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Géant
Giant
Etats-Unis, 1956
De George Stevens
Scénario : Fred Guiol d’après le roman d’Edna Ferber
Avec James Dean, Elizabeth Taylor, Rock Hudson, Dennis Hopper, Caroll Baker, Jane Withers
Photo : William C. Mellor
Musique : Dimitri Tiomkin, J. Lance Sainclair
Durée : 3h21




Jordan Benedict, l’un des plus grands propriétaires terriens du Texas, part dans le Maryland acheter un cheval. Il en revient avec la bête et sa propriétaire, Leslie, qu’il vient juste d’épouser. Giant retrace l’histoire de cette nouvelle famille qui, à travers les générations, se bat pour préserver son ranch face au développement de l’industrie pétrolière mené par leur voisin et ancien ouvrier Jett Rink.


"I’M GONNA HAVE MORE MONEY THAN YOU EVER THOUGHT YOU COULD HAVE"

Troisième et dernier film de James Dean, sorti un an après sa mort et regroupant à ses côtés Liz Taylor, Rock Hudson et un Dennis Hopper encore tout jeune sous la houlette du grand George Stevens, Géant est un incontournable des années cinquante. Considéré désormais à la fois comme une curiosité et un film culte, il a été dès sa sortie un événement majeur dans l’histoire du cinéma américain. Adapté du roman d’Edna Ferber qui n’avait pas convaincu le milieu texan et certaines compagnies pétrolières, entouré par la disparition prématurée de sa star étincelante et adoubé du plus gros budget jamais dépensé par la Warner à l’époque (5,4 millions de dollars), ce géant de plus de trois heures était attendu avec impatience dans toutes les sphères sociales et économiques. Pari gagné par la major: si le film souffre un peu de sa longueur, il sera son plus gros succès (35 millions de dollars) jusqu’à la sortie des Superman dans les années soixante-dix. Géant est nommé neuf fois aux Oscars en 1957 dont ceux de meilleur film, meilleur réalisateur (que George Stevens remportera) et meilleurs acteurs dans un premier rôle pour James Dean et Rock Hudson (coiffés par Yul Brynner pour sa prestation exemplaire dans Le Roi et moi). Ressortis sur nos écran seulement en cette fin d’année 2003, le film avait été restauré en 1996 pour son quarantième anniversaire et comme projet pilote pour la mise sur le marcher d’un nouveau procédé Technicolor.


Comme son nom l’indique Géant est un véritable colosse imposant, de par son budget, son ampleur médiatique, sa longueur de métrage, mais également de par sa situation géographique, sa construction et les thèmes qu’il aborde. Comme le fera plus tard Sergio Leone dans Il était une fois en Amérique, George Stevens occupe ses 3h21 à suivre l’évolution d’une famille sur plus de vingt-cinq ans, portant un œil critique et même parfois très pessimiste sur les changements socio-économiques et physiques d’un Etat, d’un pays. Sur fond de western décadent mêlé de soap-opéra ancêtre de Dallas, il passe en revue tous les problèmes de sociétés de l’époque: le racisme, la différence de sexe, de classes et de génération, la course à la réussite, le rêve américain. Jouant de manière intelligente entre ces différentes strates, son côté réflexif apparaît comme novateur pour une époque où les problèmes raciaux et féministes faisaient à peine surface. Assez contemplatif dans son ensemble, laissant parfois l’intrigue au second plan, Géant se place désormais comme LA référence visuelle du début de l’industrialisation texane. Puits de pétrole à perte de vue entre lesquels broutent des troupeaux de vaches, ranch perdu au milieu de vastes étendues arides, Liz Taylor portant la main à la patte coiffée d’un triangle de tissu sali, James Dean sous son stetson allongé en bas de cadre soulignant l’étendu du paysage: ces images du Texas donnent une impression d’immensité à présent tellement familière…


"YOU DO LOOK PRETTY MISS LESLIE"

Pour son premier film hors contrat, George Stevens avait décidé de s’occuper lui-même de son casting. La question principale reposait sur le choix des trois personnages que sont Jodan et Leslie Benedict, et Jett Rink, qui traversent plus de vingt ans d’histoire et doivent donc porter les marques physiques du temps. Contrairement à l’habitude hollywoodienne qui se veut de faire appel à des acteurs confirmés d’âge mur que l’on rajeunit, le réalisateur a ici préféré prendre le contre-pied en utilisant des jeunes gens de moins de trente ans (24 pour James Dean et Liz Taylor et 28 pour Rock Hudson) et de les vieillir par la suite. Si James Dean et Liz Taylor ont eu parfois quelques difficultés à se mettre dans la peau d’adultes dans la fin de leur quarantaine, Rock Hudson est quant à lui parfaitement remarquable et tout à fait juste en texan vieillissant. Cette idée quelque peu novatrice, qui s’est avéré être l’un des éléments déterminants dans le succès du film, lui a permis de créer le couple improbable Taylor – Hudson. Mal assorti mais très réaliste, il reflète parfaitement le décalage qui existe entre Jordan et Leslie Benedict, celui-là même qu’ils essayent de combler tant bien que mal. Face à un mari viril taillé dans le roc, symbole de la masculinité et de l’esprit étroit que l’on prête généralement aux texans, Leslie, sous les traits d’une Liz Taylor encore fraîche, va agir comme un élément purificateur qui amènera Jordan à regarder le monde avec des yeux neufs.


