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FilmDeCulte - Aviez-vous la volonté de choquer le spectateur?

Steven Soderbergh – J'espère que le film sera vu par tous, surtout par un public peu habitué à ce type de film. Aux Etats-Unis, les gens qui ont aimé le film sont souvent ceux habitués aux gros films commerciaux, pas ceux qui analysent. C'est un peu comme de la peinture abstraite. Le film a le pouvoir de toucher profondément les gens malgré une forme moins concrète.


FilmDeCulte - Que pensez-vous du Dogme de Lars Von Trier et Thomas Vinterberg?

Steven Soderbergh – Ce que je trouve intéressant dans le Dogme, c'est qu'il y a une réflexion sur le cinéma. Les films de Rossellini, les premiers longs métrages de Godard n'étaient pas révolutionnaires par leur contenu mais ils mettaient le cinéma en question. On n'a pas besoin d'argent, ni de jouets technologiques. Un jour, une technicienne m'a dit qu'elle avait quatre cent mille dollars pour faire un film mais qu'elle ne pouvait pas le faire car il lui en fallait huit cent mille. J'ai eu des doutes sur sa motivation. On doit dépasser les problèmes de budget, l'argent n'est pas une fin en soi. Aujourd'hui, si je ne prends pas le risque de réaliser un film comme Full Frontal, qui va se lancer?


FilmDeCulte - Avez-vous une préférence entre le cinéma d'auteur et le cinéma commercial?

Steven Soderbergh – Je n'ai pas de préférence tant que j'ai le choix. Pour moi, le travail est autant le résultat que le tournage. Plus que le film, c'est le processus qui me plaît. J'aime tourner. Le cinéma d'auteur ou le cinéma commercial, ce sont comme des amis. Vous avez des amis intellos et vous en avez des moins instruits. On ne choisit pas. Vous préférez discuter avec vos amis intellos et sortir avec les autres. C'est pareil. Et ça me satisfait.


FilmDeCulte - Comment avez-vous dirigé Julia Roberts?

Steven Soderbergh – On a eu peu de discussion sur le jeu en lui-même. Je voulais lui laisser une totale liberté vis-à-vis de son personnage. Par contre, nous discutions des changements entre Rendez-vous (le film dans le film - NDLR) et Full Frontal par rapport au rythme des scènes et aux conditions de tournage.


FilmDeCulte - Réaliserez-vous une suite à Ocean's Eleven?

Steven Soderbergh – Ah (soupir puis rires amusés)! Là je travaille sur Solaris, un film très spécial, très différent de ce que j'ai réalisé auparavant. Une vraie surprise je pense pour les spectateurs. La production a été longue et difficile et je ne sais pas encore quel film suivra. Pour Ocean's Eleven 2, j'ai une idée très précise. Je voudrais créer quelque chose de différent, de moins coûteux. Je vais demander aux acteurs du premier de le faire pour rien (rires). Bon c'est en discussion évidemment mais j'aimerais réaliser ce second volet en Europe. Jerry (Weintraub - NDLR) l'annonce prématurément. C'est un producteur (rires) et comme le premier a été un gros succès, il est pressé…


Propos reccueillis par Yannick.
Deauville, le 1er septembre 2002.



 
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