De A à Z
Cette Semaine
Planning des Sorties
Par Réalisateur
Autour du Cinéma
Films Cultes

Tests DVD
Par Editeur
Planning des Sorties
Boutique DVD

Portraits
Culcultes
Galeries Photos

Gros Plans
Dossiers
Entretiens

News ciné
Box-Office
Notes

Nouveaux forums !!
Concours
Newsletter
Liens web

Films de Van Damme
Location de DVD
Carlotta Films
One Plus One
Conception web
Michael Cimino







EXILS


Conférence de presse cannoise en présence du réalisateur Tony Gatlif, des acteurs Romain Duris et Lubna Azabal, et de la directrice de la photographie Céline Bozon.


FilmDeCulte - Vous avez dit que l’Algérie n’était qu’un tremblement de terre. C’est une provocation de plus, comme cette scène où une Algérienne impose à Lubna de mettre une djellaba qu’elle ira jeter en signe de protestation devant une mosquée ou encore quand vous insinuez que les Algériens n’ont pas d’âme, qu’ils ne font que garder la mémoire des autres?

Tony Gatlif - Apparemment vous n’avez rien compris, vous prenez tout à l’envers… Quand je suis rentré en Algérie après quarante ans d’absence, c’est le tremblement de terre qui m’a accueilli. Ce n’est pas un film algérien que j’ai fait, et encore moins un film sur l’Algérie, ce n’est surtout pas ça, c’est un film français sur des enfants d’exilés qui cherchent leurs racines. Et ceci est valable pour tous les pays du monde. Je parle de ces enfants d’immigrés qui ont oublié leur langue. L’Algérie je ne la connais pas, je ne la connais que par la mémoire de ma petite enfance et celle de mon entourage. Pour en venir aux deux scènes dont vous parlez, celle de l’appartement avec toutes ces photos gardées, c’est un hommage, un respect énorme contrairement à ce que vous pensez. Je montre qu’ils sont ensemble. C’est un symbole de tolérance, de reconnaissance. On raconte des choses humaines. Quant à l’épisode de la djellaba, je peux vous dire que c’est un événement qui nous est arrivé pendant le tournage et on l’a inclus car ça faisait parti de notre histoire, de notre film. Et quand elle enlève cette robe, ce n’est pas devant une mosquée mais dans un no man’s land français. C’est le plan suivant qui montre la mosquée, il y a un cut entre les deux justement. Donc il n’y a aucune provocation ou quoi que ce soit.


FilmDeCulte - Dans quelle mesure avez-vous senti la nécessité d’associer ces deux retours?

Tony Gatlif - Le film parle de cette nouvelle génération qui fait partie du mixage et de la fusion des jeunes dont les parents sont de multi-nationalité. Et cette jeunesse apporte à l’Europe et à la France une richesse extraordinaire. J’avais envie de partir sur ces traces, sur ce que l’on a oublié de donner à ces enfants d’exilés. Plus on fera de films comme celui-là et plus l’Algérie avancera. Il faut dire les choses. Plus l’Algérie sera libre et plus elle se débarrassera de son héritage qui n’est pas terrible.


FilmDeCulte - Vous avez dit plus haut que vous avez ajouté dans le film des instants vécus lors du tournage. Y a t-il eu une concordance entre la chronologie du film et celle du tournage?

Tony Gatlif - Je ne peux pas faire de film sans fixer une chronologie qui touche au temps présent, au temps du tournage. Sinon ça n’a ni queue ni tête, ça heurte les sensibilités. Je filme ce qui existe. Je fais des films "livres"! Je prends ce qui passe devant la caméra, ce qu’il y a autour de nous. Le film s’écrit au fur et à mesure pour garder la réalité.


Lire la suite


- 1/3 -

 
ACCUEIL | CONTACT | NOTES | AJOUTER AUX FAVORIS