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Arrivé
en 1973 dans la saga des James Bond, Roger Moore est
considéré par beaucoup uniquement comme celui qui a remplacé
Sean Connery. Pourtant, avec sept films à son actif, il a
largement contribué à la création de ce personnage
mythique.
LA GENESE
En 1961, quand Albert Broccoli et Harry Saltzman décident
d'adapter les aventures de 007 à l'écran, le nom de Roger
Moore figure en tête de leur liste pour interpréter le rôle
titre, bien avant celui de Sean Connery. Mais l'acteur est
alors engagé sur le tournage de la série Le Saint et
se voit obligé de refuser cette proposition alléchante. Quand,
en 1969, Connery décide de quitter la saga, c'est tout
naturellement que les producteurs se tournent de nouveau vers
lui. Mais le sort s'acharne contre eux. Moore n'est toujours
pas libre. En collaboration avec Robert S. Baker, le créateur
du Saint, il est en train de développer le projet d'une
nouvelle série, Amicalement votre. Deux ans plus tard,
les aventures de Lord Brett Sainclair et Danny Wilde sortent
sur le petit écran. La série fait mouche. De leur côté, Broccoli
et Saltzman sont dans une impasse. L'essai de George Lazenby a
été un échec cuisant et Sean Connery est bel et bien décidé à
laisser le rôle de 007 derrière lui. Ils pensent alors à Michael
Caine, mais pour eux seul Moore pourrait faire l'affaire. Voyant
le personnage de Brett Sainclair comme un James Bond aristocrate
et parodique, les deux hommes ne peuvent s'empêcher de lui
ré-itérer leur proposition. C'est en 1972, dégagé de toutes
contraintes annexes, que l'acteur signe enfin.
UNE AUTRE DIMENSION
Dès sa première apparition dans Vivre et laisser mourir,
en 1973, le Bond interprété par Roger Moore se pose comme bien
différent de ce qu'avait imaginé Ian Fleming. Déjà, Sean Connery
s'était permis bon nombre de libertés avec le rôle, mais Moore
franchit une étape supplémentaire. Son Bond est moins noir,
moins sobre, moins ancré dans la réalité. Il se place comme plus
aristocratique, plus raffiné et plus léger. Au fil du temps,
Moore impose sa propre personnalité au personnage et de ce fait
transforme peu à peu la saga. En l'espace de trois films, il
accentue le côté second degré en se voulant plus spirituel, et
joue quasiment sur le registre de la parodie.
A la fin des années 70, avec Moonraker, la série atteint
une nouvelle dimension. A l'image de son héros playboy très
porté sur les apparences, les films qui suivent se placent
comme une sorte de vitrine marketing. Ce sont désormais de
grosses machines de divertissement très efficaces. Des
blockbusters qui avancent à toute vitesse, écrasant tout sur
leur passage. Même Jamais plus jamais, qui marque le
retour de Sean Connery en James Bond dans une production
parallèle, ne fait pas le poids. Les méchants sont encore plus
mégalos. Les Bond girl sont de plus en plus sexys et
envoûtantes. Les gadgets sont totalement farfelus et jouissifs.
Les décors sont gigantesques et somptueux. Avec Roger Moore,
Bond est entré dans l'ère du "trop" et du "plus", de la démesure
poussée à 'extrême.
Julie Anterrieu
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OCTOPUSSY
USA (1983)
De John Glen
Scénario : George MacDonald Fraser, d'après le roman de Ian Fleming
Avec Roger Moore, Maud Adams, Louis Jourdan, Kristina Wayborn, Kabir Bedi, Steven Berkoff
Photo : Alan Hume
Musique : John Barry et Rita Coolidge
Durée: 2h11
5/6
L'agent 009 a été retrouvé mort à Vienne, un œuf Fabergé
dans la main. Les services britanniques, envoient James
Bond sur la piste de cet œuf. 007 va découvrir que tout
ceci est en fait lié à un général renégat soviétique,
qui a pour ambition de déclencher une troisième guerre
mondiale.
Octopussy est l'avant-dernier film de Moore
dans le rôle de l'agent secret. Bien que l'acteur se
soit énormément éloigné du personnage de base, ce
treizième opus reste l' un de ses meilleurs. Le retour
de Maud Adams (déjà présente dans L'homme au
pistolet d'or) en James Bond Girl de premier plan
est l'un des grands atouts de ce film. Incarnation
sublime de la féminité, elle mélange parfaitement le
sexy, le mystère et la classe qui font les grandes
James Bond Girls.
De plus, cet épisode regorge de petits détails
bondiens poussés aux limites de l'excès et très
jouissifs. Du déguisement en crocodile au somptueux
palais d'Octopussy peuplé de naïades, du lit en forme
de pieuvre au mechant dont l'arme favorite est la
scie-circulaire-yoyo, tout concourt à établir ce film
comme l'un des derniers véritables Bond avant
l'ère Brosnan.
Julie Anterrieu
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