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FilmDeCulte - C'est par ce personnage qu'est introduit la vidéo dans le film qui passe ainsi du côté du cinéma expérimental…

Eric Valette – Je pense que les scénaristes avaient dans l'idée de créer une espèce d'évolution formelle du mal. Le mal se trouve au début du film sur les pierres, dans les signes cabalistiques. Il passe ensuite dans le livre maléfique pour terminer dans l'image du film. Il y avait donc cette idée là, une sorte de passage de relais technique de ce mal originel qui apparaît sous diverses formes au fur et à mesure que le film avance. Il y a ensuite le côté " Cahiers du cinéma " qui consiste à se poser la question de savoir si l'image vidéo nous ment et montre aux personnages des choses qui ne se sont pas forcément passées… Est-ce qu'elle nous ment alors que l'image filmique nous montre la réalité? Je ne sais pas, mais je pense que le biographe de Roubaix qui sera intéressé par ma biographie après ma mort pourra peut être se pencher sur la question.


FilmDeCulte - Le film ne cherche jamais à créer un fantastique typiquement français, à l'inverse de Brocéliande ou du Pharmacien de garde.

Eric Valette – Non, je n'ai pas vraiment souvenir d'avoir essayer… Ceci dit, si nous avions eu une espèce de légende française, telle que les légende druidiques de Brocéliande, qui se rattachait à notre sujet, il n'était pas exclu de l'utiliser. Mais pour le coup, il n'y avait rien de semblable. Il ne faut pas trop sous-estimer l'imaginaire français puisqu'il y a tout de même beaucoup de choses qui peuvent engendrer de vrais sujets fantastiques. Mais personne ne s'y attaque vraiment, à part Brocéliande, justement.


FilmDeCulte - Oui, mais Brocéliande fait l'erreur de s'attaquer justement à cette culture gauloise avec une imagerie de série B qui a bien du mal à l'intégrer. Ce qui donne à l'ensemble un aspect épouvantablement bancal.

Eric Valette – Je pense qu'il est difficile de s'attaquer à une idée de ce genre en partant du campus vide de Rennes. Rien que là, il y a quelque chose qui cloche. Il y a effectivement une espèce de rencontre entre le formatage à l'américaine et cet imaginaire fantastique français. Le mariage est difficile.


FilmDeCulte - Quelles ont été tes influences? Le film fait véritablement un pont entre la série B américaine et un cinéma de genre plus européen proche d'un Mario Bava.

Eric Valette – Mario Bava? Là, ça me fait plaisir! Pour les influences, je n'ai pas vraiment à les gérer parce que je ne me pose pas du tout la question en ces termes. Les influences sont là mais je ne fais pas vraiment partie des gens qui pensent vraiment aux autres films lorsqu'ils tournent, ni de ceux qui montrent des films à leur équipe avant de tourner. J'essaye d'aborder naïvement le sujet comme si je racontais une histoire pour la première fois. Pourtant, cette histoire de bouquin maléfique a déjà été vue plein de fois, mais je fais comme si… Donc je ne me pose pas réellement la question. Rétrospectivement, je me dis que tel détail vient de tel film. Mais je pense que s'il plane une influence réelle sur ce film, elle vient principalement de Clive Barker. Je pense que l'univers est assez proche des écrits de Barker ou d'un film comme Hellraiser.


FilmDeCulte - Je reformule ma question, alors: quels sont les films qui t'ont marqué, voire même formé, étant plus jeune?

Eric Valette – Là évidemment, c'est tous les classiques, que je ne pouvais pas voir en salles à l'époque du fait de mon âge. Je voyais donc en vhs les films de Romero, ceux d'Argento. Les Bava, ça a été un peu plus tardif. Il y a évidemment Carpenter qui est pour moi…


FilmDeCulte - C'est mon cinéaste préféré.

Eric Valette – Voilà, c'est, je pense, pareil pour moi. Enfin, c'est un peu difficile puisque j'ai plusieurs cinéastes préférés qui prennent la place les uns des autres mais pour moi, Carpenter reste un modèle parce qu'il manie des genres très modernes pour les mouler dans celui du western. Je suis un grand fan du western. SI j'avais une liberté artistique totale - et également financière -, je pense que je ferais un western.


FilmDeCulte - Pour revenir aux influences du film, la fin nous a un peu fait penser à un épisode de La Quatrième dimension ou du Voyageur.

Eric Valette – Il manque plus que le type avec le sac à dos qui raconte l'histoire. Non, c'était plutôt inconscient, je n'y ai pas vraiment pensé. Je n'ai pas vraiment une grande culture de séries télé, même si j'aime bien certains épisodes. Il est vrai qu'il y a une espèce de twist fantastique final qui s'en approche, effectivement, mais je n'y avais pas vraiment pensé.


FilmDeCulte - Aucun film français ne t'a véritablement marqué dans le genre du fantastique?

Eric Valette – Franju, surtout. Les Yeux sans visage. Je ne sais pas trop, tu as d'autres titres?

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