LES SLASHERS A L'ECRAN
Petite(s) histoire(s) de films d'horreur
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L'affaire Scream, la sortie de Jeepers Creepers, celle de Jason X et prochainement de Halloween 8,
etc. Les films d'horreur, et plus particulièrement ceux présentant des tueurs en série (slashers ou pas,
là ne sera pas le but de ce dossier) sont décidemment très à la mode en ce moment, parfois pour le meilleur
(la jolie surprise de Jason X) ou pour le plus tragique (le fait divers incroyablement sanglant soi-disant
inspiré et surtout encouragé par le film Scream). L'objet de ce dossier ne sera pas de disserter sur le terme
galvaudé de "slasher"... Ni même de vous expliquer ce qu'est un boggeyman ou un tueur en série. Le dossier
n'aura surtout pas la prétention (contrairement à certains magazines qui se sont empressés de tirer à boulets
rouges sur le film de Wes Craven) de définir si, oui ou non, un film d'horreur a une quelconque influence sur
une personne normalement constituée (bien que nous ayons déjà notre petite idée, vous vous en
doutez).
L'ambition ici est simplement de donner un portrait du tueur à l'écran dans le cinéma d'horreur (ce qui écarte
Se7en, par exemple), à travers la présentation d'une dizaine de films marquants pour le genre. Du plus récent
au plus vieux, voici nos choix.
Epilogue - WHERE'D YA GET THEM PEEPERS.
Devant le vide stellaire que subit le petit monde du slasher au cinéma depuis quelques années, il fallait
bien élargir un peu le concept afin d'en extraire quelque chose d'intéressant. Le tueur masqué, la petite
bourgade, les adolescents en fuite, etc. Tout est dans Jeepers Creepers (2002) avec ce petit quelque
chose en plus qui rapproche le film de l'ambiance de Massacre à la tronçonneuse. Les flics sont de
gros ploucs qui évoluent au milieu d'une végétation inerte, habitée par un tueur (dont la véritable identité
ne sera révélée qu'au milieu du film) qui revient tous les 24 ans poursuivre son abominable parcours sanglant.
Sélectionnant ses proies en flairant la peur qui s'échappe des pores de leur peau, le creepers écume
les routes désertiques de la région, roulant à toute allure dans un camion aux teintes proches de celles de
celui de Duel, le téléfilm de Spielberg. En citant des sources différentes de celles abondement invoquées
par les films d'horreur récents de la vague post-Scream, le film marque immédiatement la différence,
s'éloigne du slasher classique en cherchant son inspiration du côté de la série B des années 70. Visant
systématiquement à déstabiliser le spectateur, Victor Salva - qui prépare actuellement une suite à son film -
distille également le malaise en faisant de son tueur un monstre sexué qui aspire ses victimes par la bouche.
Troublant.
10 - TE SOUVIENS-TU DE BEN WILLIS ?
Non ? Et bien c'est parfaitement normal tant ce nouveau croque-mitaine, tout droit sorti de l'imagination
infertile de Kevin Williamson, tend à enterrer le genre sous des monceaux de bêtise. Résumons cela simplement:
dans Souviens toi... L'été dernier (1997), des adolescents attardés renversent un pêcheur qui attend on
ne sait quoi, au beau milieu de la route, au beau milieu de la nuit. Un an plus tard, un tueur armé d'un crochet
et habillé d'un ciret jaune vient se venger. Le côté satirique et abyssal de Scream malheureusement
évité, il ne restait plus au film qu'à tenter tout simplement de nous foutre une pétoche monstrueuse en
accumulant des morts toutes plus atroces les unes que les autres. Peine perdue, le film reste très discret
au niveau du gore, et manque cruellement de suspense. Ce qui ne l'a pas empêché de triompher gentiment au
box-office, faisant de ce film le deuxième succès personnel de sa star de scénariste, et entraînant une inévitable
séquelle encore plus pénible que l'original. Affligeant.
9 - AU CINEMA, PERSONNE NE VOUS ENTENDRA HURLER.
En voulant redonner un petit coup de pouce au genre du slasher, enterré depuis belle lurette suite à sa
chute inexorable dans les tréfonds de la nullité post-eighties, Wes Craven se doutait-il qu'il tenait là
un filon incroyablement lucratif, capable de relancer à lui seul le genre ? Rien n'est moins sûr. Toujours
est-il que Craven, quoiqu'on pense de lui et de ses réussites contestables (combien de Vampire à Brooklyn
pour une Colline a des yeux ?), a su transfigurer le script roublard du soi-disant génie Kevin Williamson,
pour en faire un monument d'angoisse, se permettant le luxe de disserter sur le rapport à l'image. Dans
Scream (1997), les jeunes connaissent les règles cinématographiques, ont vu tous les films fantastiques
possibles, et agissent en fonction de ce qu'ils ont appris. Le tueur, au masque proche du Cri de Munch,
piège ses victimes en leur posant une série de questions ayant pour thème les films d'horreur - voir la terrifiante
première scène, probablement la meilleure de la trilogie, mettant en scène une Drew Barrymore persécutée par un
maniaque au téléphone. S'ensuite donc une sorte de mise en abyme du genre, dans laquelle sont cités à tour de rôle
Halloween, Vendredi 13, Massacre à la Saint-Valentin, etc. Surprenant.