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ERIC VALETTE


Malgré son jeune âge et sa filmographie limitée (Maléfique est en effet son premier film), Eric Valette a des tas de choses à dire. Sur son film, sur les méthodes de tournage et de production, sur le cinéma de genre en France, sur ses confrères, etc. L'entretien s'est ainsi rapidement transformé en une discussion passionnée sur le cinéma fantastique durant laquelle le cinéaste nous a parlé de son amour pour John Carpenter, de la sérénité avec laquelle il attend la sortie de son film en salles, des quelques films qui l'ont marqué étant jeune, etc. Puis il nous a invités à revenir voir son film le soir même lors de la projection organisée à l'ugc ciné-cité de Bercy. Décontracté, il refuse de voir dans son film le renouvellement du genre en France, et préfère largement discuter de ses passions (le cinéma, le fantastique, la mise en scène) et de ses rencontres que de l'hypothétique importance historique que son film pourrait avoir.


Eric Valette - Je connais votre site… Vous aviez interviewé Clovis (Cornillac - lire l'entretien) à Gérardmer, il me semble.


FilmDeCulte - En effet, c'était pour la présentation du film, justement. Comment en es-tu arrivé à réaliser Maléfique? As-tu toi-même contacté la production?

Eric Valette - C'est Fidélité Production qui m'a contacté, je ne les ai pas appelés. Ce devait être juste après le Festival de Cannes 99, je pense. Ils lançaient leur collection de films de genre à petit budget, et comme ils avaient vu plusieurs de mes courts-métrages à divers festivals, ils se sont dits que j'étais le candidat idéal pour en faire un. Ce sont eux qui sont donc venu me chercher, d'autant que je n'avais à priori pas vraiment d'idées pour un film à petit budget. J'ai toujours des idées qui coûtent un peu cher.


FilmDeCulte - Cette collection a pour principe de proposer pour chaque genre (slasher, angoisse, horreur…) un film différent. Le choix de ce genre était-il fait lorsque tu es arrivé sur le projet ou bien tu avais une entière liberté?

Eric Valette – En fait, à la base, j'avais vraiment le choix que je voulais. Je n'avais pas vraiment de limite concernant le genre, slasher, horreur, ou autre. Le but était simplement de faire un film de genre, et ensuite, il y avait une espèce de catalogue de divers pitchs proposés par des scénaristes. Nous avons compulsé cette liste pour voir ce qu'il était possible de faire, et il se trouve qu'il y avait quelques pages d'un court-métrage qui s'intitulait Exit (rien à voir avec le film du même nom). C'était une histoire de prisonniers enfermés dans une cellule, c'était plutôt une bonne idée, c'était lovecraftien en diable. Il a fallu développer, il fallait plus de monde, plus de conflits, on a donc embauché deux scénaristes qui ont travaillé sur le script.


FilmDeCulte - Tu as vu depuis les autres films de la collection?

Eric Valette – Oui… C'est assez marrant parce que je n'arrive pas à les identifier à une collection. Je pense qu'il s'agit pour chacun d'entre eux de films de francs-tireurs. Il y a le côté un peu auteurisant et bourgeois de Un Jeu d'enfants, le côté gros flingues, manteaux de cuir, tarantinades de Requiem, et le côté régressif gai de Bloody Malory… Ils sont unis par leur manque de moyen et par la chaîne technique dont ils ont bénéficiée (ou pâtie), ce brassage pellicule, vidéo, puis pellicule. Mais je ne vois que des films singuliers, des films d'auteur. Finalement, je ne vois pas vraiment des films appartenant vraiment à la série B.


FilmDeCulte - Comment le choix des acteurs s'est-il fait? Notamment pour le rôle de Marcus, tenu par Clovis Cornillac.

Eric Valette – Il fait partie des acteurs montants. C'est un peu particulier puisqu'il s'agissait du rôle sur lequel on butait le plus. Après beaucoup d'essais, nous n'avions pas trouvé le Marcus idéal. Non pas qu'il n'y avait pas de gens intéressants, mais c'est juste que nous avions du mal à trouver un bon fonctionnement avec le reste du casting. Au final, c'est Gérard Laroche, l'un des acteurs, qui nous a parlé de Clovis, avec qui il avait déjà joué au théâtre et dans le film Les Vilains de Durringer. Nous n'avions effectivement pas pensé à lui, et il a emporté le morceau très rapidement. Dès le bout d'essai, il était Marcus.


FilmDeCulte - Ce personnage était dès le début un travesti?

Eric Valette – Absolument. Simplement, il y avait beaucoup de personnes qui incarnaient ça d'une façon… un peu attendue. C'est à dire que beaucoup de gens, qui déjà n'étaient pas assez épais physiquement, jouaient le rôle avec ce côté un peu psychotique que l'on peut attendre de ce genre de personnage dans une prison. Je voulais quelque chose de plus massif et plus rond, quelque chose de plus maternel. Il s'agissait réellement d'une mama italienne, et Clovis avait ça puisque à l'époque, il faisait dix kilos de plus qu'aujourd'hui. Il avait donc cet aspect là, que j'aimais bien puisqu'il s'agissait un peu d'une façon de dépasser le cliché du trav sec et psycho.


FilmDeCulte - Pourquoi le choix de Didier Bénureau dans un rôle comique qui tranche totalement avec le reste du métrage? C'est en général sur ce point que le film rencontre le plus de détracteurs.

Eric Valette – C'est, pour beaucoup, un peu la tâche du film (il rit)… Ce personnage là était écrit depuis le début, dès les premières versions du script. Il était un peu difficile à gérer puisque pour moi, il venait littéralement bouleverser les données du script aux deux tiers. C'était une espèce de Deus ex machina, une pure invention de scénariste qui était presque assumée comme telle. Je me suis dit qu'il fallait y aller, et assumer totalement ce côté inventif et diabolique. Il s'agit quasiment d'un envoyé de l'enfer du scénario qui vient réagencer le script en direct sous les yeux du spectateur. Ca fonctionne ou pas, mais pour moi, il a un peu la fonction de ce médecin qu'il y a dans Total Recall qui vient dire à Schwarzie qu'il se trouve au milieu d'un rêve, etc. A partir de ça, j'ai essayé de jouer cette carte là. Bénureau, j'avais déjà tourné avec lui, et ce que j'aime bien chez cet acteur, c'est ce côté extrêmement malsain qu'il peut avoir. Il a une allure de chanteur d'opérettes qui ne fait pas rire mais qui reste incroyablement poisseux, et j'aimais bien ce sentiment là. Ce personnage est de l'ordre du grotesque et je l'assume pleinement. Il y a effectivement une marge assez fine entre le grotesque et le ridicule, et j'ai essayé d'atteindre une sorte d'équilibre. Après, ça passe chez certains ou pas, mais c'était pour moi la seule façon pour que ce détail du script soit assumé comme tel. Je voulais vraiment quelque chose de dérangeant, et ça l'a d'ailleurs été pour les comédiens aussi, qui avaient tourné ensemble durant deux mois, à quatre. D'un seul coup, ils ont vu un nouvel acteur faire irruption dans leur cellule. Ca donnait au tournage un déséquilibre assez intéressant.

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