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UN JOUR A NEW YORK


On the Town
Etats-Unis, 1949
De Stanley Donen et Gene Kelly
Scénario : Adolph Green & Betty Comden
Avec Gene Kelly, Frank Sinatra, Betty Garrett, Ann Miller, Jules Munshin, Alice Pearce, Vera-Ellen
Photo : Harold Rosson
Musique : Leonard Bernstein & Roger Edens
Durée : 1h38




Trois marins de la Navy, font une escale à New York pour une journée et entendent bien découvrir la ville qui ne dort jamais et profiter de toutes ses merveilles, notamment les jeunes filles. Sur leur chemin ils rencontrent Brunhilde, taxi-girl, et Claire, étudiante en histoire. Mais Gabey s’entiche de la miss Métro du moment et décide de la rechercher à travers la ville…


SOLEIL, DANSE ET P’TITES PÉPÉES

C’est Arthur Freed qui tombe amoureux de On the Town, un show archi-populaire dès son apparition sur les planches de Broadway en 1944. Sa très célèbre unité de production à la MGM est, depuis des années, le terreau des meilleures comédies musicales d’Hollywood — même si, pour l’heure, Louis B. Mayer, big boss de la firme au lion qui baille, se trouve pour le coup difficile à convaincre. Mais en cette période où la guerre est déjà un mauvais souvenir, il est nécessaire d’offrir aux spectateurs un spectacle qui exalte à la fois le dynamisme des gars de la marine, qui ont tant œuvré, et le patriotisme, à travers l’univers enchanteur de New York, terre de libertés. C’est l’occasion d’innover: alors que tous les musicals sont d’habitude fabriqués en studio, germe l’idée de tourner quelques scènes-clés en extérieur, à New York même. A ce titre, Un Jour à New York est un pilier qui marque l’histoire du genre et s’éloigne d’une tradition minellienne, où prévaut le faux, si sophistiqué qu’il soit, qui doit donner l’illusion du réel. Le résultat est un vent de fraîcheur alimenté par les talents conjoints de Gene Kelly (co-réalisateur avec Stanley Donen), au sommet de son art tout en grâce athlétique, et de Frank Sinatra, qui reprend ici un rôle quasi-similaire à celui qu’il tenait dans Escale à Hollywood. Les numéros musicaux, dont Mayer fait réécrire les partitions tant il déteste la musique originale composée par Leonard Bernstein pour Broadway, sont anti-spectaculaires et se rapprochent plutôt d’espiègles chorégraphies enfantines. Ici, la grandeur s’efface au profit d’une connivence presque intime, informelle malgré la précision indéniable, et propre à toucher le spectateur. On retiendra notamment la scène de déclaration au sommet de l’Empire State Building, entre Chip et Brunhilde, bijou de légèreté et de romantisme gamin. C’est l’enjeu du film entier de montrer l’amusement, le carpe diem insouciant qui naît dans les effluves du désir et que la magie de New York démultiplie. Le charme opère sans nul doute: Un Jour à New York donne envie d’être amoureux.


Grégory Bringand-Dédrumel




 
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