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I, Robot
Etats-Unis, 2004
De Alex Proyas
Scénario : Jeff Vintar et Akiva Goldsman
Avec Will Smith, Bridget Moynahan, Alan Tudyk, Bruce Greenwood, James Cromwell, Chi McBride
Photo : Simon Duggan
Musique : Marco Beltrami
Durée : 1h45
Fox-Pathé-Europa
Sortie : 28 Janvier 2005
Note : 4/6




LE FILM
Lorsque le corps du Dr. Lanning est retrouvé écrasé sur le sol de U.S. Robotics, la thèse du suicide paraît être la plus logique. Cependant, l’inspecteur Spooner, persuadé qu’un robot est responsable, va mener son enquête.


(NOT SO) SHORT CIRCUIT

Chronique d’un projet hybride, le parcours du nouveau film d’Alex Proyas a de quoi laisser interrogateur sur la pérennité du film. Initialement, Jeff Vintar (Final Fantasy) avait rédigé un scénario intitulé Hardwired, enquête criminelle classique dans un monde proche de l’esprit d’Isaac Asimov. Lorsque le script arriva jusqu’à la Fox, le studio venait d’acquérir les droits des nouvelles d’Asimov et décida alors de fusionner l’intrigue établie par Vintar dans l’univers créé par Asimov, appliquant notamment les trois lois robotiques conçues par l’auteur. C’est alors qu’intervient Akiva Goldsman (que les geeks connaissent bien pour avoir saccagé la franchise Batman et l’adaptation de Perdus dans l’espace), chargé de tailler le matériau sur mesure pour Will Smith, star mais également producteur du film. Au cours du temps, nombre de scénaristes, comme Mark Rosenthal et Lawrence Konner (responsables de Superman IV) ou encore Hillary Seitz (Insomnia) travailleront sur le projet, sans être crédités. On était alors en droit de se demander ce qui pouvait sortir d’une telle mixture, d’autant plus qu’il s ’agit du premier blockbuster (105 millions de dollars de budget) pour son réalisateur. Là encore, le résultat paraît quelque peu le cul entre deux chaises: d’un côté, un univers froid traversé de scènes émouvantes, de l’autre, un film à l’image de ses robots, dépourvu d’âme. Si Proyas s’avère plutôt à l’aise dans les séquences mettant en scène ses principaux protagonistes (bien qu’elles soient parasitées par un humour dispensable), il peine la plupart du temps à insuffler la dimension nécessaire à l’action, qu’il s’agisse de l’enquête en soi (peu entraînante) ou des péripéties du héros (seul le climax se révèle dynamique).


APPELLEZ–MOI SONNY 5

Bien qu’il s’agisse d’un genre cher à l’auteur (la science-fiction, déjà explorée dans Dark City), l’œuvre paraît donc assez impersonnelle. L’esthétique expressionniste de The Crow et Dark City a disparu, au profit d’une cité futuriste sans originalité (encore une fois, après Paycheck, on pense à Minority Report), peuplé de courbes (là où ses précédents films favorisaient une architecture en lignes droites). Le salut du film se trouve en grande partie dans le personnage de Sonny, le robot au centre de l’histoire. A travers lui et ses échanges avec les autres protagonistes, transpire l’essence même des questions posées par l’existence de créatures mécaniques dotées d’intelligence artificielle. Le fantôme d’Asimov plane sur ces quelques séquences, qui s’approchent également d’A.I. de Steven Spielberg. Par ailleurs, c’est seulement dans ses robots et dans leur évolution au cours de l’histoire que le film trouve son réel intérêt. I, Robot est très loin d’être un produit honteux et demeure riche en bonnes idées (dont certaines restent cependant sous-exploitées). On se demande juste quelle fut exactement l’intention de Proyas en acceptant le projet. A l’exception de certaines scènes touchantes, il ne semble pas s’être approprié le matériau (comme avait pu le faire un John Woo pourtant étouffé par sa star-producteur Tom Cruise sur Mission: Impossible - 2). Certains plans improbables rendus possibles par la technologie numérique et qui apparaissent subitement lors du dénouement (alors que ce genre de délire, certes plaisant, était absent pendant toute la durée du métrage) laissent perplexes. A l’instar de ces plans, aujourd’hui à la portée de tout faiseur nanti d’un budget confortable, le film pourrait être l’œuvre de n’importe quel réalisateur. La déception est donc relative.





INTERACTIVITÉ:

IMAGE ET SON

Le travail réalisé pour le DVD Collector d'I Robot approche la perfection. Trois pistes sonores sont proposées: en Français le 5.1 DD et le DTS, en Anglais seulement le 5.1 DD, mais toutes sont d'excelllentes qualités et mettront à contribution l'ensemble de votre installation. L'image est également parfaitement restituée: les robots sont plus vrais que natures et leur inscrustation est idéalement réalisée.

LES COMMENTAIRES AUDIO

Ils sont au nombre de trois et tous d'un intérêt équivalent. Le premier, celui du du réalisateur Alex Proyas et du scénariste Akiva Goldsman revient principalement sur la génése du film et les choix narratifs. Alex Proyas aborde frontalement les problèmes rencontrés et l'entretien est passionnant bien que parfois déconnecté de ce qui se passe à l'image. Le Commentaire audio de l'équipe technique auquel participent Patrick Tatopoulos (Directeur Artistique), Richard Learoyd (Monteur), John Nelson (Superviseur des effets spéciaux), John Kilkenny (Producteur associé) et tous les superviseurs d'animation des sociétés WETA Digital, Digital Domain et Rainmaker, suit davantage l'action et donne une mine d'information sur les effets spéciaux, du robot articulé au simple jeu de lumière. Eclairant... Plus anecdotique peut-être, le commentaire audio du compositeur de la musique Marco Beltrami, même si celui-ci fournit un vrai effort pédagogique. La piste musicale est d'ailleurs isolée.

LES BONUS

Ils sont principalement de trois ordres: les bonus sur la fabrication du film (Jour après Jour, CGI et design), sur la robotique et l'écrivain Isaac Asimov (Machines sensibles et Les trois lois) et enfin le travail de post-production avec quatre scènes coupées et l'analyse visuelle des effets spéciaux. Un bonus étonnant et instructif qui démontre les progrès réalisés dans ce domaine. Les scènes coupées sont en revanche plus anodines.

QUELQUES LIENS :

http://www.foxfrance.com/films/i_robot/index.html



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