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PIERRE JOLIVET


Frère de Marc, producteur, co-auteur, acteur du premier film de Luc Besson, Le Dernier combat, Pierre Jolivet est depuis vingt ans l'un des cinéastes les plus discrets, mais également les plus talentueux du cinéma français. Réalisateur des sublimes Simple mortel et Fred, il a à son actif deux gros succès avec Force majeure et Ma petite entreprise. Quelques mois avant la sortie de son nouveau film, une "comédie de femmes", il accepte de répondre à nos questions.


FilmDeCulte - Pouvez-vous nous parler de vos débuts et de votre désir d'écrire et de mettre en scène

Pierre Jolivet - Mes débuts en tant que metteur en scène se sont faits avec mon frère Marc sur un film qui s'appelait Alors heureux?, réalisé par Claude Barreaux, et produit par Claude Lelouch. Ça a été pour moi une sorte d'évidence lorsque je suis arrivé sur le plateau, je me suis senti à l'aise, comme si tout ce que j'avais fait depuis l'âge de dix-sept ans convergeait vers ça. C'était totalement mon élément. Sur le plateau, je me demandais tout le temps pourquoi on ne mettait pas la caméra à tel endroit, etc. Tout cela s'est mis en place très vite, et je me suis dit que c'était peut être mon truc.


FilmDeCulte - Aviez-vous déjà écrit auparavant?

Pierre Jolivet – Oui, nous avions entre autres écrit, avec mon frère, le scénario de ce film là. J'avais également écrit des pièces de théâtre lorsque j'avais dix-sept ans, ainsi que plein d'autres choses, mais je n'avais jamais pensé qu'un jour, je ferais du cinéma. C'était pour moi tout à fait inatteignable, et puis je mettais la barre beaucoup trop haut pour m'imaginer qu'un jour je ferais du cinéma. Par le biais du travail que j'avais fait avec mon frère comme sketch-man, on en est venu à écrire une comédie puis à en faire un film à la demande de producteurs. Mais nous ne l'avions pas envisagé par nous même.


FilmDeCulte - Aviez-vous à ce moment déjà des repères ou des cinéastes favoris?

Pierre Jolivet – Oui, j'étais déjà un grand cinéphile. A l'époque, nous habitions dans ce qu'on pouvait appeler la lointaine banlieue, Maisons-Alfort. Pour voir des films, c'était un véritable exploit, il fallait venir à Paris, aller sur les Champs-Élysées pour voir la version originale... Nous étions des cinéphiles accomplis. On allait au cinéma deux ou trois fois par semaine, ce qui était un exploit physique à l'époque. Alors qu'aujourd'hui, tout le monde voit un film par jour à la télévision.


Pierre Jolivet dans Le Dernier combat
FilmDeCulte - Vous étiez scénariste et acteur du premier film de Luc Besson, Le Dernier combat. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage, et comment voyez vous l'évolution de Besson depuis ce film?

Pierre Jolivet – Je crois que cette rencontre avec Luc à un moment de notre vie est très particulière. Moi je ne voulais pas commencer par un film mis en scène par moi. Je pensais donc être simplement producteur avant, pour la simple raison que je pensais à des gens comme Alan Pakula, qui avait commencé par la production. Je voulais donc suivre un peu le même parcours et commencer par écrire et produire. C'est un film un peu particulier, à la fois parce qu'il constitue un peu la rencontre de son univers et du mien, parce qu'il n'a pas fait un seul film de cette nature là après. C'est une rencontre de deux personnalités très différentes. J'en garde un souvenir assez cauchemardesque puisque j'étais à la fois producteur, scénariste, acteur principal, dans des conditions très précaires, et très dures physiquement. Un souvenir donc assez amer puisque tout cela s'est très mal terminé. Luc a pris une direction qui n'était vraiment pas la mienne, et moi, une autre qui n'était certainement pas la sienne. Mais le film, je le revendique tout à fait. Ca reste un beau film. Le souvenir du film fini me laisse une bonne impression, mais je n'en dirais pas autant du souvenir du travail avec Luc.

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