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Entretien avec Mathieu Amalric
à propos du Stade de Wimbledon (2001)


FilmDeCulte: L'action de votre premier long-métrage, Mange ta soupe, se déroulait exclusivement à l'intérieur d'une maison. Avec Le stade de Wimbledon, y-a-t-il une volonté délibérée de tourner en extérieur?

Mathieu Amalric: En effet, dans mon premier film la maison était comme mangée par les livres. Je ne suis pas sûr d'ailleurs qu'il s'agisse de cinéma mais plutôt de théâtre filmé, basé sur les dialogues, sur la psychologie, quelque chose qui tient tout seul sans avoir besoin du cinéma. Dans Le stade de Wimbledon j'ai tout enlevé, toute psychologie, et c'est à moi de faire tenir l'ensemble.


FDC: Le film n'est pas contemplatif comme on pouvait le croire au départ mais très instinctif.

MA: C'est grâce au roman qui est bref et qui va très vite. Il n'y a pas de raison que le film continue, il peut s'arrêter à chaque instant. Il n'y a même pas de raison que le film existe.


FDC: Pouvez-vous nous parler un peu de l'auteur du roman?

MA: Le stade de Wimbledon est le premier roman de Daniele Del Guidice, qui était ingénieur et âgé de 35 ans lorsqu'il l'a écrit, le même âge que moi lorsque j'ai commencé le tournage. Son personnage, un homme, est parti sur les traces d'un écrivain, Roberto Bazlen, qui n'a laissé aucune trace, à part être l'ami d'autres auteurs de Trieste. Pour devenir écrivain il mène ainsi l'enquête sur un autre écrivain: c'est une histoire de vampire.


FDC: On ressent petit à petit plus un désir de vivre qu'un désir d'écrire chez le personnage principal.

MA: Au début, il y a le prétexte de cette quête de l'écriture, mais en fait c'est la recherche d'autre chose, de l'ordre presque de la quête métaphysique, de l'impuissance sexuelle. J'ai tourné sur un an et demi, en me rendant à Trieste une saison de temps en temps. Comme le narrateur on ne savait plus trop pourquoi on se retrouvait dans cette ville.

On avait très peu de pellicule, mais ce n'était pas un problème pour ce type de tournage. Trieste est une ville vierge de cinéma. Il n'y a pas eu de repérage, j'ai tourné dans l'instant, dans la sensation.


FDC: En quoi le métier d'acteur influence-t-il votre vision de cinéaste?

MA: Au niveau de la confiance en soi. Etre acteur c'est être aimé, ça n'arrive pas souvent. Il y a la sécurité du contrat. Ça permet aussi de ne pas avoir peur des acteurs, de savoir que jouer est une chose toute simple. La preuve c'est que moi j'y arrive. Il n'y a pas beaucoup d'acteurs professionnels dans ce film, beaucoup n'ont jamais joué. C'est grâce à eux qu'on entend 5 langues différentes: l'anglais, le français, l'italien, le dialecte frioulien et le slovène.


FDC: On a l'impression que le personnage principal participe à la mise en scène.

MA: J'ai eu des difficultés à penser que je ne pourrais pas le jouer moi-même. Jeanne m'a un jour proposé d'en faire une femme et de partir avec moi en Italie tourner le film. On avait ainsi rendez-vous dans une ville étrangère, ensemble, une semaine de temps en temps, sans les enfants. Jeanne aimait ça, juste être elle. Elle me disait que je lui demandais de voir le monde à ma place. La mise en scène va dans ce sens. Malgré le fait qu'il s'agisse d'une adaptation, le film est très autobiographique.


FDC: Quelle est la signification du titre du film?

MA: Même l'écrivain ne se souvient plus de l'origine du titre. Je crois qu'il faut utiliser l'expression "Ça va pas bien, j'en suis au stade de Wimbledon". C'est peut-être juste l'histoire d'une fille qui cherche le titre de son livre, qu'elle trouve à la fin. Ça me fait penser à une phrase de Pessoa que je viens de découvrir: "La littérature c'est juste l'aveu que la vie ne suffit pas."


FDC: Le texte de la voix-off a-t-il été écrit immédiatement ou rajouté au montage?

MA: Il existait dès le départ. Il permet un décalage avec le personnage, on connaît sa pensée dans l'instant. Ça a surtout permis de mettre les phrases du livre, car tout ce qu'on entend y est. Des phrases aussi sont de cet homme, Roberto Bazlen, qui n'a pas écrit, et qui est un mythe à Trieste. Trieste est la ville du commentaire: si tu fais quelque chose tu es un raté, si tu ne le finis pas tu es un héros.


FDC: Que répondez-vous à ceux qui taxent votre cinéma d'intello?

MA: Il ne faut pas croire qu'on fait un film comme ça que pour soi. On pense aussi aux autres, aux spectateurs. Je recherche les beaux plans, d'ailleurs mon chef-op vient de la pub. Il y a une haine des gens qui croient que si on ne les prend pas par la main il y a irrespect, il y a élitisme. Pourtant, au bout de 7 minutes, dans le film, j'annonce qu'il n'y a pas d'histoire. Il y a aussi une haine de Première (NB: dont la critique du Stade de Wimbledon dans le numéro de février n'est pourtant pas mauvaise), de Studio, dès qu'il n'y a pas une femme dans le placard ou une histoire sur la peine de mort. C'est un film qui coûte 3 millions de francs et qui ne serait plus aujourd'hui produit par Canal +. Ils nous ont donné le million nécessaire il y a deux ans. Un film comme ça, il suffit de le vendre pour qu'il soit rentable. Le film avec Christophe Lambert et les chiens (NB: Hercule et Sherlock) n'a pas fait un rond. Le stade de Wimbledon est un film commercial.


Propos reccueillis par Sébastien



FILMOGRAPHIE :

Mange ta soupe
Le Stade de Wimbledon



 
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