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BRUNO DUMONT


Véritable controverse à Cannes suite aux trois prix accordés par un jury sous le charme dirigé par David Cronenberg, L'Humanité a confirmé aux yeux du public et de la critique la place essentielle que son auteur occupe dans le cinéma français depuis son premier film, La Vie de Jésus (prix Jean Vigo en 1997). Parti aux Etats-Unis recueillir les derniers souffles du polar américain (The End, son prochain projet), il en a profité pour tourner Twentynine Palms, l'état des lieux d'un couple au bord de l'implosion, menacé par un environnement hostile et inquiétant.


FilmDeCulte - Comme votre film précédent, Twentynine Palms a l'air d'entraîner des sentiments et des opinions contradictoires et extrêmes; on aime ou on déteste. Le clivage se fait entre l'acceptation totale et le refus pur et simple.

Bruno Dumont - Cette réaction est naturelle, je pense. Il s'agit d'un cinéma viscéral, ça agit plus sur l'émotion, la sensibilité, l'exaspération, le chaud, le froid. C'est un film radical, il n'y a pas de demi-mesure, de consensus. C'est en fonction de la sensibilité de chacun. Le risque du film, il est surtout pour le spectateur qui peut effectivement être pris ou ne pas être pris. Ce n'est pas consensuel, en effet.


FilmDeCulte - Vous aviez avoué que les titres de vos précédents films contenaient en eux une certaine prétention...

Bruno Dumont – Une certaine intention, en fait…


FilmDeCulte - Qui était compensée par l'équilibre du métrage. Qu'en est-il de Twentynine Palms?

Bruno Dumont – Et bien là, ça va mieux (rires). Il n'y a pas de prétention ou d'intention, dans ce titre. Quand on dit L'Humanité, ça a un certain poids, on choisit le titre, on a une certaine intention, et il y a le film derrière. Donc le spectateur cherche le titre dans le film. C'est grave, cette question du titre, dans une œuvre d'art, que ce soit dans la peinture, dans le cinéma, ou autre. Même dans l'art abstrait. "L'amour de la vie", et on peint une toile blanche, c'est un titre qui n'est pas rien. Je suis quelqu'un qui se méfie des intentions, de la pensée... C'est pourquoi je fais ce genre de cinéma, aussi. Ici, Twentynine Palms, c'est simplement le nom du bled où on a tourné. C'est direct, ça ne veut rien dire. Ou bien ça raconte aussi un peu la ville, mais si on ne la connaît pas, cette ville… Bien entendu, ce titre peut évoquer quelque chose par rapport, par exemple, à celui qui a décidé un jour d'appeler cette ville ainsi. En choisissant ce titre, j'emporte peut-être avec moi, son intention à lui. De toute façon, on n'échappe pas aux intentions. Et comme on n'y échappe pas, autant travailler en n'y pensant pas. En choisissant des conditions de travail qui font que. C'est pourquoi je suis plutôt à la recherche de l'accident.


FilmDeCulte - Le titre du projet initial que vous deviez tourner aux Etats-Unis, "The End", laisse présager des intentions tout autres.

Bruno Dumont – Oui, c'est vraiment différent et c'est un titre effectivement plus lourd. Déjà c'est un film policier à la base, un gros projet de film américain dans lequel on retrouve tout ce que l'on connaît, les codes, les images, les personnages... C'est ce qui m'intéresse ici, non pas l'idée de faire un film américain, mais ce que les gens vont voir et reconnaître. Je joue avec ça. L'idée était de travailler avec ça sur "The End". Mais il me faut la facture, c'est à dire l'aspect, il me faut aussi les acteurs, le récit, le même que dans tout film policier américain. Il faut donc toutes les apparences du cinéma américain. Afin de le déformer. C'est un projet très lourd, ambitieux, qui navigue sur des rives contraires à ce cinéma européen habituel, avec lequel je suis tenté de faire le lien. Un projet à priori passionnant pour moi. J'étais parti en repérages, puisque ce film tournait beaucoup autour de l'architecture - les personnages principaux sont architectes. J'étais donc attiré à la fois par cette architecture qui peut exister à Los Angeles par exemple, mais aussi par le désert comme pendant de l'architecture. Une sorte d'architecture zéro. Je visite donc ce désert et le producteur me conseille d'explorer celui de Joshua Tree. C'est là qu'il s'est pour moi passé quelque chose. J'ai été saisi, partagé entre la fascination et l'effroi, par l'étendue, par la force du paysage. Vous savez, notre mental, notre pensée d'européen sont sans doute liés à la surface dans laquelle on vit. Et lorsque vous mettez un européen aux Etats-Unis, ça explose. Eux sont sans doute un peu blasés, mais nous, nous ressentons très bien cette grandeur, ce gigantisme. J'ai donc eu cette sensation très forte, je voyais bien que le projet de "The End" s'éternisait, et j'avais vraiment envie de tourner. J'ai senti qu'il y avait quelque chose, pour résumer, de très cinématographique. J'ai donc écrit ce scénario en rentrant, très rapidement, en quinze jours. Ce qui ne m'arrive jamais puisque je mets généralement deux ans pour écrire.


FilmDeCulte - Est-ce que les prix à Cannes reçus pour votre film précédent vous ont aidé à monter ce projet, ou bien constituaient-ils plutôt un frein?

Bruno Dumont – Je ne sais pas si ça a été un frein, mais ce n'était de toute façon pas très important. Ça ne change rien, ça ouvre des portes et ça en ferme d'autres. Faire le tri de tout ça est un peu difficile et sans véritable intérêt. Ça énerve certaines personnes, ça jalouse d'autres. C'est très compliqué et j'ai un peu de mal à capter ça.

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