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| Shaft |
FilmDeCulte - Avec 2 Fast 2 Furious, vous revenez à un cinéma plus
grand public, comme avec Shaft, que vous aviez fait suivre par Baby Boy, un film plus personnel.
Allez-vous continuer à alterner ainsi entre blockbusters et films intimistes?
John Singleton – Ca dépend du rythme que j'ai à ce moment-là. J'ai réussi
à aller de Shaft à Baby Boy, qui était totalement différent. La raison pour laquelle j'ai fait ça,
c'est parce que je n'étais pas très fier de Shaft. Contrairement à 2 Fast 2 Furious, qui est
majoritairement ma vision, Shaft ne l'est pas tout à fait, parce que le studio n'arrêtait
pas de me faire chier. C'était un combat pour faire un film à moitié réussi. C'était un film cool, mais pas
aussi cool que ce que je voulais faire, alors que 2 Fast 2 Furious est cool, tel que je l'entends. Le
film marche parce qu'il y a tous ces jeunes qui aiment, qui me comprennent.
FilmDeCulte - A quel niveau le studio ne vous a pas laissé faire ce
que vous vouliez sur Shaft?
John Singleton – Il n'y avait pas de sexe dans le film. Il n'y avait pas
autant d'action que je voulais. Dans 2 Fast, il y a de l'action, pas de sexe, parce qu'il est classé "PG-13"
(interdit aux moins de 13 ans, non accompagnés), alors que Shaft était classé "R" (interdit aux moins de
17 ans, non accompagnés). C'est plus goûteux, plus funky, plus cool comme film. Ce qui m'a vraiment plu sur ce
film, c'est d'avoir réussi à imposer ma vision. Ce n'est pas un de mes films à commentaire social, ce n'est pas
un de mes films liés à mes racines profondes, c'est juste un divertissement pop-corn cool, mais c'est ma
vision.
FilmDeCulte - Dans le début des années 90, vous avez contribué à l'émergence d'un certain
cinéma noir militant...
John Singleton – (rires) Non, ça c'est pas moi, c'est Spike [Lee]!
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| Boyz N the Hood |
FilmDeCulte - Peut-être pas autant que Spike Lee, mais un peu
comme lui et les frères Hughes (Menace II Society)...
John Singleton – Eux non plus n'étaient pas militants, ils ont fait
des films de la culture pop, ce sont des réalisateurs de clips. Ils ont fait une copie de mon film en plus
violent, c'est tout. Moi je fais mon truc à moi, ce que je fais est totalement différent. Vous pouvez pas me
cataloguer avec ces mecs-là. Ce sont de bonnes connaissances que j'ai mais ce que je fais est totalement
différent. Ce serait comme dire à un rappeur comme Ja Rule qu'il fait la même chose que DMX... C'est totalement
différent.
FilmDeCulte - Le film est toujours une suite dans la mesure où le
protagoniste est le même, mais le reste change, ce n'est plus du tout la même histoire. Tout en gardant une
continuité avec le sentiment d'un passé pour le personnage principal, vous avez réussi à faire un film autre
à part entière. Comment avez-vous influé sur le scénario?
John Singleton – J'avais surtout très envie de créer une dynamique
différente du premier film, où on ne ressentait jamais vraiment de complicité entre le personnage de Paul
[Walker] et celui de Vin. Ils faisaient un peu chacun leur truc de leur côté. Ici, il y a un vrai duo entre
Paul et Tyrese.
FilmDeCulte - Oui, il y a une vraie alchimie, contrairement au premier film.
John Singleton – Oui, ça ne paraissait pas juste. Paul vous le dira,
lui et Vin ne traînaient jamais ensemble, tandis qu'avec Tyrese, il sont devenus de vrais potes.
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| Baby Boy |
FilmDeCulte - Aviez-vous vu le premier film en salles?
Qu'en aviez-vous pensé?
John Singleton – Non, je l'ai vu en DVD. La première chose qui m'est venue
à l'esprit, c'est à quel point tout paraissait faux. On sentait que les acteurs lisaient le script. Mais j'étais
jaloux parce que ce fut un carton et je me suis dit "Putain, j'aurai dû faire ce film", parce que je
connaissais le milieu des courses de rues, et je me suis dit "Pourquoi ne pas y avoir pensé?", puis
l'opportunité de faire une suite est apparue. Alors je me suis dit que j'allais leur montrer ce dont j'étais
capable.
FilmDeCulte - Envisageriez-vous de faire une autre suite?
John Singleton – Je pourrais, oui. Paul et moi en avons parlé. Mais
j'aimerais travailler sur des films originaux. Avec celui-ci, j'ai essayé de le rendre le plus original
possible.