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Punisher (The)
The Punisher
Etats-Unis, 2004
De Jonathan Hensleigh
Scénario : Jonathan Hensleigh et Michael France Avec Thomas Jane, John Travolta, Kevin Nash, Rebecca Romijn-Stamos, Laura Photo : Conrad W. Hall Musique : Carlo Siliotto Durée : 2h Sortie : 09 Juin 2004
Lorsque Howard Saint fait tuer sa famille, Frank Castle devient le Punisher et décide de tuer les responsables.
ANOTHER ONE BITES THE DUST
Une première minute. Une scène au centre du film. Un plan vers la fin. C'est
tout ce qu'il y a à sauver de cette adaptation rageante du Punisher. Né dans
les années 70, la guerre du Viet Nam à peine terminée, en pleine mode de
polars violents avec héros expéditifs comme L'Inspecteur Harry, le Punisher
a toujours été considéré comme le personnage de comic book le plus
controversé (avec Ghost Rider, bientôt cinématographiquement souillé à son
tour par Mark Steven Johnson, responsable du gâchis Daredevil) pour sa
violence et ses principes moralement douteux. Une controverse qui ne
touchera pas ce Punisher cuvée 2004 tant le film est à des kilomètres du
matériau de base. Autrefois scénariste talentueux (Une Journée en enfer)
mais depuis déchu (Le Saint, Armageddon), Jonathan Hensleigh passe
aujourd'hui à la réalisation pour le plus grand malheur des fans (et des
autres). Là où il promettait une transcription fidèle, autrement
dit non-édulcorée en ce qui concerne ses scènes les plus sanglantes,
l'auteur n'a presque rien su capter de l'essence du comic book. En
délocalisant l'univers new-yorkais du personnage à Tampa Bay (détail en
apparence insignifiant), Hensleigh le soustrait à son milieu urbain
caractéristique. Et ce n'est là que le début de l'entreprise de castration
du film. Celui-ci est pourtant classé R aux Etats-Unis (et même interdit au
moins de 16 ans en France) mais l'on se demande encore pourquoi. Les scènes
de torture et la plupart des meurtres ont lieu hors-champ. Lorsqu'un
personnage se fait arracher un piercing, non seulement l'acte n'est pas
montré à l'écran, mais l'après-coup est tout aussi peu explicite, le sang
étant littéralement caché. En usant d'ellipses,
Hensleigh n'essaie même pas de suggérer l'atrocité des tortures. Jamais
nous n'avons l'impression que ce qui se passe à l'écran fait mal. La douleur est
absente du film. Et cela vaut également pour l'esprit du protagoniste.
RECOPIER 100 FOIS "PLUS JAMAIS CA"
Sans demander une introspection à la Michael Mann, on aurait aimé ressentir
la
douleur du héros. Mais non. Rien ne passe. Thomas Jane n'est pas le plus
mauvais choix du film (qui en compte beaucoup, comme cette bande originale
involontairement parodique) mais manque cruellement de présence à l'écran.
Il n'est pas imposant, il n'est pas effrayant, à l'instar de son adversaire,
campé par un John Travolta complètement fade. Les hommes de mains, une
grande galerie de gueules pas possibles, sont tous plus charismatiques que
les deux acteurs sur l'affiche. C'est triste. Hasard de la production
cinématographique, le film de Jonathan Hensleigh sort quelques mois après le
chef d'oeuvre de Quentin Tarantino, qui se trouve être justement un hommage,
sans aucune concessions, aux films de vengeance des années 70. Là où
Tarantino a tout compris à l'iconographie de l'époque et du genre, Hensleigh
emploie en amateur les codes du western (musique, cadres, etc).
Contrairement à la franchise Daredevil qui, croisons les doigts, pourrait
être reprise par un nouveau réalisateur plus inspiré, le Punisher devrait
rester entre les mains de son réalisateur qui a eu la présence d'esprit de
tourner le film pour trente millions de dollars seulement. Trente millions
déjà remboursés au box-office. A l'exception de son générique classieux, du
combat contre le Russe et d'un détail gore, le Punisher mérite d'aller au
piquet. Un autre mord la poussière.
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