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UNE VISION PARTICULIÈRE DE L'AMÉRIQUE

Parallèlement à l'évolution de la mise en scène dans les westerns de Sergio Leone, on assiste à une américanisation croissante de son oeuvre. En effet, il retrace à travers ses films l'histoire américaine, mettant en place une sorte de chronologie reprenant les grandes étapes de la construction des USA au cours du XIXème. Pour une poignée... montre l'Ouest encore sauvage au début du XIXème siècle, c'est le début de l'installation et du rêve américain. Et Pour quelques dollars... et Le Bon... se situent pendant la Guerre de Sécession (1861-1865), qui est l'un des évènements fondamentaux de l'histoire américaine. Avec ... l'Ouest, c'est la fin du siècle et de l'Ouest sauvage, avec cette image du chemin de fer qui va jusqu'à l'Océan Pacifique et qui traverse l'Amérique de part en part. L'installation et la reconstruction de l'après guerre sont achevées. Puis ... la Révolution nous fait glisser vers le sud, pendant la révolution mexicaine dans les années 1910, c'est le début du XXème siècle, de la technologie. Enfin ... l'Amérique nous renvoie à l'Est, à New York dans les années 30, c'est un retour à la case départ, la fin du rêve américain.


Comme la plupart des gens, Leone a découvert l'Amérique par le cinéma, le rêve. En choisissant de l'aborder par le western, il s'inscrit dans cet inconscient collectif que représente le cinéma américain, il dira d'ailleurs: "Plus qu'un genre cinématographique, le western est le territoire de nos rêves. [...] Le territoire de nos rêves est peuplé de fantômes". Leone était donc fasciné par l'Amérique, mais il a posé dessus son regard pessimiste et dégoûté. Ses westerns, ses films, apparaissent comme des opéras funèbres qui remettent en question l'imaginaire américain. Il souligne la désillusion face à la réalité en faisant une description de l'Amérique qui est loin d'être un rêve. Ecoeuré par le massacre de la Guerre de Sécession et par la corruption des dirigeants et des hommes influents, il révèle la violence au prix de nos rêves d'enfant. Il montre crûment cette violence, car pour lui elle est le fondement même de l'Amérique. Le pays du rêve est en fait un milieu hostile et brutal. Son oeuvre s'achève sur ... l'Amérique, qui, montrant la fin du rêve américain, en a été une parfaite conclusion. De plus, il continent tous les éléments du style et de la thématique de Leone.


En effet, on retrouve dans ... l'Amérique des décors travaillés très minutieusement, comme par exemple les rues de New York ("On a trouvé une rue dans New York et on y a rajouté tous les éléments manquants pour donner du caractère", Carlo Simi) ou la fumerie d'opium. De plus, il y a toujours la même composition de l'image avec les vues intersticielles (le trou dans le mur des toilettes), les gros plans, l'idée de profondeur et d'occupation de l'espace avec l'utilisation de la perspective (les rues de New York: "J'ai préféré utiliser des vues du ghetto avec le pont de Brooklyn en profondeur", Sergio Leone). Ce sont des images pleines de sens, qui une fois de plus utilisent les figures de rhétorique (Deborah qui baisse le rideau à la gare, ou encore les taches de sang en gros plan sur les draps blanc du lit de Noodles, qui laissent entendre que sa femme est morte). Bien entendu, il y a aussi le jeu avec le temps et avec la musique, faisant de ce film un véritable puzzle chronologique.


On retrouve également le côté humoristique (le passage du petit gâteau à la crème par exemple) mêlé de noirceur et de violence, la sexualité triviale (les deux scènes de viol, le théâtre chinois ou encore le personnage de Peggy), le thème de l'enterrement, du deuil (la mort de Coky), et bien sur l'idée du rêve perdu (Noodles a perdu Deborah). Enfin, le film tout entier évoque la violence et corruption qui entachent le rêve américain. Tout ceci est merveilleusement bien résumé dans l'avant dernière scène du film, où Max (James Woods), l'ex-petit gangster devenu un politicien éminent, se jette dans la benne à ordure alors que suit l'air de God Bless America.


Avec le projet de Leningrad, Leone allait se lancer dans l'après rêve Américain, l'ouverture vers de nouveaux horizons.


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IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION

Giu la testa / Duck, you Sucker! - Italie / Etats Unis - 1971 - De Sergio Leone - Scénario: Lucciano Vincenzoni, Sergio Donati, Sergio Leone - Avec Rod Steiger, James Coburn, Romolo Valli, Maria Monti, Rick Battaglia, Franco Graziosi - Photo: Giuseppe Ruzzolini - Musique: Ennio Morricone - Durée: 2h42

Mexique, 1913. Juan, pilleur de diligences, fait la rencontre de Sean Mallory - révolutionnaire irlandais, exilé politique et expert en explosifs - avec qui il voudrait s'associer afin d'attaquer une importante banque. Mallory refuse et s'engage pour soutenir le cause de Pancho de Villa, un révolutionnaire comme lui. C'est alors qu'il a l'idée d'utiliser Juan pour l'aider à mener à bien sa tâche. Ce dernier, qui n'y connaît rien en politique, accepte en échange de l'attaque de la banque de Mesa Verde.




 
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