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LA CHORÉGRAHIE DU TEMPS

En tant que manipulateur de l'espace, Leone ne peut être autre qu'un véritable chorégraphe du temps, ces 2 dimensions étant indissociables. Il manipule aussi bien le temps cinématographique que le temps chronologique, et ce encore une fois grâce à ce montage très travaillé. Il agit sur le temps de façon inverse en passant très souvent d'une action rapide à un ralentissement inhabituel. On peut prendre comme exemple la plupart de ses duels, dont il maintient la durée de telle sorte qu'il augmente le suspense contenu dans la scène. Cette méthode rappelle celle de son traitement de l'espace et sa volonté d'imposer au spectateur sa propre vision, sa propre notion du temps. Elle s'accompagne de l'utilisation de flashs-back, qui retardent le temps du récit: les scènes de la soeur de Mortimer (Lee Van Cliff) dans Et pour quelques dollars..., l'enfance de l'Harmonica (Charles Bronson) dans ... l'Ouest, ou encore les scènes en Irlande dans ... la révolution. C'est ainsi que l'on peut dire que Leone agit sur le temps chronologique. Avec le flash-back et l'ellipse, il manipule la biographie de ses personnages. L'exemple le plus marquant est celui de ... l'Amérique où, à la manière de Orson Welles dans Citizen Kane, il reconstruit littéralement la vie de Noodles (Robert De Niro).


On peut noter également que toutes les oeuvres de Sergio Leone se situent dans le passé (la conquête de l'Ouest, la guerre de sécession, la révolution mexicaine et les USA des années 30) et peuvent ainsi être considérées comme des flashs-back, ou du moins comme des reconstitutions à part entière.


Le manipulation du temps par Leone passe également par l'utilisation qu'il fait de la musique. Il y a chez lui un rapport très étroit et particulier entre les deux. En effet, la musique lui sert une fois de plus à dilater le temps, mais aussi à donner une notion de temps réel à la scène, qu'il faut selon lui respecter dans les moments importants (les scènes de duel, la présentation des personnages...). Il semble donc y avoir une condition "sine qua non" dans cette utilisation de la musique et du temps selon Leone: pour que la musique appartienne au film et qu'elle le serve, il faut qu'elle en respecte la temporalité. C'est en se tenant à cette condition que Leone introduit la musique dans une scène. Il utilise le temps du film pour la glisser peu à peu aux oreilles des spectateurs, afin qu'elle soit omniprésente lors des moments cruciaux. Une fois de plus, on peut prendre l'exemple des duels et notamment de celui de Et pour quelques dollars..., au cours duquel la petite mélodie de la montre, qui fait partie du récit même du film, va prendre de l'ampleur et se transformer en concert d'orgue, puis de trompettes, donnant ainsi un côté plus dramatique à la scène.


Il y a donc une réelle fonction dramaturgique de la musique et du son chez Leone. L'exemple parfait étant la sonnerie du téléphone dans ... l'Amérique, qui transporte le spectateur à travers l'espace et le temps. La musique fait partie du scénario et donne des indications aux spectateurs: les thèmes musicaux caractéristiques des personnages dans Le Bon... et dans ... l'Ouest, ou encore le "shom-shom" de ... la révolution, que l'on ne retrouve que dans le flash-back. La musique faisait pour Leone partie du scénario, à tel point qu'il demandait toujours à Ennio Morricone de composer la musique avant et tenait à ce qu'elle soit diffusée pendant le tournage afin d'avoir une vue plus globale de l'oeuvre, mais aussi pour servir les acteurs et l'action.


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ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

Per qualche dollari in piu / For a Few Dollars More - Italie / Allemagne / Espagne - 1965 - De Sergio Leone - Scénario: Luciano Vincenzoni, Fulvio Morsella, Sergio Leone - Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonté, Rosemary Dexler, Klaus Kinski, Maria Krup - Photo: Massimo Dellamano - Musique: Ennio Morricone - Durée: 2h10

Deux chasseurs de primes, le Colonel Mortimer et un inconnu surnommé "le manchot", pourchassent des pilleurs de banque et autres bandits recherchés par la loi pour les livrer aux autorités, plus souvent morts que vifs. Les deux hommes se lancent sur la piste de El Indio, chacun à sa manière.




 
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