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CLOVIS CORNILLAC


Comédien venant de tourner une douzaine de long-métrages en l'espace de trois ans, Clovis Cornillac a accepté de nous rencontrer à Gérardmer. Spectateur assidu pendant le festival, il est formidable en taulard transsexuel dans le film Maléfique d'Eric Valette, présenté en compétition. Retour sur sa carrière et sa vision du métier d'acteur.


FilmDeCulte - Vous avez commencé le métier d'acteur très jeune, à l'âge de 14 ans.

Clovis Cornillac - Je suis parti de chez moi à 14 ans, mais j'ai vraiment commencé à faire l'acteur à 15 ans.


FilmDeCulte - Etait-ce une vocation précoce ou est-ce le contexte familial qui a joué un rôle décisif, puisque votre maman est l'actrice Myriam Boyer?

Clovis Cornillac – Mon père est aussi comédien et metteur en scène... En fait, je voulais être boxeur! Je n'étais pas vraiment attiré au départ par le milieu des acteurs, mais je me suis rendu compte assez rapidement que ça me plaisait. Il faudrait faire une analyse pour savoir si on reproduit le schéma des parents, mais on peut devenir acteur quelle que soit sa catégorie sociale, son origine. Je n'ai jamais été dupe de ce métier, mes parents n'étaient d'ailleurs pas très connus. J'ai vu beaucoup de gens en difficulté, mes parents, des amis, qui essayaient de vivre de leur passion.


FilmDeCulte - Votre premier film est Hors-la-loi. Comment avez-vous été amené à y participer?

Clovis Cornillac – Six mois de casting, repéré par Dominique Besnehard à l'époque, au départ c'était pour une figuration puis ça a fini par l'un des rôles principaux. Le cheminement classique, très long.


FilmDeCulte - Ces années d'apprentissage, disons la deuxième moitié des années 1980, restent-elles un bon souvenir?

Clovis Cornillac – J'ai toujours eu la chance de pouvoir travailler, je n'ai pas connu le chômage. Ca va faire 20 ans cette année que je fais ce métier. Je n'ai pas vécu la galère comme j'ai pu la voir chez d'autres personnes. J'ai toujours été gâté entre le théâtre, la télévision et le cinéma. Là, depuis un an et demi, il s'avère que le cinéma a l'air de me redemander énormément. J'en suis ravi car c'est des rôles qui m'intéressent. Pendant 15 ans, j'ai fait un film par an, en général un petit film un peu compliqué à voir, ou un échec...


FilmDeCulte - Etes-vous conscient à cause de tout cela d'avoir un statut un peu particulier: malgré votre jeune âge (35 ans) vous êtes présent depuis déjà très longtemps.

Clovis Cornillac – Effectivement, j'ai le sentiment d'être solide. J'ai toujours travaillé. Il s'avère qu'il y a actuellement un engouement de la part du cinéma, et je m'y sens très à l'aise, pas fébrile, ni excité, comme dans une continuité.


FilmDeCulte - Qu'est ce qui vous procure le plus de satisfaction: le théâtre ou le cinéma?

Clovis Cornillac – C'est une question de périodes. Je me suis régalé pendant 15 ans au théâtre, avec des rôles magnifiques, des mises en scènes splendides, avec des metteurs en scène qui ont vraiment des choses à dire. Il n'y a que le théâtre privé que je n'ai jamais pratiqué. J'ai eu un sentiment de fatigue par rapport au théâtre, et par chance, à ce moment-là, le cinéma est reparti très fort. C'est un vrai plaisir du fait de la rencontre avec les réalisateurs et du désir que je suscite, surtout dans la diversité des beaux rôles d'homme qu'on me propose.


FilmDeCulte - Justement, les rôles qu'on vous proposait au départ étaient très ciblés sur des personnages de voyous, ça ne vous agaçait pas?

Clovis Cornillac – Ce n'est pas un agacement, dans le film de Sam Karmann (A la p'tite semaine) j'incarne un voyou. J'ai commencé ma carrière très tôt et j'étais plus mature que mon physique ne le laissait paraître. Mais on me proposait des personnages immatures, inconscients... Ce décalage là ne me plaisait pas. Je m'y retrouvais alors plus facilement dans le théâtre.

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