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SERGIO LEONE
ET LA MISE EN SCENE



La mise en scène de Sergio Leone se caractérise par l'utilisation qu'il fait de l'espace, la façon dont il joue avec le temps et le sens qu'il donne à ses images. Pour mettre en place tout ceci, il a su s'entourer de talents comme Ennio Morricone (compositeur), Nino Baragli (chargé du montage de ses quatre derniers films), Tonino Delli Colli (chef oprateur) et Carlo Simi (architecte décorateur).

Ce dernier s'exprime à propos de la mise en scène de Leone: "Ce qui reste pour moi de tant d'années de collaboration avec Sergio, c'est ce souci, qui faisait sa grandeur, d'exprimer par l'image cinématographique ("résultante" des "composantes" acteurs, action, dialogues, musiques, costumes, décors, etc...), et ceci dans chacune de ses oeuvres, non pas un "déjà-vu", mais quelque chose d'indéfinissable fait de magie, propre à envoûter l'âme du spectateur."



LA MAÎTRISE DE L'ESPACE

Malgré les contraintes paysagères qu'il va connaître pour cause de budgets assez restreints, Leone réussit à rester maître de l'espace de ses films, tout d'abord grâce aux décors, nés de sa collaboration avec Carlo Simi. En effet, lui qui filme l'Amérique, il se retrouve obligé de tourner ses scènes d'extérieurs en Espagne (Almeria, Cuvarrubias, Albaricoques, Tabernas, Sierra de Gata) ou dans les villages westerns des studios romains. Il ne tournera aux USA que pour Il était une fois dans l'Ouest (Monument Valley) et pour Il était une fois en Amérique (New York).


Mais il va se jouer de ces espaces imposés en travaillant très minutieusement sur l'extrême réalité de ses décors. Aucun détail n'est laissé au hasard (Cf: l'allure baroque du mobilier de Pour une poignée...), tous les décors ont un sens, une fonction. Ils sont traités comme de vrais personnages, comme par exemple les deux maisons de Pour une poignée..., la banque de Et pour quelques dollars..., le cimetière de Sad Hill dans Le Bon..., la gare et l'éolienne de Il était une fois dans l'Ouest, la prison de Il était une fois la révolution et le bar de Fat Moe de Il était une fois en Amérique.


Cette volonté de maîtrise absolue du rendu spatial se traduit également chez Leone par la composition et le montage de ses images. Il utilise toute l'échelle des plans et un cadrage très travaillé. Il se sert du cadre pour imposer au spectateur son espace, l'obligeant ainsi à prendre en compte sa vision. Il impose des vues intersticielles au travers de trous, de fentes et autres ouvertures, de telle sorte que l'on peut épier sans être vu (le petit garçon caché sous le trottoir en bois dans Et pour quelques dollars..., ou Noodles qui regarde Deborah à travers un trou dans le mur dans ... l'Amérique). Leone met donc en place des cadrages insolites et inscrit l'image dans un cadre rectangulaire beaucoup plus étiré que le format classique, ce qui bouleverse les structures de composition de l'image dont le spectateur a l'habitude.


De même, il utilise les gros plans et très gros plans de façon abondante et ce, dès son second western. Les visages filmés de cette manière, ces bouches et ces regards qui n'ont rien en eux-mêmes de significatifs, vont prendre tout leur sens en fonction des plans qui les précèdent ou les suivent immédiatement (on retrouve ici la théorie de "l'effet Koulechov"). Ainsi, il symbolise et suggère l'action. A ces gros plans, Leone associe le hors-champ, pour ainsi obtenir un prolongement de l'espace. On peut citer en exemple le cigarillo et sa fumée qui introduisent le profil de Blondin (Clint Eastwood) dans Le Bon... ou le revolver qui apparaît dans un premier temps sans que l'on voit le tireur (Charles Bronson) dans ... l'Ouest.


Il joue avec cet étirement de l'espace en se servant également du passage au flou et à la netteté de l'image, mais aussi et surtout en utilisant la fausse profondeur de champ de l'écran (influence de la peinture italienne du XVème siècle, avec la mise en place de la perspective). L'utilisation de cette dernière se voit notamment dans ... l'Amérique, avec les rues du Bronx qui vont se perdre au loin et dans ... l'Ouest, avec les rails du chemin de fer qui s'étendent dans la pleine à perte de vue.


Mais sa démarche de conquête spatiale ne se traduit pas seulement par la composition de l'image, il la complète grâce à un montage exemplaire. Sergio Leone utilise énormément les plans-séquence et ménage dans le mouvement des moments de pause. Il associe à tout cela des mouvements de caméra très précis, en gardant toujours pour but de maîtriser son espace et de l'imposer au spectateur. On peut se référer au commentaire de Oreste De Fornari: "... Leone bouge beaucoup. Il tourne en mouvement, il a des sensations très précises. Un petit travelling qui pour d'autres ne signifierait rien, veut dire beaucoup pour lui. Et à la projection, tout se remarque". La séquence exemplaire définissant le montage de Leone est l'arrivée de Jill (Claudia Cardinale) à la gare dans ... l'Ouest, filmée depuis sa descente du wagon jusqu'à son départ en carriole. Cette séquence est composée de 2 plans-séquence de plus d'une minute, séparés par une série d'inserts avec une caméra qui s'envole au dessus du toit de la gare.


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POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS

Per un pugno di dollari - Italie / Allemagne - 1964 - De Bob Robertson (Sergio Leone) - Scénario: Duccio Tessari, Sergio Leone, Victor A. Catena - Avec Clint Eastwood, Marianne Koch, John Welles (Gian Maria Volonté), Wolfgang Lukschy, Josef Egger, Jose Calvo - Photo: Jack delmas (Massimo Dellamano), Federico G. Larraya - Musique: Dan Savio (Ennio Morricone) - Durée: 1h35

Dans le village de San Miguel, à la frontière entre l'Amérique et le Mexique, deux clans se disputent le même territoire: Les Baxter et les Rodos. Un américain survient à dos de mulet et prend tour à tour contact avec les deux clans.




 
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