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Avant
même la fin de Roger Moore en 007, les producteurs pensent
engager Timothy Dalton pour lui succéder. Ce dernier ne pouvant
se libérer, ils se tournent, après un dernier Moore, vers Pierce
Brosnan. Mais celui-ci est également attaché contractuellement
à la série Remington Steele, qui l'empêche de prendre le
rôle en 1986. Dalton se dégage de ses occupations et fera deux
films qui manqueront de couler la franchise. Incarnant un James
Bond plus sombre que Roger Moore, et de ce fait plus proche du
personnage inventé par Flemming, il n'a pas pour autant la classe
du personnage. Tuer n'est pas jouer et Permis de
tuer apparaissent plus comme de bons films d'action que
de bons James Bond à part entière.
A LIRE EGALEMENT
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 Goldeneye |
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 Meurs un autre jour |
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BROSNAN IS BOND
Lorsque Barbara Broccoli et
Michael G.Wilson reprennent la saga en main et décident de la
ressusciter pour 1995, ils retournent voir l'acteur, alors âgé
de 42 ans, pour lui donner le rôle de sa carrière. A l'aube du
21e siècle, Brosnan incarne dans GoldenEye un Bond resté
glacial après la fin de la Guerre Froide, qui évolue dans un
monde où il est considéré comme une relique sexiste. Alliant
classe et séduction, il n'en perd pas pour autant son côté
ténébreux et n'a pas à prouver qu'il est crédible lorsqu'il
emploie son permis de tuer. Apportant un visage plus humain à
Bond, c'est une nouvelle facette du personnage que l'interprète
nous permet de découvrir ainsi, sans jamais manquer de flegme et
de charisme. Il aura beau être plus vulnérable, il n'en restera
pas moins le héros que le commun des mortels ne sera
jamais.
Cependant, l'angle abordé dans cette première prestation de
Brosnan se perdra avec les deux volets suivants. Nous sommes
à présents à la fin des années 90 et la loi du blockbuster
règne sur tout Hollywood. Là où GoldenEye avait coûté
seulement 60 millions de dollars, le budget de Demain ne
meurt jamais s'élève presque au double de cette somme.
Définitivement moins sombre que le précédent, cet épisode subit
même les influences de la tendance en adoptant les arts martiaux
dans plusieurs scènes d'action. Néanmoins, 007 n'est pas celui
qui les pratique, mais Michelle Yeoh. Elle est Wai Lin, agent
chinois, autrement dit l'égale de Bond. Le film devient presque
un buddy-movie tant elle est présente aux côtés de l'agent
britannique. Bond ne peut plus évoluer dans un monde où la femme
ne s'est pas émancipée. La misogynie qui caractérisait le
personnage se perd légèrement. Le Monde ne suffit pas
coûtera encore plus cher mais cette fois le résultat ne sera
pas à la hauteur. Avec un scénario désastreux, Brosnan aura beau
vouloir orienter le protagoniste vers une approche plus sérieuse
et obscure, le reste ne suit pas.
Beaucoup accusent la franchise d'être devenue une énorme pub
onéreuse où les placements de produits sont de plus en plus
énervants ,et le fait que la saga subisse le traitement des
films d'actions d'aujourd'hui, à savoir le manque de scénario
et la banalité absolue, n'aide en rien. Meurs un autre
jour viendra légèrement changer la donne. En présentant
quelques similitudes avec Permis de tuer, l'intrigue
du film permet à Brosnan d'exploiter tel qu'il le désirait la
veine noire du personnage. Le budget n'est pas moins grandissant,
mais il en va de même pour les recettes des trois premiers opus
de Brosnan, chacun ayant successivement dépassé le précédent et
se classant simultanément comme les épisodes à avoir le plus
rapporté d'argent. Espérons que les producteurs continuent sur
la voie de la résurrection que présente le nouveau
007.
BOND EST ENERNEL
A la veille de la sortie des
nouvelles aventures de 007, Pierce Brosnan a annoncé qu'il
reprendrait le rôle pour la 5e fois dans un film qui ne sortira
pas avant 2005. Il sera alors âgé de 52 ans. Bien que l'acteur
ait encore gardé une apparence assez jeune qui, espérons-le,
nous évitera d'avoir à faire à un agent secret gâteux à l'instar
de Roger Moore dans Dangereusement votre, il vaut mieux
penser qu'il s'agira là de sa dernière apparition en Bond.
