| |
|
|

Spider-Man
Spider-Man
Etats-Unis, 2002
De Sam Raimi
Scénario : David Koepp, Stan Lee, Steve Ditko Avec Tobey Maguire, Willem Dafoe, Kirsten Dunst, James Franco, Randy Poffo, Stan Lee Photo : Don Burgess Musique : Dany Elfman Durée : 2h01 Sortie : 12 Juin 2002
Peter Parker, jeune étudiant en sciences, se fait piquer par une araignée échappée d’un laboratoire d’analyses. Très vite, il acquiert d’étranges pouvoirs qui lui permettront de se mettre en travers de la route d’un criminel surpuissant à l’arsenal terrifiant, le Green Goblin.
LE FIL DU RASOIR
Sans la maîtrise, la puissance n'est rien. La première
impression qui vient à l'esprit lors du générique de fin, c'est à
quel point l'entreprise est maîtrisée. Le potentiel offert par
le comic book n'était pas ce qu'il y avait de plus aisé à
adapter. Mais Sam Raimi et ses collaborateurs
s'en tirent largement haut la main. Comme tout premier volet, le film se doit de poser les bases
essentielles à la bonne évolution de la suite de l'histoire.
Cette partie-là du développement est d'autant plus délicate
qu'il s'agit ici de l'adaptation d'une bande dessinée qui aura 40
ans cette année. Il s'agit donc de réussir non seulement à
retranscrire l'esprit pour ne pas faire hurler les fans,
mais aussi d'obtenir quelque chose de linéaire, afin de permettre aux néophytes de pénétrer cet univers.
TOILE DE FOND
Pour cela, le scénariste propose une première partie
classique qui installe et met tout en place, des personnages au début de
l'intrigue. Il y a en effet deux histoires dans le
film: celle de la transformation du protagoniste en super-héros, puis celle montrant ce super-héros amené à assurer pleinement ses fonctions afin de
vaincre un super-vilain. David Koepp se réserve ainsi une heure afin
de bâtir cette première histoire, se permettant une légère
relecture des sources du personnage tout en restant extrêmement
fidèle à ses origines. Cette introduction contient
beaucoup d'humour et montre tout ce dont un homme
possédant des super-pouvoirs est capable.
On se souviendra ainsi de la scène mémorable de la naissance de
Spider-Man lorsque Peter est contraint d'utiliser pleinement
son savoir et ses pouvoirs afin de parvenir à ses fins...
HEROES SHED NO TEARS
Une autre évidence s'affirme aux yeux du spectateur : la réussite du casting. Tobey Maguire EST Peter Parker. Et les autres
acteurs sont aussi des choix parfaitement adéquats pour leur personnage,
notamment le patron réac de Parker, J.Jonah Jameson
(retranscription à l'écran trait pour trait). On pourrait néanmoins avoir
quelques réticences au sujet de Kirsten Dunst, qui incarne la
cible amoureuse de l'homme-araignée, son jeu n'étant
pas "comparable" à celui de ses collègues. Il ne faut bien entendu pas oublier Willem Dafoe qui interprète
un méchant schizophrène avec la psychopathie subtile
nécessaire à un tel rôle. Le traitement de son personnage est
étonnant. Il est en partie le témoin des choix d'un metteur en
scène provenant du film de genre à son état le plus pur (la
trilogie Evil Dead). Raimi n'a ainsi pas hésité à mêler l'aspect
"comics" à sa propre vision de spécialiste du fantastique et à faire ainsi un vrai film de genre.
WORLD WIDE WEB
L'esprit "comic book" n'a pour autant pas été négligé.
Tout est là. Le costume de Spider-Man a été
respecté et passe à la perfection à l'écran. Grâces soient
rendues à la magie des effets numériques, dont la réussite laisse à penser que leur apport est une véritable bénédiction pour le
7e art. Les effets spéciaux qui suivent ce héros dans des vols insensés
entre les immeubles sont parfaits. Ils ne sont pas non plus là
juste pour épater, et sont réellement justifiés par le
personnage. La deuxième heure s'étale peut-être un peu trop, la faute à une
construction épisodique, semblable à celle d'une bande dessinée. Elle reste malgré tout
jubilatoire, remplie de grands moments de bravoure et
de grandes scènes, pour la plupart situées autour de
la confrontation entre Spider-Man et le Bouffon Vert. Le tout
allant jusqu'à une apogée époustouflante qui ne laisse comme pour X-Men,
entrevoir qu'une chose maintenant que les bases sont posées: une suite aux
proportions monumentales.
|
|
|