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CARNETS DE VOYAGE


Conférence de presse cannoise en présence du réalisateur Walter Salles, des acteurs Gael García Bernal, Rodrigo de la Serna et Mía Maestro, du scénariste Jose Riviera et de Alberto Granado.


FilmDeCulte - Il paraît que cette version présentée à Cannes a été remontée par rapport à la version de Sundance. Est-ce que le montage sera encore différent lors de la sortie du film en salle?

Walter Salles - Un film est toujours en montage jusqu'au moment de le montrer. Je trouvais qu'il méritait plus de soin que ce que j'avais présenté à Sundance.


FilmDeCulte - Pourquoi existe t-il autant de films autour du Che?

Walter Salles - Le Che est trop important pour être résumé en seulement deux heures. C'est pour ça qu'il y a plusieurs films, plusieurs approches, c'est un sujet vaste. Je ne peux pas parler pour les autres réalisateurs, mais pour nous, il a fallu cinq ans pour mettre en place notre histoire, trois ans de recherches, trois voyages. Il y a eu beaucoup de travail autour du film, surtout chez les acteurs qui ont fait plusieurs fois le déplacement en Argentine. Les rencontres avec Alberto Granado ont été également très importantes. Nous avons traité notre sujet avec beaucoup de délicatesse et d'attention. Il y avait un vrai désir de maîtriser et de documenter au mieux notre film.


FilmDeCulte - Les personnages que vous traitez sont très importants historiquement. Est-ce que ça vous a fait peur? Quelle a été la préparation, en particulier celle des acteurs?

Walter Salles - Nous avons eu beaucoup peur, oui… Depuis les premiers repérages, nous avons cherché à comprendre ce que les carnets de voyage montraient de l'Argentine de l'époque, mais surtout d'aujourd'hui. On s'est rendu compte qu'il y a toujours les mêmes désavantages. Ce n'est pas si historique que ça. Nous avons aussi essayé de garder l'invitation au voyage qui se dégage des carnets. De plus c'est un film de groupe qui se vit sur le moment. C'est très proche de ce que nous avons lu et vu.

Jose Riveira - Le livre et donc le film retracent un voyage émotionnel et intérieur qui mène à la politique.

Gael García Bernal - Nous avions peur surtout car nous voulions lors de la préparation aborder le rôle comme il le fallait. On a beaucoup lu, on est allé voir Alberto (Granado), des gens qui connaissaient le sujet. Nous avons également suivi des séminaires sur la politique de l'époque. Nous avons roulé à moto trois fois par semaine. Tout ceci nous a permis de nous imprégner du pays et de pouvoir agir dans le film comme auraient pu agir les personnages. Au début j'étais terrifié, puis j'ai réalisé que c'était notre expérience et notre vécu pendant le tournage qui comptait et nourrissait le personnage. Et nous avons donc commencé à prendre confiance en nous.

Rodrigo de la Serna - Je pense aussi que le fait d'avoir parcouru la même route, vécu des situations similaires, eu contact avec les mêmes personnes, a été vraiment capital. Pour moi le rôle a été très dur à préparer, mais l'expérience sur place a été fondamentale dans la réalisation de mon travail.

Alberto Granado - Je peux vous dire que ce n'est pas facile de vivre ça, de se voir adapté au cinéma. Mais ce qui est important, c'est la qualité de leur travail et leur capacité à s'approprier ces rôles. Ce sont deux acteurs d'une grande sensibilité qui ont su traduire notre amour pour l'humanité. Je crois qu'ils ont bien réussi à retranscrire la jeunesse et surtout sa force.


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