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Le MI6 a un nouveau directeur, qui n'aime pas les méthodes de Bond et le trouve affaibli suite à une série de tests peu concluants. Il envoie donc 007 en cure dans une clinique. C'est alors que l'agent surprend une conversation des plus houleuses entre un certain Petachi et son infirmère. Il découvre que l'homme s'est fait opérer afin que son oeil droit soit la réplique exacte de l'œil du Président, pour pouvoir ainsi voler des missiles pour le compte du SPECTRE.

Adaptation pêchue de Opération Tonnerre (1965), Jamais plus jamais navigue sans cesse entre le vrai et le faux James Bond. Bien sûr, il reprend les personnages bondiens (la girl sexy, M, Moneypenny, Q et ses gadgets, le SPECTRE ou Felix Leiter), mais il manque les petits détails qui sont la véritable marque des James Bond officiels. N'étant pas une production Eon, le film ne peut bénéficier de la célèbre musique de John Barry, ni du générique inventé par Maurice Binder. Ils doivent se passer également des services de Desmond Llewelyn, qui est pourtant dans l'esprit de tous, le seul acteur capable d'incarner Q. De plus, le film sort la même année que le Octopussy de Eon Production. Ce véritable blockbuster, dans la lignée des Bond traditionnels se pose alors comme un concurrent direct et finit par occulter ce remake bondesque.

Pourtant, Jamais plus jamais comporte quelques arguments en sa faveur. Pour faire face à un Roger Moore cabotinant dans le rôle de 007, on retrouve nul autre acteur que Sean Connery. Un plaisir immense pour les fans. Voir un Bond vieillissant reprendre du service douze ans plus tard et avec autant de classe est un pur bonheur. Pour l'acteur, ce film, au nom des plus évocateurs, est une façon d'exorciser en un dernier clin d'œil ce personnage qui lui colle tant à la peau. A ses côtés, une James Bond girl de taille, la sublime Kim Basinger, qui aurait pu tout à fait faire partie des naïades d'Octopussy. A l'époque, la demoiselle n'était connue que pour ses publicités de shampoing et ses appariations dans des séries télé. Mais elle se montre parfaite en Domino, usant judicieusement de ses talents de danseuse et de ses charmes d'ex top-model.

Mais Jamais plus jamais ne tiendra pas pour autant la distance. Le public et les fans sont trop attachés à la saga qu'ils connaissent. Pour cette raison, il reste pour bon nombre un simple remake bien en deçà de l'original.

Julie Anterrieu


 
JAMAIS PLUS JAMAIS

Never say never again
USA (1983)
De Irvin Kershner
Scénario : Kevin McClory et Jack Whittingham
Avec Sean Connery, Klaus Maria Brandauer, Max von Sydow, Kim Basinger, Barbara Carrera, Bernie Casey
Photo : Douglas Slocombe
Musique : Michel Legrand
Durée: 2h14
4/6





 

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