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Naomi Watts





"Never give up, never surrender": telle pourrait être la devise de miss Naomi Watts, revenante promue au rang des espoirs après son passage remarqué chez David Lynch. La route de Mulholland est-elle commune à celle de l'Eldorado?


MY NAME IS MIGHT HAVE BEEN

Née le 28 septembre 1968 à Shoreham en Angleterre, Naomi débarque avec sa mère en Australie à 14 ans, quelques années après la perte de son père. C'est l'ère des horizons neufs: elle commence à courir les castings et à faire des rencontres. Ainsi, lors de l'un d'eux, pour une publicité où les jeunes filles gambadent en bikini, elle fait la connaissance d'une certaine Nicole Kidman. C'est le début d'une indéfectible amitié entre les deux belles, qui se retrouveront quelques années plus tard à l'affiche de Flirting, film qui remplit assez joyeusement son quota "jeunes fleurs" (Thandie Newton complète d'ailleurs le trio de beautés). Mais aussi fleuri (ou plutôt floral) qu'il soit, le rôle de Naomi est très secondaire, tout autant que pour son premier film, For Love Alone, où elle est créditée comme "Leo's girlfriend" - autant dire que le syndrome "potiche au fond du jardin" guette.


Après quelques séries télévisées, Watts se contente des rôles taille schtroumpf, comme dans le Panic à Florida Beach de Joe Dante, avant d'obtenir son premier rôle important dans Gross Misconduct, où elle interprète une professeur plus que charmée par l'un de ses élèves. Ce qui ressemble à une opportunité de tournant de carrière apparaît avec Tank Girl, adaptation filmée d'un comic où elle tient un rôle important, mais ledit virage se terminera dans le fossé: critique catastrophique et box-office au diapason. La suite se composera de navets, d'inédits ou de films passés inaperçus, la seule véritable perle jusqu'alors dans sa filmographie restant une participation vocale au splendide Babe: le cochon dans la ville. En 2001, elle tourne dans Down, film bien nommé: le fond du puits, Naomi commence à bien le connaître. Mais l'acharnement finit par payer: après une dizaine d'années sans grand éclat, Naomi Watts croise la route de David Lynch.


HEY, PRETTY GIRL... TIME TO WAKE UP

Au départ, Mulholland Drive est censé n'être qu'une série télévisée, mais le projet se transformera en long métrage. A travers un songe tourmenté où sont convoqués les codes du cinéma hollywoodien et les obsessions du cinéaste, Watts explose dans le rôle d'une jeune actrice qui débarque dans la Cité des Anges en rêvant de gloire - comme un symbole pour celle dont la carrière a longtemps mariné. Le film, présenté à Cannes, permet au public de la découvrir et au métier de l'apprécier. Elle reçoit ainsi une pluie de récompenses pour sa sensationnelle performance, et se fait un nom, la même année où son amie Nicole Kidman triomphe dans Moulin Rouge! et Les Autres. Mais une question demeure: Lynch s’étant spécialisé, du chant du cygne de Richard Farnsworth dans Une histoire vraie à son fétiche 80’s Kyle MacLachlan, en passant par la BA Laura Elena Harring, dans l'interprète à usage unique, comme s'il en tirait toutes les forces, essorant à un point tel que le lendemain n'est pas envisageable, Watts avait elle un autre chemin à parcourir au-delà de Mulholland Drive?


Naomi contourne rapidement ce sort avec Le Cercle. Remake du film d'horreur japonais Ring, ce long métrage fut un carton surprise aux Etats-Unis. Watts, admiratrice de Julianne Moore, Jodie Foster et Meryl Streep, peut voir poindre des lendemains qui chantent: grâce à son interprétation intense de mère détruite dans 21 grammes de Alejandro Gonzalez Inarritu, elle obtient une distinction à la Mostra de Venise et se voit nommée aux Oscars. Elle a partagé ensuite avec Jude Law et Dustin Hoffman l'affiche de l’ovni J’adore Huckabees, dans lequel elle compose un numéro délirant de potiche émail diamant qui vire Amish au teint douteux. Après s’être égarée dans la suite ratée du Cercle, Naomi Watts se retrouve pour la première fois à la tête d’un blockbuster: le King Kong de Peter Jackson. Son rôle ne se limite pas à celui de la blonde plante aux cordes vocales aiguisées, car la relation avec le grand singe, équilibrisme casse-gueule par excellence, constitue l’un des points forts du film, tout comme le petit jeu sadique qui place la belle dans toutes les pires situations possibles trois heures durant. Les prochaines aventures de Naomi Watts seront plus modestes: avec The Painted Veil, elle sera de nouveau dirigée par John Curran, auteur de l’indé We Don’t Live Here Anymore.





FILMOGRAPHIE SÉLÉCTIVE:

2005 King Kong
2005 We Don't Live Here Anymore
2004 The Ring 2
2004 The Assassination of Richard Nixon
2004 I Heart Huckabee's
2004 Stay
2003 Le Divorce
2003 21 Grams
2003 Ned Kelly
2003 Rabbits (moyen-métrage)
2002 Le Cercle
2002 Plots with a View
2001 Mulholland Drive
1998 Babe: le cochon dans la ville
1998 La Courtisane
1995 Tank Girl
1991 Flirting
1986 For Love Alone

QUELQUES LIENS :

http://us.imdb.com/Name?Watts,+Naomi
http://www.users.ms11.net/~naomiwatts/



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