De A à Z
Cette Semaine
Planning des Sorties
Par Réalisateur
Autour du Cinéma
Films Cultes

Tests DVD
Par Editeur
Planning des Sorties
Boutique DVD

Portraits
Culcultes
Galeries Photos

Gros Plans
Dossiers
Entretiens

News ciné
Box-Office
Notes

Nouveaux forums !!
Concours
Newsletter
Liens web

Films de Van Damme
Location de DVD
Carlotta Films
One Plus One
Conception web
Michael Cimino







LE TRAUMA DU PASSE CHEZ CLINT EASTWOOD - LES TRACES LAISSEES PAR DES ACTES DE VIOLENCE


A l'occasion d'un entretien au sujet de Mystic River, Clint Eastwood déclarait: "J'ai toujours été fasciné par les victimes, y compris dans mes films d'action, y compris dans l'Inspecteur Harry. Par la façon dont un incident a pu déterminer le cours de leur existence et les conduire là où ils ont abouti." Retour sur les représentations de ce thème dans la carrière du réalisateur.


TOUR D'HORIZON

De victime à bourreau, il n'y a qu'un seul pas. C'est autour de ce concept que Clint Eastwood va d'abord orienter son analyse. Depuis son deuxième film L'Homme des hautes plaines sorti en 1973 jusqu'au Retour de l'inspecteur Harry, en passant par Josey Wales, hors-la-loi, les victimes sont traversées par un fort désir de vengeance qui ne sera assouvi qu'une fois leur agresseur tué. Les meurtriers et les violeurs doivent être punis pour les crimes qu'ils ont commis. Cette idée se retrouve également en filigrane dans La Sanction et Pale Rider. A partir de 1990, le réalisateur change de perspective et se place du côté du prédateur. Le rapport victime/bourreau se complexifie, la limite entre les deux s'atténue. Sans dénoncer la violence, il la montre comme un acte profondément cruel au travers des personnages de John Wilson (Chasseur blanc, cœur noir) et de William Munny (Impitoyable). Les titres de ces deux films sont d'ailleurs évocateurs du trait de caractère de ces deux hommes. Victimes d'eux-mêmes, ils sont leurs propres démons.


Le personnage de Butch Haynes dans Un Monde parfait en est un cousin éloigné. Moins cruel, il reste dans la lignée de ses prédécesseurs. Ce thème de la violence comme élément d'autodestruction se retrouve également dans Les Pleins pouvoirs et Minuit dans le jardin du bien et du mal, à la seule différence que, dans les deux cas, le crime est commis de manière "involontaire" mais ne s'en trouve pas pour autant légitimé. En 1999 avec Jugé Coupable, ce n'est plus seulement l'impact de la violence qui est mis en question, mais également celui de sa répression. Après un retour à un schéma plus classique de Créances de sang, Clint Eastwood s'est attaqué au sujet de manière plus frontale que jamais. Mystic River est la synthèse de toutes ces interrogations soulevées trente ans plus tôt.


ANALYSE DE LA SCENE DE PRISE DE CONSCIENCE DANS IMPITOYABLE

La scène se situe en fin de film, avant l'affrontement final, après que William Munny et le Kid aient tué le dernier des deux cowboys qui avaient tailladés la prostituée (enjeu de départ du film). Elle s'ouvre sur un plan large des deux hommes (photo 1) immédiatement suivi par un contre-champ sur une ville au loin, dont s'échappe une silhouette à cheval s'avançant vers eux (photo 2 - plan qui entrecoupe la scène à plusieurs reprises, montrant l'évolution de l'avancée du cavalier, et servant de transition aux différentes étapes de la prise de conscience des deux hommes). En l'espace de quelques secondes Clint Eastwood installe l'action. William Munny et le Kid attendent leur récompense à l'extérieur de Big Whiskey. Le plan se resserre (photo 3). William Munny scrute la silhouette à l'horizon alors que le Kid s'interroge. Est-ce que l'homme qui l'accompagne a réellement vécu une partie de sa vie dans cette ambiance de violence qu'il vient d'expérimenter? Ce questionnement engendre une différenciation entre les deux personnages. Ils ne sont plus à égalité devant l'acte qu'ils viennent d'accomplir. Alors que l'un était un coutumier du fait, l'autre le découvre à peine. Pour souligner cette opposition, Clint Eastwood a choisi un montage alterné de plans moyens des deux protagonistes. William Munny, en légère contre-plongée, le plaçant "au dessus", toujours debout face à l'horizon (photo 4); le Kid, assis, les jambes de Munny en amorce (photo 5), essayant de se raccrocher au passé de son aîné pour justifier ses actes. Il vient de tuer un homme désarmé.


Le Kid continue en se confessant à Will. Il n'avait jamais tué personne avant. Les cadres se resserrent de nouveau sur chacun des deux hommes (photos 6 et 7) devenant plus intimes en accord avec les révélations qui sont faites. Si William Munny avait déjà anticipé ces aveux, le fait que le Kid passe par cette étape souligne sa prise de conscience. Il n'est pas un tueur dans l'âme contrairement à ce qu'il voulait faire croire, mais il ne pourra plus mener la même vie, ni jamais vivre celle dont il aurait rêvé, car son acte criminel pèsera à jamais sur lui. Cette dernière idée est renforcée par la réplique de William Munny: "En tout cas ce salopard, aujourd'hui, c'est sûr que tu l'as tué" qui est immédiatement suivie d'un plan serré sur le visage du Kid (photo 8). Le réalisateur change alors d'axe, montrant en vue subjective le visage de Munny de profil (photo 9). Il détache, pour la première fois depuis le début de la scène, son regard de l'horizon, pour s'adresser au Kid. Se servant d'un plan (de type photo 2) sur la cavalière désormais proche des deux hommes, et qui apparaît maintenant comme une vue subjective de Munny (ce qui sera confirmé dans la scène suivante), Clint Eastwood crée un raccord regard, et revient sur un contre-champ du visage de Munny en gros plan (photo 10). Le court dialogue qui s'en suit est le plus significatif du film quant à la question de la répercussion des actes de violence. Après une définition de l'acte meurtrier ("Tuer un homme c'est quelque chose. On lui retire tout ce qu'il a et tout ce qu'il pourrait avoir") Munny conclue la scène dans une prise de conscience existentialiste. "On a tous un jour ce qu'on mérite".







 
ACCUEIL | CONTACT | NOTES | AJOUTER AUX FAVORIS