale et remettre la politique au coeur des discussions. En ces temps de désaveu démocratique, c'est une mission d'utilité publique.





 
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