Judy Garland – Déesse (1922 – 1969)
Star enfant depuis l’âge de deux ans, Judy Garland commence à travailler avec Vincente Minnelli sur
En avant la musique (le numéro de l’orchestre fruitier) et
Début à Broadway (la séquence onirique du petit théâtre) en 1940 et 41. A cette époque, elle est déjà la grande star du
Magicien d’Oz alors qu’il n’est qu’un simple assistant prometteur que l’on appelle en renfort de temps à autre. Il faudra attendre
Le Chant du Missouri pour qu’elle devienne sa véritable source d’inspiration, et lui le seul homme qui la comprenne et sache la mettre en valeur. Malgré leur relation chaotique due aux névroses et dépressions répétitives de Judy, leur couple, sous la houlette d’un Arthur Freed bienveillant, sera sûrement l’un des plus productifs de l’histoire du cinéma. Cinq films en l’espace de quatre ans, cinq coups de maître. Après une brève participation de Judy aux
Ziegfeld Follies (1945), elle trouvera dans
L’Horloge (1945) un rôle taillé sur mesure. S'il reste assez différent de tous ceux interprétés dans sa carrière, il lui permet de révéler au public différentes facettes de son talent jusque-là encore ignorées. Pour leur film suivant,
La Pluie qui chante (1946), leur collaboration a cela de particulier que Vincente ne réalise que les séquences où Judy (alors enceinte de Liza) apparaît. Trois scènes où le mari met merveilleusement en valeur sa femme,
Look For the Silver Lining étant souvent considéré comme le meilleur morceau du film. Enfin l’adaptation du
Pirate (1948) - une idée qu’ils avaient eu en commun lors de leur voyage de noces - voit éclater tout l’amour, le comique et la furie d’une Judy renversante.
Cyd Charisse – Tentatrice (1921 - ?)
Danseuse née, Cyd Charisse entre au Ballet Russe à l’âge de treize ans. Dix ans plus tard, on la retrouve à Hollywood dans des rôles de ballerine dans
Something to Shout About et
Mission à Moscou. Une étiquette de sylphide qui lui colle à la peau et dont elle aimerait bien se débarrasser. Le chance lui sourit en 1945 lorsqu’elle est engagée pour jouer une "poule" dans le
Limehouse Blues de
Ziegfeld Follies face à Fred Astaire. Ses longues jambes font chavirer tous les cœurs. Elle est immédiatement engagée à la M.G.M. pour un contrat de sept ans qui se verra couronné en 1952 par les pas de deux de la séquence
Broadway Melody de
Chantons sous la pluie. Une
green dancer tentatrice que l’on découvre à la suite d’un long panoramique sur sa jambe droite tendue sous le nez d’un Gene Kelly hagard. L’année suivante, ce sera au tour de Vincente Minnelli d’en faire son objet de tous les désirs dans
Tous en scène. Elle y interprète symboliquement une ballerine en passe de devenir danseuse de musical. D’une légèreté renversante dans
Dancing in the Dark, d’une sensualité enivrante dans
Girl Hunt, elle devient l’un des pivots du cinéma de Minnelli et de la
Freed Unit. L’année suivante elle retrouve le réalisateur et Gene Kelly dans
Brigadoon, pour lequel elle troque ses intonations slaves contre un accent écossais exquis. Sa carrière se fanant avec la comédie musicale, sa quatrième collaboration avec Vincente Minnelli,
Deux jours ailleurs, se placera comme un dernier sursaut. Furie lunaire, elle y représente les pulsions sexuelles du personnage de Kirk Douglas.
Julie Anterrieu