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MASATO HARADA


Encore peu connu en France, Masato Harada gagnerait pourtant à l'être. Proposant de films en films une radiographie d'un Japon déshabillé de tous ses clichés, la filmographie de Harada prend des allures d'oeuvre indispensable. L'homme, qui s'est nourri pendant des années de cinématographies étrangères (et principalement américaines), n'est parfois pas tendre avec les travers de sa nation. De quoi se forger un regard particulier que nous vous proposons de partager


FilmDeCulte - Masato Harada, vos films n'ont jusqu'à présent pas été diffusés en France hors des festivals. Si vous deviez vous présenter au public français, que diriez-vous?

Masato Harada - Je suis un admirateur attentif de Howard Hawks ou Samuel Fuller. Ces réalisateurs ont été découverts en France, et ils ont été reconnus par la suite. J'espère être découvert par des cinéastes français comme Howard Hawks et Samuel Fuller à leur époque. Et peu à peu j'ai le sentiment d'être davantage reconnu en France.


FilmDeCulte - Dans quelle mesure un cinéaste comme Howard Hawks a-t-il influencé votre filmographie?

Masato Harada – La plupart de ses films traitent de relations professionnelles. Et ce point en particulier m'a beaucoup influencé. J'ai vu ses films à un très jeune âge, au Japon, et à l'époque ça ne m'avait pas plus remué que ça. C'était divertissant, comme par exemple Hatari!. Puis, à l'école, j'ai revu ces films, j'en ai parlé. J'ai revu Rio Bravo, puis Eldorado etc., j'ai apprécié d'avoir un autre regard sur ces films, mais on ne pouvait pas encore parler d'influence sur moi. A mes 23 ans, j'étudiais l'anglais, et je voyais tous ces grands films au cinéma, à Londres. Et j'ai commencé à me demander, en voyant à ce moment de ma vie les films d'Howard Hawks, si l'on voulait traiter des relations professionnelles au cinéma, comment s'y prendrait-on? C'est à cette époque que mon désir de devenir cinéaste est né. Un soir, il y avait une petite rétrospective sur Howard Hawks au National Film Theater. C'était Seuls les anges ont des ailes qui était projeté, le film de 1939 avec Cary Grant et Jean Arthur. J'y suis allé, avec un de mes amis. Ce film a eu un grand impact sur moi. Je voyais Cary Grant dont le rôle était l'image que je m'étais faite du metteur en scène. Je voulais devenir quelqu'un comme lui! En réalité il s'agissait là, à travers ce personnage, d'une extension d'Howard Hawks lui-même. Quelques temps après, j'ai eu l'occasion de le rencontrer en personne au festival de San Sebastian, en 1972. Et là je me suis dit "voilà quelqu'un que je dois écouter, dont je dois apprendre beaucoup de choses". J'ai pu l'interviewer. Il ne donne pas beaucoup de détails sur son travail, il était dans un âge déjà fort avancé, parlait lentement, n'était pas très bavard. Mais on sentait que derrière ce géant il y avait une histoire, et de grands films. Et il s'agissait probablement là de mon point de départ sérieux dans mon désir de devenir cinéaste.


FilmDeCulte - Vos films piochent dans beaucoup de genres différents. Etes-vous plus sensible à un genre en particulier, et si oui lequel?

Masato Harada – J'ai traité de beaucoup de sujets différents, mais au fond, il y a une sorte de lien permanent dans l'approche. Par exemple, mes personnages principaux sont toujours des individualités en lutte, se battant contre les institutions. Au Japon j'ai toujours vécu dans des endroits très fortement peuplés, et si l'on veut y être reconnu en tant qu'individu, il y a toujours une certaine pression sur soi. J'en ai fait l'expérience. A l'école, nous sommes obligés de porter des uniformes, et ce durant toute la scolarité. C'est une façon de produire un modèle unique d'individus. J'utilise mes souvenirs liés à ces combats, et je suis attaché à ce type de personnages, qu'il s'agisse d'une kogaru, d'un yakuza. Je peux, et on peut s'identifier à ces individualités. Alors qu'il s'agisse d'un film de yakuza, d'un road movie ou d'un mélodrame... je me sens capable de traiter de tous ces différents genres. Exceptée la comédie musicale peut être (rires). Au départ je voulais faire de grands films épiques, des westerns... finalement je n'en ai pas encore fait! Mais j'y pense beaucoup.


FilmDeCulte - Vous avez vécu quelques années hors du Japon, notamment aux Etats-Unis. Est-ce que cela vous a permis d'acquérir un regard particulier sur votre pays d'origine

Masato Harada – Actuellement, je vis au Japon mais je garde une maison à Los Angeles, et je fais des aller-retours de temps en temps. Et à chaque fois que je reviens au Japon, je vois plus facilement des choses différentes en bien ou mal. Cette position m'accorde une place d'observateur de la culture japonaise, de la société japonaise. Parfois je me sens étranger à mon pays, et c'est la même chose à propos du cinéma japonais. L'histoire des 47 ronins a été racontée et filmée une centaine de fois, notamment par Mizoguchi, mais je n'aime aucune de ces adaptations. Pour moi il y a une autre vérité derrière cette histoire, derrière ces faits. Il y a un regard sur l'aspect historique qui occulte certains points, un consensus sur la façon dont le Japon a perçu cette partie d'Histoire. Si je devais me lancer dans un film épique, j'aimerais apporter ce regard différent sur de tels événements, un regard peut être moins japonais dans ce sens précis.

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