Cependant, qui le remplacera? Il y a encore quelques temps,
lorsque Brosnan n'avait pas encore exprimé le souhait de
réitérer l'expérience, plusieurs rumeurs allaient bon
train.
Après quelques ragots ridicules qui voulaient que Matthew Perry
(Chandler dans Friends) et le chanteur Robbie Williams
aient été approchés par le studio, et une potentielle révision
de la franchise avec Catherine Zeta-Jones en femme Bond, quelques
candidats plus sérieux apparurent.
Tout d'abord, il y eut Gerard Butler (Dracula dans Dracula
2001, Le Règne du feu), qui fit une apparition en
figurant dans Demain ne meurt jamais, mais qui retint
apparemment l'attention des producteurs. En 2008, date probable
de l'épisode suivant le dernier Brosnan, il aura 39 ans. Un âge
adéquat pour interpréter le héros intemporel mais l'acteur n'a
pas encore porté de films sur ses épaules seules. Ensuite, lors
d'une interview à l'occasion d'American Psycho, Christian
Bale déclara qu'il serait intéressé par le rôle. Plus connu du
grand public et acteur confirmé il serait, à 34 ans, un excellent
choix. Vint alors le tour de Clive Owen; moins célèbre que ses
prédécesseurs, il s'est fait remarquer à la fois dans le domaine
de l'action (en tant que protagoniste principal des courts
métrages promotionnels de BMW réalisés par John Frankenheimer,
Guy Ritchie, Ang Lee...) et dans des rôles plus sérieux
(Gosford Park). Respectant comme les deux autres
comédiens cités la règle immuable des origines britanniques,
il s'avèrerait être un choix intéressant. Plus âgé et moins
"beau gosse" que Butler et Bale, saurait-il montrer le côté
obscur de 007? Owen a démenti avoir été approché mais pourrait
aisément être considéré. Le seul interprète à avoir été
officiellement contacté par les producteurs est Dougray Scott
(l'adversaire de Tom Cruise dans Mission: Impossible - 2),
qui a pourtant refusé, invoquant qu'il ne saurait être à la
hauteur de ses "ancêtres".
Il se pourrait que Barbara Broccoli et Michael G.Wilson,
responsables de la saga, décident de chercher ailleurs qu'en
Grande-Bretagne, auquel cas Russell Crowe et Hugh Jackman
pourrait également être considérés. Le premier serait assez
inapproprié de par sa carrure plus adéquate à celle d'un
méchant, mais le second serait parfait. D'ici 2006, on saura.
Robert Hospyan
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TUER N'EST PAS JOUER
USA (1987)
De John Glen
Scénario : Richard Maibaum et Michael G. Wilson
Avec Timothy Dalton, Maryam d'Abo, Jeroen Krabbé, Joe Don Baker, John Rhys-Davies, Art Malik
Photo : Alec Mills
Musique : John Barry et A-ha
Durée: 2h10
4/6
James Bond est envoyé en Tchécoslovaquie pour protéger
et assurer le passage à l'ouest d'un agent soviétique,
le général Koskov. C'est alors qu'il fait la rencontre
de Kara Milovy (Maryam d'Abo) une ravissante
violoncelliste qui s'avère être également tueur à gage
et amante de Koskov à ses heures perdues.
Ce premier opus de Timothy Dalton dans le rôle de
l'agent secret au service de sa majesté était très
attendu par le public. Hélas, même si le Bond
interprété par Dalton se rapproche plus du héros tel
que Ian Fleming l'avait imaginé, ce quinzième épisode
ne fait pas mouche.
Pourtant, le film commence merveilleusement bien.
Son pré-générique est considéré comme l'un des
meilleurs de la série. Spectaculaire sans pour autant
trop en faire, cette séquence est parfaitement dosée.
Elle amène l'intrigue et présente un Timothy Dalton
plutôt à son aise dans ce rôle. S'ensuit un générique
très années 80, une intrigue basique, une girl plutôt
touchante et quelques scènes remarquables, dont
notamment une descente en violoncelle transformé en
luge. Mais l'esprit Bond n'y est pas. Beaucoup trop
américanisé et calibré comme un blockbuster, le film
semble dépourvu du charme et du glamour qui rendent
cette saga si particulière. Il reste cependant un bon
divertissement.
Julie Anterrieu
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