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WONG KAR-WAI:
PAR-DELA LES NUAGES



Esthète averti, Wong Kar-Wai puise son art de diverses influences: cinématographiques, littéraires, ou même photographiques. Si, de son propre aveu, le cinéma européen des années soixante - notamment italien (Michelangelo Antonioni, référence évidente) et français (la Nouvelle Vague) - l'a profondément marqué, ses longs métrages ne sont pas de simples redites mais l'expression d'un style unique, immédiatement identifiable et, rançon de la gloire, souvent copié par les réalisateurs contemporains. Un état des lieux non exhaustif s'imposait.


APPRENTI CINEPHILE

"A Hong-Kong, dans les années soixante, aller au cinéma était un événement. Nous avions des cinémas pour les films hollywoodiens, les productions locales, les longs métrages, mais il n'existait pas de label d'art et d'essai. Même les réalisations de Federico Fellini étaient considérées comme des films commerciaux. Enfant, j'ai souvent accompagné ma mère au cinéma.". Wong Kar-Wai résume ainsi son parcours de cinéphile dans un entretien donné à un site américain. Cet esprit d'ouverture forgé dès le plus jeune âge ne sera jamais démenti. Il avait même par "mégarde" irrité une partie de la presse française en citant ses auteurs préférés dans le dossier de presse de Chungking Express. On y retrouvait pourtant que du beau monde: Jean-Luc Godard, François Truffaut ou encore Michelangelo Antonioni… Humble, il citait là trois influences majeures pour ses longs métrages à venir. Du premier, il a conservé l'amour du cinéma capté sur le vif et les histoires d'amour contrariées (A bout de souffle, Le Mépris), du deuxième le romantisme littéraire, une voix off bienveillante et l'évolution sentimentale d'un personnage sur plusieurs films. Mais c'est évidemment le cinéma du chef italien qui semble avoir le plus frappé l'ami Wong. La filiation stylistique crève l'écran. On retrouve la même sophistication des plans, l'étirement contemplatif des séquences et enfin un soin perfectionniste pour le moindre détail. Les postures des acteurs et des femmes fatales qui peuplent l'univers du cinéaste hong-kongais rappellent celles des égéries italiennes du cinéma de Fellini, Antonioni ou Visconti.


PAPILLONS DE NUIT

Autre référence majeure: Alfred Hitchcock. Wong partage avec le maître anglais du suspense un goût prononcé pour le fétichisme. In the Mood for Love peut même être perçu comme une relecture de Sueurs froides, l'intrigue policière en moins, les effusions sentimentales en plus. Comme dans le chef-d'œuvre d'Alfred Hichcock, le personnage central s'ingénie à remodeler une femme à l'image de son fantasme passé et finit par en tomber amoureux. Dans 2046, ce héros récurrent espionne ses voisines par un trou dans le mur, image bien sûr volée à Psychose. La parenté n'avait pas échappé à Gus Van Sant qui, pour son remake plan pour plan du célèbre film d'horreur, avait fait appel au chef opérateur attitré de Wong Kar-Wai, Christopher Doyle. Le cinéma hollywoodien de l'âge d'or a aussi bercé le cinéaste chinois qui rend hommage à trois stars mythiques des années cinquante dans 2046, véritable film-univers: Clark Gable (la petite moustache arborée par Tony Leung), Rita Hayworth dans Gilda (le port du long gant noir par Gong Li) et Audrey Hepburn (la robe étoilée et le personnage de peste incarnée par Zhang Ziyi). Lors des séquences futuristes, les personnages évoluent dans un décor que n'aurait pas renié le réalisateur américain Stanley Kubrick pour la création de la station orbitale de 2001, l'Odyssée de l'espace et ce, jusque dans le look très sixties des hôtesses à émotions différées.


DOMAINE ETRANGER

Wong Kar-Wai franchit allègrement les frontières du cinéma pour puiser son inspiration dans toutes les formes artistiques. Pour Happy Together, il s'est notamment servi des travaux de la photographe américaine Nan Goldin pour créer la chambre des deux amants maudits. De même, le design et la mode contemporaine comptent parmi ses références pour mettre en place, avec son assistant William Chang, les différents décors de ses longs métrages, véritables installations graphiques. Au-delà du style visuel, Wong a développé une narration qui lui est propre, sans linéarité directive. Il a été très impressionné par la littérature sud-américaine et son art exquis de la digression. Parmi ses auteurs de chevet, on retrouve Jorge Luis Borges, Gabriel Garcia Marquez et Manuel Puig. Le titre de travail de Happy Together était d'ailleurs Buenos Aires Affair, le nom d'un roman de Puig. Dans un entretien accordé à la presse américaine, Wong explique cette passion avec fièvre: "Dans la littérature chinoise, le plus important reste le thème et la façon dont l'histoire s'articule autour. Mais sur la manière de raconter, sur la forme, j'ai beaucoup appris de Puig et de Marquez car celle-ci est parfois rattachée au thème et même conditionnée à lui. La forme et le fond sont liés." Et quand il rend hommage aux traditionnels wu xian pian en mettant en scène Les Cendres du temps, il continue d'explorer une nouvelle forme de narration, et prend ainsi à contre-courant les spectateurs chinois. Néanmoins, il ne néglige pas les romanciers chinois contemporain. In the Mood for Love est notamment une adaptation très libre de Tête-bêche de Liu Yichang, un écrivain installé à Shanghai (Duidao - Changpian xaioshuo, traduit du chinois par Pascale Wei-Guinot), Ed. Philippe Picquier, 2003, 182 pages).





 
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