A l’opposé du couple Benedict: le personnage de Jett Rink. Au départ simple garçon de ferme arrogant secrètement amoureux de la femme de son patron, il pense trouver le bonheur en développant sa puissance financière grâce au pétrole, mais la mort de sa seule amie Luz Sr. et le manque d’une présence féminine telle que Leslie à ses côtés l’amènera à l’autodestruction. En séduisant la jeune Luz Jr. il essaye de conquérir le rêve qu’il n’a jamais eu: trouver l’amour de Leslie à travers sa fille. La magnifique scène du thé et celle de fin du banquet sont très révélatrices de ce sentiment d’abandon et de manque de complicité. Pour interpréter ce rebelle fougueux à la passion inassouvie, nul autre que James Dean. Etincelant de mille éclats, il a réussi à transformer ce qui n’était à la base qu’un second rôle en personnage de premier plan. Malgré le peu de temps qui lui est alloué à l’écran, il est constamment présent dans les conversations et les esprits. Son magnétisme et son charme animal captent l’attention avec une réelle justesse. Maîtrisant parfaitement son rôle comme à son habitude, il illumine le film de chacune de ses scènes. On retiendra particulièrement son visage regardant la dépouille de Luz Sr. et la superbe séquence qui suit au court de laquelle il investit son lopin de terre. Nul doute que cet homme avait du talent à revendre, quelque chose d’inné qui transpire jusque dans sa voix et ses moindres mouvements.


Complémentaires de Jett Rink, les deux Luz (Luz Sr. sœur de Jordan et Luz Jr. fille de ce dernier) vont être à tour de rôle les seules personnes avec lesquelles il pourra établir un semblant de complicité. Interprétées avec justesse par Mercedes McCambridge (nommée à l’Oscar du meilleur second rôle féminin) et Caroll Baker (nommée la même année à l’Oscar pour son premier rôle dans Baby Doll) elles sont la personnification de la femme forte tête et bornée ayant peur de devenir inutile. Luz Sr. représente également la figure matriarcale qui régnait dans les ranch du Texas. Les autres seconds rôles sont eux aussi parfaitement maîtrisés, notamment par le jeune Dennis Hopper qui compose un Jordan Benedict Jr. tout en finesse, qui face à un père trop autoritaire qui lui impose un style de vie qui ne lui convient guère, déjoue toutes les attentes en devenant médecin et en épousant une mexicaine. Autres personnages constitutifs du récit, l’Etat du Texas et le ranch Reata. Géants de taille, ils forment des cercles communautaires concentriques à l’intérieur des Etats-Unis et imbibent de leur esprit tous les autres actants. La scène de remise des drapeaux lors de la mort d’Angel Oregon (interprété par Sal Minero qui avait déjà donné la réplique à James Dean dans La Fureur de vivre) est très représentative de cet état d’esprit. En remettant le drapeau texan aux parents d’Angel en même temps que le drapeau américain, Jordan montre explicitement qu’un être né au Texas appartiendra toujours à son Etat.


"PUT YOUR BREND ON ONE OF THEM"

Durant tout le tournage, George Stevens a ainsi été seul maître à bord, imposant ses idées, ses envies, son style. Sa façon minutieuse de travailler engagera un tournage assez éprouvant pour les acteurs, qui attendront parfois des journées entières, maquillé,s sans tourner une seule scène, provoquant le mécontentement et l’absentéisme répété de James Dean. On retrouve l’aspect "westernien" de certains de ses films précédents comme Shane, souligné par une musique (nommée elle aussi à l’Oscar) rappelant les grands thèmes de l’Ouest. Il a également apporté une attention particulière à la photographie et aux cadres, jouant sans cesse sur la lumière, découpant les visages (James Dean lors de la mort de Luz Sr.) allant parfois jusqu’à laisser, au cours de dialogues, l’un des personnages dans la pénombre la plus totale. Certaines images vont ainsi marquer les esprits comme celle du ranch de Reata perdu au milieu de nulle part, où James Dean est allongé sur sa voiture, la cigarette pendant aux lèvres (image qui sera reprise pour l’affiche du film). Le tout est servi par un montage exemplaire qui pêche un peu par son rythme lent en début de film (la séquence dans le Maryland lorsque Jordan Benedict va acheter le cheval de Leslie) mais se montre tout à fait performant dès l’arrivée du couple Benedict au ranch de Reata. En résumé, et comme le disait la tag-line de l’époque, "Géant est un film épique légendaire, aussi vaste que le Texas, et à regarder sur grand écran."




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